HABITAT
Une
autre approche pour réduire le déficit de
logements au Gabon
Comme dans tout pays
organisé, il existe une loi fondamentale appelée
constitution. C'est le cas de celle du Gabon
qui, en son article 1er alinéa 10, consacre le
droit au logement comme un droit fondamental. De
là on peut aisément affirmer que la gestion d'un
État place ceux qui en ont la charge dans le
rôle de visionnaire.
Cette sémantique du
management ou de la gouvernance de l'État
requiert une identification de plusieurs
dimensions sous-jacentes d'une vision globale.
Cette vision doit être
sous-tendue par des projets avant-gardistes
ayant des missions définies de manière
spécifique, mesurable, avec des objectifs
atteignables, des résultats orientés vers
l'atteinte de ces objectifs, dans un temps donné
et des coûts déterminés (définition SMART). Mais
aussi des stratégies pertinentes en vue de leur
mise en oeuvre, des buts à long terme, des
objectifs et des finalités à courts et moyens
termes ainsi que des compétences, des
ressources, des actifs, des capitaux ou des
moyens qui doivent être identifiés comme leviers
stratégiques de cette vision.
A cela il faut dédier une
gestion, mieux un management de résonance et une
gouvernance qui s'inscrivent dans une éthique du
futur plaçant l'homme au centre de toute
intention stratégique ou de toute finalité.
La vision étant un état futur
souhaité, sa mise en oeuvre part du noumène ou
construit cognitif au phénomène qui se traduit
par des actions et aboutit à son
opérationnalisation.
Il s'ensuit que le management
d'un Etat relève du management complexe d'un
portefeuille de projets dont la typification
découle d'une globalisation, c'est-à-dire d'une
vision claire et globale permettant d'agir
localement dans chaque segment de l' Etat.
Le point de mire de cette
action doit être l'identification des
stakeholders de toute unité stratégique
d'activité (USA) de l'Etat ou de tout domaine
d'activité stratégique (DAS) de l' Etat.
Cette approche doit s'appuyer
sur un management stratégique qui s'articule à
la fois sur un diagnostic stratégique, une
élaboration des scénarii et des choix des
options stratégiques ainsi que sur leur
déploiement stratégique.
Le déploiement stratégique de
ces options devra se faire sous trois (3)
prismes : le prisme de la raison ou de la
méthode, le prisme de l'expérience et le prisme
de la complexité, compte tenu de la nature et du
caractère complexe voire de la diversité des
parties prenantes.
Outre des stratégies qui
seront mises en oeuvre, il faudra tenir compte
files trois (3) facteurs influençant leur
opérationnalisation que sont l'environnement sa
capacité stratégique en terme de ressources
ainsi que les attentes et les intentions des
différentes parties prenantes ou stakeholders,
au premier chef desquels les populations
gabonaises.
Ce qui indubitablement va
aboutir à une reformulation et au redéploiement
des missions des organismes ad hoc dédiés à la
promotion de l'habitat, en l'occurrence le CRH
Gabon qui en l'espèce, doit jouer le rôle de
pivot stratégique pour ainsi dire de centre de
gravité dans le cadre d'une éthique du futur
voire d'une méta-stratégie.
Il reviendra aux trois (3)
pôles de leadership directionnel au sens
porterien, incarnés par l'Etat et ses
démembrements, de concevoir ensemble cette
vision en vue de son opérationnalisation en
actions.
On parlera ainsi de
méta-stratégie, de culture de synergie entre
dirigeants et administrés pour que le CRH-Gabon,
dans ses nouvelles missions devienne un
organisme financier citoyen, donc créateur de
valeur.
Ce rôle d'organisme citoyen
que doit jouer le CRH-Gabon doit être traduit en
terme de responsabilité sociale, de rectitude
sociale et de réceptivité sociale.
Depuis son accession à
l'indépendance et même bien avant celle-ci, le
Gabon s'efforce d'offrir à sa population un
habitat décent afin que chaque famille puisse
vivre dans la dignité, la paix et l'harmonie.
Le respect du droit au
logement, consacré dans divers instruments
juridiques et autres accords internationaux a
été de nature à favoriser la mise en place d'une
politique soutenue et incitative de l'habitat
social dans notre pays.
Cette politique s'est
traduite par la réalisation sur fonds publics
des programmes immobiliers tant à Libreville
qu'à l'intérieur du pays, à travers la
Société Nationale Immobilière (SNI).
La SNI, créée en 1976, est
née de la fusion de l'Office National de
l'Habitat et de la Société Gabonaise
d'Aménagement et d'Equipement Immobilier, en
1961.
II y a aussi la Banque
Gabonaise de Développement (BGD) qui est une
Société d'Intérêt National, créée par la Loi
38/60 du 8 Juin 1960, la Banque Gabonaise de
Développement ayant reçu, entre autres, pour
missions de financer et de promouvoir le
logement sur l'ensemble du territoire national.
Puis, le Fonds National de
l'Habitat (FNH) qui a été créé par
ordonnance N°3/73 du 12 Janvier 1973.
Sa création a eu pour
motivation de faciliter le financement des
programmes de logements populaires et, plus
particulièrement les infrastructures
nécessaires.
Ses ressources proviennent
d'une cotisation obligatoire payable par les
employeurs des secteurs publics et privés
assujettis au régime de la Caisse Nationale de
Sécurité Sociale, sur l'ensemble des salaires
L'Etat, dont la contribution
est évaluée en apport de terrains et en
dotations budgétaires directes est exempté de
cette cotisation.
Ensuite, il y a eu le
Crédit Foncier du Gabon (CREFOGA). Le Crédit
Foncier du Gabon qui a récemment été liquidé
était un organisme spécialisé dans le
financement du logement. Né d'un protocole
d'accord entre la République Gabonaise et le
Royaume du Maroc, il avait vu le jour au terme
de la loi 11/81 du 18 Décembre 1981. Le CREFOGA
avait succédé au Crédit Immobilier du Gabon créé
en 1977.
Société d'intérêt national,
son activité reposait sur l'octroi de prêts aux
particuliers et aux sociétés pour la
construction, l'extension et l'acquisition de
logements.
Dans le souci de mettre à la
disposition des maisons abordables, le Président
de la République, S.E. El Hadj OMAR BONGO
ONDIMBA a pris une Ordonnance instituant les
mesures administratives et fiscales propres à
promouvoir l'habitat socio-économique
(Ordonnance n° 005/92-PR du 18 Février 1992).
Toutefois, ces efforts des
pouvoirs publics gabonais se sont avérés vains
en raison de la récession économique qui frappe
le GABON depuis 1986. La crise a tari le
financement public de l'habitat social et obligé
les pouvoirs publics à susciter des sources de
financement privées.
Il convient de rappeler qu'en
1991, sous la pression des Institutions
financières internationales (FMI et Banque
Mondiale), le Gouvernement Gabonais a supprimé
les baux administratifs des fonctionnaires et
autres agents de l'Etat.
Soucieux de garantir un
mieux-être à ses compatriotes, le Président de
la République, Chef de l'Etat, impulsa une
politique volontariste de l'habitat social en
intéressant des opérateurs privés tels que
Constructor (Italien), ARES-Group (maroçain),
TPGim (Français) et SOGERCO (Yougoslave) en
faisant bénéficier leurs programmes d'avantages
fiscalo-douaniers semblables à ceux des
promoteurs publics.
Malheureusement quatre (4)
faits importants sont venus estomper brusquement
cet élan de production de logements au GABON:
• D'une part, le réajustement
monétaire (dévaluation) du Franc CFA par rapport
au Franc Français, intervenu le 12 Janvier 1994,
avec ses effets mécaniques, s'est traduite par
un doublement des prix des matériaux importés et
par une inflation interne par les révisions des
prix et des salaires ;
• D'autre part, les mesures
fiscales et douanières adoptés par tous les
Etats membres de l'Union Douanière et Economique
de l'Afrique Centrale (UDEAC) ont frappé de
caducité l'Ordonnance Présidentielle N°
005/92/PR du 18 Février 1992 cité supra
instituant des mesures administratives et
fiscales propres à promouvoir l'habitat
socio-économique ainsi que le Décret N°
006/92/PR du 25 Mars 1992 y relatif portant
création d'une commission d'exonération et
d'agrément en matière d'habitat
socio-économique.
• Les banques locales ne
trouvant plus dans le taux privilégié de
réescompte de la Banque des Etats de l'Afrique
Centrale (BEAC) des ressources longues adaptées
à l'habitat social (taux privilégié de
réescompte supprimé en 1992), ont cherché à
amener par d'autres voies des ressources
appropriées à taux modérés.
• Enfin, l'instauration d'une
taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en Avril 1995,
applicable à compter du 1er Mars 1995, en lieu
et place de la taxe sur le chiffre d'affaire
(TCA), conformément aux dispositions de
l'article 3, section 2 de la Loi n° 5/94 du 28
Juillet 1994, portant Loi de Finances
rectificative, a également contribué à renchérir
le coup des matériaux de construction.
L'interprétation mathématique
de ces quatre (4) faits marquants, aux causes
exogènes, $'est traduite par une hausse
exponentielle des prix des logements construits
par le promoteur français TP Gim, passant ainsi
de 9 à 18 millions de Francs CFA pour les
maisons de 3 chambres et de 11,5 à 23 millions
de Francs CFA pour les maisons de 4 chambres.
En outre, les sources de
financement ne favorisaient plus la mobilisation
des ressources longues et à moindre coût au
profit des acquéreurs ou des promoteurs
immobiliers.
Les besoins en investissement
immobilier devenant colossaux et la demande
solvable en logements, estimée à Libreville à
15.000/an était en évolution exponentielle.
En effet, l'urbanisation
rapide du pays conjuguée à l'aspiration au
mieux-vivre appelle des investissements massifs
dans le domaine de l'habitat social.
Par ailleurs, la clientèle
potentielle se révèle solvable, parce qu'elle
est majoritairement formée des classes moyennes
disposant d'un emploi et de revenus salariaux
stables.
Face à cette situation, le
Président de la République, Chef de l'Etat, Son
Excellence EL HADJ OMAR BONGO ONDIMBA, s'est
tourné vers des partenaires au développement du
Gabon au premier rang desquels la France.
C'est pourquoi, le Chef de
l'Etat, à la faveur d'une visite de travail à
Libreville du Directeur Général de l'Agence
Française de Développement (AFD) a demandé à
celui-ci de renouveler au Gabon une expérience
réussie en Cote D'ivoire.
C'est ainsi que l'Agence
Française de Développement (AFD) a apporté son
concours à la République Gabonaise, à l'effet de
créer un mécanisme de financement adapté à
l'habitat social le Compte de Refinancement
de l'Habitat du Gabon (CRH-Gabon)
La création d'un tel
instrument financier au GABON destiné à
assouplir les conditions d'octroi des crédits
immobiliers et à refinancer l'habitat dans son
segment social, participe du constat fait par le
Chef de l'Etat selon lequel l'inadaptation et la
rigidité du système bancaire local ont longtemps
constitué, entre autres, des facteurs de blocage
du développement de l'immobilier dans notre
pays.
A l'instar du Compte de
Mobilisation pour l'Habitat de Côte d'ivoire
(CDMH-CI), le CRH-Gabon a pour missions :
- De favoriser l'accession à
la propriété d'un plus grand nombre de Gabonais
jusqu'à présent exclu du fait du
dysfonctionnement des mécanismes locaux de
financement actuel du logement;
- D'apporter des ressources
longues à taux modérés au système bancaire qui
ne trouve plus auprès de la BEAC les ressources
adaptées à ce type d'opération ;
-De relancer le secteur du
bâtiment et de la production immobilière, dont
l'activité, limitée par le passé en raison de
l'étroitesse structurelle du marché, était en
baisse. /
Ainsi, le FNH et le CRH-Gabon
apparaissent comme indissociables et
parfaitement complémentaires : en amont, le FNH
finance, entre autres, l'aménagement de terrains
à bâtir, tandis qu'en aval, le CRH-Gabon finance
la construction de logements socio-économiques,
via les Banques en refinancant les crédits
acquéreurs des gabonais.
Les Conditions générales
d'intervention : Les interventions du CRH-Gabon
sont notamment déterminées par :
- La politique de l'habitat
social arrêtée par le Gouvernement ;.
- La réglementation bancaire
applicable dans les Etats de l'Afrique Centrale,
telle que définie par la Commission Bancaire de
l'Afrique Centrale (COBAC), et en particulier,
le respect par les banques des ratios
prudentiels et de solvabilité ; - La
disponibilité des ressources du CRH-Gabon.
Conditions à remplir par une
banque pour être agréée
L'agrément d'une banque par
le CRH-Gabon fait l'objet d'un protocole entre
le CRH-Gabon et la Banque.
L'agrément est prononcé, à la
demande expresse de chaque banque, par le Comité
de Gestion, sous réserve que la banque candidate
- soit régulièrement agréée
par le Ministère chargé des Finances,
conformément à la Convention portant
harmonisation de la réglementation bancaire des
Etats de l'Afrique Centrale, du 17/01 /92,
- soit membre de l'APEC,
conformément aux dispositions de .l'article 29
de l'annexe à la Convention du 17/01/92
susvisée,
- ait exercé ses activités
depuis au moins deux exercices sociaux
consécutifs,
- ait une situation de
liquidité, de solvabilité et d'équilibre de sa
structure financière, conforme aux ratios
prudentiels de la Commission Bancaire de
l'Afrique Centrale (COBAC),
- ait appliqué les
éventuelles injonctions de la COBAC, destinées à
régulariser sa gestion ou renforcer son
équilibre financier ou à corriger ses méthodes
de gestion, la COBAC ayant attesté l'application
desdites injonctions.
Comment obtenir un crédit
refinançable auprès du CRH-Gabon ?
D'une part, les gabonais
désireux d'acquérir un logement social ou
économique doivent se rapprocher de promoteurs
immobiliers pour identification et réservation
préalables du logement.
En cas d'accord sur le bien
et le prix, le promoteur et le
candidat-acquéreur sollicitent de l'une des
banques agréées (BGD, BICIG, BGFIBANK et BHG) un
crédit immobilier refinançable auprès du
CRH-Gabon ;
D'autre part, ceux des
gabonais souhaitant construire, réhabiliter ou
agrandir eux-mêmes leur maison doivent remplir
les conditions rappelées supra au titre de
l'auto-construction.
Si, après étude par la banque
qui devra s'assurer de la solvabilité du client
en tenant compte de la quotité cessible, de sa
capacité et de son taux d'endettement, celle-ci
consent à financer le logement, le dossier est
transmis au CRH-Gabon pour contrôle,
vérification des critères et décaissement des
fonds représentant le refinancement du crédit.
Conditions d'Eligibilité
Critères d'octroi des crédits
éligibles au CRH-Gabon - Etre de nationalité
gabonaise
- Revenus mensuels pie
l'emprunteur ne dépassant pas : FCFA 1.000.000.
- Montant maximal de crédit
sollicité : 15.000.000 (Instructions du Chef de
l'Etat à l'Administrateur Général du CRH-Gabon
par lettre N° 0205/PR/CI du 18 Mai 2001).
Conditions de crédits
- Crédit acquéreur consenti
par une banque agréée par le CRH-Gabon;
- Présentation du dossier du
client par la banque au CRHGabon ;
- Le client doit avoir un
compte bancaire dans l'une des banques agréées
- Durée du crédit acquéreur : 10
à 20 ans ;
- Taux de refinancement du
CRH-GABON : 6% ;
- Quotité de refinancement du
CRH-Gabon : 82 %.
- La durée de remboursement
du crédit ne peut excéder l'âge de mise à la
retraite.
Administrateur Général du
CRH-Gabon
(à suivre…)