CONSOMMATION/PRODUITS DE
PREMIÈRE NÉCESSITÉ
Vers une
augmentation du prix du pain à Port-Gentil ?
Un conflit d'intérêt
commercial oppose insidieusement les fabricants
et les revendeurs de pains dans la capitale
économique. Les deux parties n'arrivant pas à
accorder leurs violons sur un tarif commun.
VOICI quelques semaines déjà,
les résidents de la ville de Port-Gentil ne
bénéficient plus d'une fourniture régulière en
pains. Les raisons, il faut aller les chercher
auprès de certains détaillants qui ont fustigé
au passage la décision d'augmentation par
quelques boulangers, de ce produit de première
nécessité.
Laquelle hausse, selon
certains revendeurs, a été décidée
unilatéralement pour les fabricants et qui est
certainement liée à l'augmentation du prix du
gasoil et de l'essence à la pompe. En effet, au
lieu des 100 francs habituels, les détaillants
se plaignent de ce que les boulangeries veulent
majorer le coût du pain de 10 francs.
La logique de cette hausse
veut en effet que les revendeurs commercialisent
à leur tour le produit à 135 francs CFA. Mais
ceux-ci redoutent de fait la réaction des
consommateurs. Lesquels ne sont pas prêts à
subir une autre inflation, après celle de 25 %
récemment survenue sur les produits pétroliers,
et qui surviendra probablement dans les coûts de
transport.
Pour pallier quel que peu
l'éventuelle perte à laquelle s'exposeraient les
boutiquiers si la mesure venait à être
officialisée, ces derniers ont donc proposé aux
boulangers de continuer à revendre normalement
le pain à 125 francs CFA.
Mais à une seule condition:
"que les invendus leur soient retournés
systématiquement"; a déclaré un épicier. Les
propriétaires des boulangeries ne l'entendent
cependant pas de cette oreille.
D'où ce blocage qui prévaut
actuellement dans le circuit de distribution du
pain dans la ville portuaire. Plusieurs
boutiquiers et autres épiciers ayant décidé de
ne plus s'approvisionner auprès de leurs
grossistes habituels, les populations, qui n'ont
pas d'autre choix que de se rendre
personnellement chez les boulangers, parcourent
parfois de longues distances afin de
s'approvisionner. Une situation dont la solution
interpelle vivement les autorités de la cité
pétrolière.