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Le quotidien l'Union du 27 Mars 2007

 

GABON – FMI

La nécessite des reformes et l'indispensable

Au terme de sa dernière mission conduite par son sous-directeur Afrique, M. Roger Nord, le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement sont arrivés à un accord de principe qui sera soumis à l'approbation de la Direction générale et au Conseil d'administration de l'institution financière, en vue de la signature d'un éventuel accord à moyen terme. Lequel exigera à notre pays beaucoup d'efforts.

En janvier dernier, à l'occasion de l'inauguration du Centre d'assistance technique, Afritac-centre, à Libreville, le Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), M. Rodrigo de Rato, avait réaffirmé la volonté de son institution d'aider les pays africains à développer leurs économies en vue de la lutte contre la pauvreté. Dans le cas précis du Gabon, il avait annoncé la poursuite des discussions entre le FMI et le gouvernement gabonais dans a perspective d'un accord à moyen terme entre notre pays et le Fonds. C'est donc dans ce cadre qu'une mission du FMI a dernièrement séjourné dans notre pays. Celle-ci était conduite par le sous-directeur Afrique, Roger Nord. Pendant son séjour, cette délégation a discuté des politiques et des réformes structurelles qui sous-tendent «l'important programme économique» du gouvernement gabonais. M. Nord et les siens ont eu des entretiens avec les autorités gabonaises, notamment le Premier ministre Jean Eyéghé Ndong et plusieurs membres de son gouvernement. De même, ils ont rencontré le président du Sénat, celui du Conseil économique et social, le directeur national de BEAC, et d'autres hauts fonctionnaires du pays.

Au terme de cette mission, dont les résultats ont du reste fait l'objet d'un communiqué de presse publié dans nos colonnes; les deux parties sont arrivées à un accord de principe. Lequel sera soumis à l'approbation de la Direction générale et au Conseil d'administration du FMI dans la perspective de parvenir à un accord triennal entre l'institution de Bretton Woods et le Gabon. Les experts du Fonds estiment que le contexte actuel est propice «pour réduire une fois pour toutes les déséquilibres des finances publiques et s'assurer qu'à terme le pays ne soit plus vulnérable aux fluctuations du prix du pétrole».

Il faut souligner que le programme sollicité par le gouvernement gabonais vise à «remettre les finances publiques sur une trajectoire irréversible de soutenabilité à long terme, à promouvoir la diversification de l'économie gabonaise, et à accélérer les progrès vers la réduction de la pauvreté. Un objectif crucial du programme est de s'assurer que les dépenses publiques soient contenues dans les limites définies dans le budget et que la dette publique qui, par le passé, a représenté un lourd fardeau pour les finances publiques et a constitué un facteur de vulnérabilité financière, soit significativement réduite et gérée prudemment dans le futur...».

PASSAGE OBLIGÉ • La mission du FMI a relevé que dans la mesure où les réformes que doit entreprendre le gouvernement gabonais entre-temps se poursuivent comme convenu, le Conseil d'administration du Fonds devrait être en mesure d'examiner la demande des autorités de notre pays pour un accord de confirmation en mai.

C'est donc dire que la balle est désormais dans le camp du Gabon. Il revient à notre gouvernement d'être conséquent avec lui-même. Dans ce sens u'il doit savoir pourquoi a sollicité la coopération avec le Fonds monétaire international. Une institution qui apparaît comme un «passage obligé» ou un «mal nécessaire» pour les pays qui ont des difficultés au niveau de leurs finances et de leurs économies. C'est dans ce sens qu'il aide ces pays à prendre des mesures susceptibles d'améliorer les choses.

Il faut souligner que plusieurs années, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, lui-même, ne cesse d'instruire le gouvernement sur la nécessite d'assainir les finances publiques et de travailler dans le sens de préparer l'après-pétrole. Mais malheureusement, aujourd'hui encore certaines habitudes néfastes que le Premier ministre a qualifiées de «comportements déviants» persistent. Ce qui prouve que certains n'ont pas pris conscience de ce qu un changement de mentalités et de pratiques s'impose.

RIGUEUR ET TRANSPARENCE • Ces nouvelles pratiques impliquent surtout le respect des fois de finances telles que votées par le Parlement. Ce sur quoi insiste d'ailleurs le président de la République qui ne cesse d'instruire le gouvernement dans ce sens, en stigmatisant la pratique du hors budget dans certains départements ministériels. Les réformes à ce niveau aussi doivent tendre vers l'instauration stricte de la transparence dans la procédure budgétaire notamment au niveau de la dépense (engagement, ordonnancement et décaissement). Dans ce cadre, il faudra également envisager la réduction des délais de paiement au niveau du Trésor public.

Dans le même esprit, il faudra désormais renforcer la rigueur et la transparence dans le respect du Code des marchés. Ce qui exige une culture d'appels d'offres systématique. Car, aujourd'hui encore, il y a des administrations qui passent outre ce principe. L'un des exemples flagrants est celui des marchés liés aux Fêtes tournantes. Ici tout le monde admet que la quantité des dépenses n'est pas toujours conforme à la qualité des réalisations.

Les réformes devraient aussi instaurer une rigueur et une transparence dans la gestion du budget d'investissement. Surtout dans l'objectif de l'efficacité de la dépense, du choix des priorités, et de la réduction du train de vie de l'Etat. Par rapport à ce dernier aspect, l'exemple devrait venir des administrations financières (ministère des Finances et ministère de la Planification). La richesse en quantité et en qualité des parcs automobiles de ces départements ministériels de référence n'est pas de nature à convaincre les citoyens quant à l'effectivité des difficultés actuelles du Gabon.

La réduction du coût des dépenses d'équipement de nos administrations pourrait favoriser des économies importantes que l'on devrait utiliser pour renforcer le financement des projets sociaux arrêtés par le chef de l'Etat dans le cade de son programme qu'il veut davantage social...

OBLIGATION DE RESULTATS • Toutes les réformes à entreprendre exigent aussi une efficacité dans Ie travail des instances de contrôle de la gestion des finances publiques. Le gouvernement doit prendre des mesures pour rendre optimal le rendement des juridictions telles que la Cour des comptes, tout comme la Commission contre l'Enrichissement illicite, en instaurant aussi l'obligation des résultats. Tout comme le ministère du Contrôle d'Etat, des Inspections, de la Lutte contre la Corruption et contre l'Enrichissement illicite cesse de briller par sa discrétion, et se donne la volonté d'agir et de faire bouger les habitudes dans le bon sens. Il faudra systématiser les contrôles de tous les administrateurs de crédits dans le but de sanctionner les indélicats. Ces enquêtes doivent concerner toutes les administrations (ministères, institutions, etc.).

En somme, il faudra admettre et faire admettre que notre pays a des difficultés souvent provoquées par ses lourdeurs structurelles et par lés mauvaises pratiques en cours dans son administration. Pour sortir de cette situation, il faut des réformes aussi bien au niveau de son organisation structurelle que des mentalités. Ce qui nécessite une volonté politique constante. Et le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, n'a de cesse d'instruire, dans ce sens, le gouvernement qui a la charge de gérer toute l'administration.

Cependant, plusieurs administrateurs refusent de suivre. Ce qui peut compromettre les chances de notre pays à accéder à un accord avec le FMI. Ou, si celui-ci est signé, l'existence des indélicats dans notre administration pourrait contribuer à l'échec programme conclu avec le Fonds monétaire international. Il revient donc au gouvernement de relayer, en vue de la généraliser, la volonté d'assainir du président de la République.

Source : Journal L'Union Plus du 27 Mars 2007

 



   

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