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Le quotidien l'Union du 24 et 25 Mars 2007

 

MAUX ET DEBAT

Haro sur l'inceste !

"MAIS où va-t-on ?" Ainsi se sont exclamées, en choeur, trois dames, mère d'enfants, à la lecture dans notre Quotidien d'un article relatant un cas d'inceste - un de plus et de trop - d'un père sur sa fillette de 8 ans. A lire ces faits qui défraient la chronique ces temps derniers sur le sujet,c'est à se demander, si la société gabonaise, déjà en mal de repères, n'est pas en train de perdre ses dernières valeurs morales, qui ont finit jadis la force de ses traditions.

En effet, comme s'ils s'étaient passé le mot, pères, frères, oncles, grands-pères, ... s'illustrent négativement par des abus sexuels sur leurs propres filles, soeurs et nièces mineures. Un acte amoral sur une innocente, ignorante de la vie et des tabous de la sexualité. Ce comportement bestial choque la conscience, dans la mesure où tout être humain sensé sait que l'inceste est réprouvé par la morale.

Dans nos traditions, l'inceste est tabou. Dans certaines coutumes, il est source de malédictions, de maléfices et de mise au ban de la famille. Il peut même causer un désordre génétique en cas de conception d'un enfant. D'où vient donc ce regain, cet enthousiasme et cet engouement partagé par beaucoup d'hommes, Jeunes et adultes, pour ces rapports sexuels interdits avec les fillettes dont ils sont les géniteurs ou avec lesquelles ils ont des liens de sang ?

Peut-être que les psychologues et autres sociologues ont une explication. Mais quoi qu'il en soit, rien ne peut justifier cette pratique ignoble, qui prend dangereusement de l'ampleur chez nous. Aucun individu ou groupe humain organisé ne doit tolérer cette dérive dangereuse. Ceux qui gardent encore un zeste de pudeur morale héritée de l'éducation conservatrice reçue de leurs milieux sont aujourd'hui choqués et révoltés par ces cas d'inceste à répétition. Signe patent d'une société malade de ses valeurs en déperdition: Où un père n'éprouve plus de honte à engrosser sa fille, à la faire avorter ou à donner naissance ...à un bébé qui sera à la fois son fils (ou fille) et son petit-fils: C'est répugnant.

Enfreindre l'interdit qui frappe l'inceste, par simple plaisir ou pour des pratiques occultes, en vue d'asseoir une quelconque autorité, une puissance (financière et matérielle) ou pour gravir l'échelle sociale est une dérive comportementale qui ne doit pas être toléré. Aucun intérêt ne peut justifier qu'un père sacrifie la vie et l'innocence de sa fille. Un être qui n'a pas demandé à naître, encore moins~choisi ses parents.

Le coupable d'un acte aussi abject sur son enfant, qu'il est censé et qu'il a le devoir de protéger, ne mérite pas la considération que lui donne son statut de papa. Au contraire, il se réduit au rang d'animal, d'un malade nuisible à punir sévèrement.

Mais comment y parvenir dans un pays comme le nôtre où, disent des magistrats, il n'existe aucune législation réprimant l'inceste ? Ceux qui sont jugés, condamnés et envoyés en prison après un tel acte le sont par application de la loi sur le viol sur mineure. Ce vide juridique interpelle le gouvernement et le Parlement à légiférer sur la question, afin de doter le pays d'un arsenal permettant de sanctionner les pères, frères, oncles, voire mères (eh oui, il y en aurait aussi !) incestueux.

D'un autre côté, ce comportement bestial impose le traitement médical et psychologique de ses auteurs. D'où la nécessité de mettre en place un: centre d'internement, de correction et de prise en charge de ces malades, dés leur sortie de prison. En les lassant en liberté, ces incestueux-violeurs-pédophiles sont une menace pour d'autres fillettes et une gangrène sociale. Une telle structure servirait, un tant soit peu, de garde-fous contre d'éventuelles récidives. Car, s'ils abusent de leur propres fillettes, sang remords, que ne feraient-ils pas sur d'autres ? L'Observatoire national ides droits de l'enfant mis en place cette semaine par le ministère en charge et de la Protection de l'enfance ne pouvait mieux tomber. A peine né il est interpellé par ce problème qui ne mobilise, jusqu'ici, aucune des nombreuses associations, Organisations non gouvernementales de défense des droits de la femme et la société civile. Face aux nombreux cas d'agressions sexuelles enregistrés quotidiennement sur des petites filles, elles apposent un silence assourdissant.

Sous d'autres cieux, la dénonciation des médias aurait été appuyée par une sensibilisation sociale; en vue de combattre cette pratique honteuse. Au Gabon, pays atypique, la tendance est plutôt à la banalisation; voire à la résignation. L'impunité dont jouissent quelques coupables, tapis parfois dans les hautes sphères, et la méfiance sourde nu sein de certains foyers sont de nature à ébranler le fondement et la cohésion des familles si rien n'est fait pour stopper cette vilénie, un autre mal de la société te de consommation.

Source : Journal L'Union Plus du 24 et 25 Mars 2007

 



   

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Pour moi quoi..Makaya
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