MAUX ET DEBAT
Haro sur
l'inceste !
"MAIS où va-t-on ?" Ainsi se
sont exclamées, en choeur, trois dames, mère
d'enfants, à la lecture dans notre Quotidien
d'un article relatant un cas d'inceste - un de
plus et de trop - d'un père sur sa fillette de 8
ans. A lire ces faits qui défraient la chronique
ces temps derniers sur le sujet,c'est à se
demander, si la société gabonaise, déjà en mal
de repères, n'est pas en train de perdre ses
dernières valeurs morales, qui ont finit jadis
la force de ses traditions.
En effet, comme s'ils
s'étaient passé le mot, pères, frères, oncles,
grands-pères, ... s'illustrent négativement par
des abus sexuels sur leurs propres filles,
soeurs et nièces mineures. Un acte amoral sur
une innocente, ignorante de la vie et des tabous
de la sexualité. Ce comportement bestial choque
la conscience, dans la mesure où tout être
humain sensé sait que l'inceste est réprouvé par
la morale.
Dans nos traditions,
l'inceste est tabou. Dans certaines coutumes, il
est source de malédictions, de maléfices et de
mise au ban de la famille. Il peut même causer
un désordre génétique en cas de conception d'un
enfant. D'où vient donc ce regain, cet
enthousiasme et cet engouement partagé par
beaucoup d'hommes, Jeunes et adultes, pour ces
rapports sexuels interdits avec les fillettes
dont ils sont les géniteurs ou avec lesquelles
ils ont des liens de sang ?
Peut-être que les
psychologues et autres sociologues ont une
explication. Mais quoi qu'il en soit, rien ne
peut justifier cette pratique ignoble, qui prend
dangereusement de l'ampleur chez nous. Aucun
individu ou groupe humain organisé ne doit
tolérer cette dérive dangereuse. Ceux qui gardent
encore un zeste de pudeur morale héritée de
l'éducation conservatrice reçue de leurs milieux
sont aujourd'hui choqués et révoltés par ces cas
d'inceste à répétition. Signe patent d'une
société malade de ses valeurs en déperdition: Où
un père n'éprouve plus de honte à engrosser sa
fille, à la faire avorter ou à donner naissance
...à un bébé qui sera à la fois son fils (ou
fille) et son petit-fils: C'est répugnant.
Enfreindre l'interdit qui
frappe l'inceste, par simple plaisir ou pour des
pratiques occultes, en vue d'asseoir une
quelconque autorité, une puissance (financière
et matérielle) ou pour gravir l'échelle sociale
est une dérive comportementale qui ne doit pas
être toléré. Aucun intérêt ne peut justifier
qu'un père sacrifie la vie et l'innocence de sa
fille. Un être qui n'a pas demandé à naître,
encore moins~choisi ses parents.
Le coupable d'un acte aussi
abject sur son enfant, qu'il est censé et qu'il
a le devoir de protéger, ne mérite pas la
considération que lui donne son statut de papa.
Au contraire, il se réduit au rang d'animal,
d'un malade nuisible à punir sévèrement.
Mais comment y parvenir dans
un pays comme le nôtre où, disent des
magistrats, il n'existe aucune législation
réprimant l'inceste ? Ceux qui sont jugés,
condamnés et envoyés en prison après un tel acte
le sont par application de la loi sur le viol
sur mineure. Ce vide juridique interpelle le
gouvernement et le Parlement à légiférer sur la
question, afin de doter le pays d'un arsenal
permettant de sanctionner les pères, frères,
oncles, voire mères (eh oui, il y en aurait
aussi !) incestueux.
D'un autre côté, ce
comportement bestial impose le traitement
médical et psychologique de ses auteurs. D'où la
nécessité de mettre en place un: centre
d'internement, de correction et de prise en
charge de ces malades, dés leur sortie de
prison. En les lassant en liberté, ces
incestueux-violeurs-pédophiles sont une menace
pour d'autres fillettes et une gangrène sociale.
Une telle structure servirait, un tant soit peu,
de garde-fous contre d'éventuelles récidives.
Car, s'ils abusent de leur propres fillettes,
sang remords, que ne feraient-ils pas sur
d'autres ? L'Observatoire national ides droits
de l'enfant mis en place cette semaine par le
ministère en charge et de la Protection de
l'enfance ne pouvait mieux tomber. A peine né il
est interpellé par ce problème qui ne mobilise,
jusqu'ici, aucune des nombreuses associations,
Organisations non gouvernementales de défense
des droits de la femme et la société
civile. Face aux nombreux cas d'agressions
sexuelles enregistrés quotidiennement sur des
petites filles, elles apposent un silence
assourdissant.
Sous d'autres cieux, la
dénonciation des médias aurait été appuyée par
une sensibilisation sociale; en vue de combattre
cette pratique honteuse. Au Gabon, pays
atypique, la tendance est plutôt à la
banalisation; voire à la résignation. L'impunité
dont jouissent quelques coupables, tapis parfois
dans les hautes sphères, et la méfiance sourde
nu sein de certains foyers sont de nature à
ébranler le fondement et la cohésion des
familles si rien n'est fait pour stopper cette
vilénie, un autre mal de la société te de
consommation.