DROIT AU BUT
Les
heureux voyageurs et les «sacs emballés»
ANNONCÉE à grand renfort de
publicité, la conférence de presse animée
conjointement par le ministère des Sports et la
Fédération gabonaise de football (Fégafoot) n'a
pas permis, du moins officiellement, de
comprendre les raisons d'un échec paient des
Panthéreaux à Lomé au Togo. Et pourtant le
contribuable gabonais avait soif de savoir ce
qui s'est réellement passé, lui qui finance
toutes ces compétitions. Tout au plus on a eu
droit à des déclarations prodomo de la part des
conférenciers.
C'est vrai qu'entre gens
civilisés, le déballage en public n'est pas de
bon aloi. Mais comment couper court aux folles
rumeurs qui cuit couru ici juste a~près le
deuxième match perdu face à 1 Afrique du Sud, si
on ne dit pas les choses comme elles se sont
déroulées? En choisissant donc d'arrondir les
angles, de tourner autour du pot, donc de ne pas
se mettre à table, les heureux voyageurs de Lomé
ont gardé leurs « sas »,soigneusement...
emballés, avec ceci de dangereux que les «
souris » qu'ils contiennent ne seront jamais à
découvert. Dieu seul sait ce que ces « souris »,
qu'on a choisi de laisser dormir danses sacs ont
causé comme dégâts à Lomé ...
Ceci étant, nous sommes
restés sur notre faim et les arguments
développés par les uns et les autres, en dehors
peut-être du chef de délégation Eroumbengapi, ne
nous ont pas convaincus. Pourtant, selon nos
informations, il a régné une belle pagaille à
Lomé. L'environnement de l'équipe aurait été
particulièrement pollué, ne lui permettant pas
de demeurer sereine. La promesse d'accorder des
primes à quelques joueurs (on parle d'un tiers)
a particulièrement semé la confusion dans
l'équipe. Du coup les jeunes joueurs,
démobilisés, n'étaient plus solidaires sur le
terrain, chacun voulant marquer son petit but
pour empocher la rime. Cela s'est vérifié lors
du mate contre la Tunisie.
En tant qu'entraîneur d'une
équipe devenue une association d'individualités,
sans âme, Marcel Pambo a raison de dire qu'il «
assume tout ». Mais il doit aller plus loin en
prenant ses responsabilités. La gestion
chaotique de l'équipe pelai permet plus de
rester à son poste. En effet, en dehors de
«l'empoisonnement » de l'équipe par la promesse
des primes, on a senti une absence de plan de
bataille pour elle, un manque de maîtrise
tactique et de conservation de résultats, comme
face au Togo. Théoriquement, les Panthéreaux
devaient disputer cinq rencontres jusqu'en
finale. Dans ces conditions, la gestion des
matches est importante. Or, nous avons remarqué
due l'équipe avait démarré la compétition sur
les chapeaux de roue sans s'économiser. On
apprend également par la Direction technique
nationale DTN), qu'on a prévu des séances
d'entraînements intenses pendant les journées de
récupération. Ce qui est simplement suicidaire.
Et l'équipe a accusé le coup face à l'Afrique du
Sud.
Pourtant, notre pays, après
plusieurs participations, a maintenant une
certaine expérience des phases finales de Coupe
d'Afrique des Nations. Il a donc une belle
histoire sur laquelle il peut s'appuyer pour
mieux maîtriser les différentes compétitions.
Nous ne sommes quand même pas comme des
Erythréens qui découvraient une phase finale de
Can pour la première fois !
Nous terminons pour dire que
si nous avons battu une équipe de Tunisie
archi-dominée, on ne nous aurait certainement
pas parlé de préparation et encore moins
d'expérience. Les Panthéreaux pouvaient tout
aussi bien battre les Éperviers du Togo et se
qualifier. Mais le discours tenu aux joueurs par
ceux qui étaient censés leur montrer le bon
chemin aura été plus diviseur que mobilisateur.
Non, il faut le dire, au Togo, l'équipe a été
poignardée dans le dos ! Et comme les sacs n'ont
pas été déballés, il est fort à craindre qu'à
les mêmes causes ne produisent les mêmes effets
et qu'on ne vive d'autres désillusions.