FOOTBALL/CONFÉRENCE DE PRESSE
DU MINISTÈRE DES SPORTS
La
déconvenue des équipes gabonaises en
compétitions africaine au centre de la rencontre
LA
sélection gabonaise ayant participé à la 7e
édition de la Coupe d'Afrique des nations (CAN)
de football des moins de dix sept ans (cadets)
au Togo, alignée dans le groupe A, écartée au
premier tour. Les Panthères du Gabon engagées à
la 4e édition de la Coupe de la Communauté
économique et monétaire de l'Afrique centrale
(CEMAC) au Tchad battues en finale par le Congo
Brazzaville. Mangasport, en match retour des
16es de finale de la 11e édition de la Ligue
africaine des champions freiné par la JS Kabylie
d'Algérie. Tout cela le même jour vendredi 16
mars dernier.
Afin donc d'avoir des
éclaircissements sur les raisons d'une telle
débâcle sur tous les fronts, le gouvernement de
la République, par le biais du ministère de la
jeunesse et des Sports, a décidé de la tenue
d'une conférence de presse hier. A l'hôtel
Intercontinental Okoumé Palace.
Face à la presse (officielle
et privée) hautement représentée, il y avait non
seulement les membres du département de tutelle,
mais aussi ceux de la Fédération gabonaise de
football (Fégafoot). Notamment ceux ayant été à
Lomé, mais aussi la délégation partie à N'djaména.
Après avoir planté le décor,
notre confrère Francis Salah Ngoua-Baud, le
modérateur a ouvert les débats. Qui portaient,
entre autres, sur la préparation de nos équipes,
le financement, l'état d'esprit des dirigeants
ayant accompagné lesdites équipes, le coaching
des entraîneurs, les ambitions réelles affichées
par les dirigeants. Pour débattre ces points, il
y a eu un jeu questions-réponses entre les
journalistes sportifs et les différents
responsables compétents.
C'est ainsi qu'au sujet de la
préparation de nos sélections, Édouard Missoni
Idembi, directeur des Sorts et du Plein air, a
précise que ce qu'il sait c'est que la tutelle
décaisse les fonds et les met à la disposition
de la fédération. Pour les cadets, quarante
joueurs étaient retenus pour la préparation au
CDM, ensuite, le nombre a été réduit à vingt -
cinq à Oyem, puis à dix-huit pour la phase
finale de Lomé. l précise également que pour les
seniors, les moyens avaient été dégagés pour
leur préparation au (même) CDM, avant le départ
pour N'djaména.
Interrogé sur son état
d'esprit actuel après l'élimination des équipes
gabonaises, M. Léon Ababé, président de la
Fégafoot, a réagi en reconnaissant que le
journal "L'Union" a traduit le sentiment
de tous en titrant "Vendredi noir" dans son
édition du week-end. Pour lui, il s'agit
maintenant de faire des analyses et voir comment
envisager l'avenir.
Au sujet des résultats
techniques, le président fédéral qui était
d'abord à Lomé avant de se rendre à N'djaména, a
reconnu que malgré tout, le football gabonais
est bien loti. Nous sommes arrivés en finale de
la Coupe de la CEMAC. Certes, dit-il, nous
sommes dans une période de frémissement, mais il
y a des raisons d'espérer.
Pour lui, la CEMAC vise
surtout un renouvellement d'effectifs, elle
permet donc la détection des jeunes talents. Il
y a donc eu satisfaction au sortir de cette
compétition non seulement le Gabon est battu en
finale sur un but de penalty, mais aussi deux
jeunes footballeurs ont été repérés : Bernard
Obiang et Erwin Nguéma.
Concernant les cadets, il
leur tire un coup de chapeau. Ayant entamé le
travail depuis seulement six mois, ils ont pu se
qualifier pour la phase finale de la CAN 2007 au
Togo. Là-bas, certes, les résultats ont été en
dents de scie. Mais il faut reconnaître, selon
lui, qu'ils ont affronté plus forts qu'eux. Ils
ont en tout cas su lutter. Il faut donc prendre
du recul pour mieux apprécier ces jeunes.
MISE AU VERT AVORTÉE • Au
sujet de Mangasport, le président fédéral, selon
des informations reçues, a précisé que le club
de la Comilog a eu un match difficile,
l'environnement ne lui ayant pas été propice.
C'est pourquoi il a dit qu'il est question de
comprendre que le football a ses réalités. Et il
va falloir reculer pour mieux sauter.
Répondant à une question sur
le montant du financement de la CAN des cadets,
M. Missoni Idembi a révélé que les fonds dégagés
pour cette compétition (préparation et phase
finale) était de 159 millions 921 mille francs
CFA dont 53 millions pour la préparation au CDM
et à Oyem.
Au sujet de la mise au
vert de nos moins de dix-sept ans prévue au
Bénin, mais qui n'a plus eu lieu, le président
Ababé a justifi2 cela par l'impréparation. Après
certains contacts avec ses pairs du Bénin où les
cadets n'avaient pas d'adversaire (s) à croiser,
entre autres difficultés, il a jugé mieux que la
préparation se poursuive au pays.
Pour sa part, interrogé
(également) sur les enseignements techniques et
stratégiques à tirer, suite à la prestation des
cadets à Lomé, Edouard Eroumbengani, chef de la
délégation, qui a voulu "tout déballer",
mais qui a été invité par le modérateur de juste
synthétiser ses idées, a relevé le
dysfonctionnement au sein du bureau fédéral. Et
que le résultat des cadets, contre la Tunisie
par exemple (0-0), ne reflète pas la valeur
réelle des Gabonais. Il a aussi fait état de
certains footballeurs à qui on aurait promis des
primes dans un endroit retiré, par rapport aux
autres. Il a en même temps dénoncé certaines
erreurs au niveau du coaching.
Claude-Albert Mbourounot, le
Directeur technique national (DTN), lui, a
relevé qu'une rencontre de football exige un
environnement qui concourt à la vie du groupe,
par ricochet, aux résultats. Il reconnaît,
certes, que le temps de préparation a été court.
Mais la planification a-t-elle été respectée ?
de nos cadets contre la music a été la même que
face à l'Afrique du Sud: il y a eu du dynamisme
dans le jeu, mais sans aller au-delà. Il note
également l'égoïsme des joueurs qui ont manqué
(parfois) de solidarité du groupe sur l'aire de
jeu.
Pour le DTN, après le nul
contre la Tunisie, il se pourrait que les
joueurs se soient laissé entraîner par trop
d'optimisme avant d'affronter l'Afrique du Sud.
Cependant il fait remarquer que la rencontre
face aux Tunisiens a eu lieu à 18 heures (heure
du Togo), alors que contre les Sud-Africains, la
partie avait débuté à 15 heures 30 (sous un
soleil ardent).
Enfin, M. Mbourounot a noté
le manque de récupération et le travail
d'endurance qu'on leur faisait faire au
lendemain d'un match. Et certains n'hésitaient
pas à lui dire qu'ils éprouvaient de la Fatigue.
Ce qui a dû jouer sur leur rendement. Il faut,
explique le DTN, 48 heures de récupération pour
un joueur. Si ce temps n'est pas respecté, il
évolue en dessous de ses capacités réelles.
Quant à Marcel Pambo,
entraîneur national des cadets, il dit "tout
assumer". Il met l'accent sur l'insuffisance du
temps de préparation : 3 semaines pour les
Panthéreaux, par rapport aux Tunisiens qui sont
ensemble depuis trois ans, c'est le jour et la
nuit.
Il précise que depuis
longtemps, sa méthode de travail est la même
avec ses footballeurs. Il a fait état de joueurs
qui veilleraient pendant longtemps dans leur
chambre, avant de se coucher. Effectivement,
cela ne peut qu'occasionner de la fatigue le
lendemain. "Nous avons été mauvais dans les
résultats, mais pas sur le terrain";
a reconnu Marcel Pambo.