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Le quotidien l'Union du 20 Mars 2007

 

FOOTBALL/CONFÉRENCE DE PRESSE DU MINISTÈRE DES SPORTS

La déconvenue des équipes gabonaises en compétitions africaine au centre de la rencontre

LA sélection gabonaise ayant participé à la 7e édition de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) de football des moins de dix sept ans (cadets) au Togo, alignée dans le groupe A, écartée au premier tour. Les Panthères du Gabon engagées à la 4e édition de la Coupe de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) au Tchad battues en finale par le Congo Brazzaville. Mangasport, en match retour des 16es de finale de la 11e édition de la Ligue africaine des champions freiné par la JS Kabylie d'Algérie. Tout cela le même jour vendredi 16 mars dernier.

Afin donc d'avoir des éclaircissements sur les raisons d'une telle débâcle sur tous les fronts, le gouvernement de la République, par le biais du ministère de la jeunesse et des Sports, a décidé de la tenue d'une conférence de presse hier. A l'hôtel Intercontinental Okoumé Palace.

Face à la presse (officielle et privée) hautement représentée, il y avait non seulement les membres du département de tutelle, mais aussi ceux de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot). Notamment ceux ayant été à Lomé, mais aussi la délégation partie à N'djaména.

Après avoir planté le décor, notre confrère Francis Salah Ngoua-Baud, le modérateur a ouvert les débats. Qui portaient, entre autres, sur la préparation de nos équipes, le financement, l'état d'esprit des dirigeants ayant accompagné lesdites équipes, le coaching des entraîneurs, les ambitions réelles affichées par les dirigeants. Pour débattre ces points, il y a eu un jeu questions-réponses entre les journalistes sportifs et les différents responsables compétents.

C'est ainsi qu'au sujet de la préparation de nos sélections, Édouard Missoni Idembi, directeur des Sorts et du Plein air, a précise que ce qu'il sait c'est que la tutelle décaisse les fonds et les met à la disposition de la fédération. Pour les cadets, quarante joueurs étaient retenus pour la préparation au CDM, ensuite, le nombre a été réduit à vingt - cinq à Oyem, puis à dix-huit pour la phase finale de Lomé. l précise également que pour les seniors, les moyens avaient été dégagés pour leur préparation au (même) CDM, avant le départ pour N'djaména.

Interrogé sur son état d'esprit actuel après l'élimination des équipes gabonaises, M. Léon Ababé, président de la Fégafoot, a réagi en reconnaissant que le journal "L'Union" a traduit le sentiment de tous en titrant "Vendredi noir" dans son édition du week-end. Pour lui, il s'agit maintenant de faire des analyses et voir comment envisager l'avenir.

Au sujet des résultats techniques, le président fédéral qui était d'abord à Lomé avant de se rendre à N'djaména, a reconnu que malgré tout, le football gabonais est bien loti. Nous sommes arrivés en finale de la Coupe de la CEMAC. Certes, dit-il, nous sommes dans une période de frémissement, mais il y a des raisons d'espérer.

Pour lui, la CEMAC vise surtout un renouvellement d'effectifs, elle permet donc la détection des jeunes talents. Il y a donc eu satisfaction au sortir de cette compétition non seulement le Gabon est battu en finale sur un but de penalty, mais aussi deux jeunes footballeurs ont été repérés : Bernard Obiang et Erwin Nguéma.

Concernant les cadets, il leur tire un coup de chapeau. Ayant entamé le travail depuis seulement six mois, ils ont pu se qualifier pour la phase finale de la CAN 2007 au Togo. Là-bas, certes, les résultats ont été en dents de scie. Mais il faut reconnaître, selon lui, qu'ils ont affronté plus forts qu'eux. Ils ont en tout cas su lutter. Il faut donc prendre du recul pour mieux apprécier ces jeunes.

MISE AU VERT AVORTÉE • Au sujet de Mangasport, le président fédéral, selon des informations reçues, a précisé que le club de la Comilog a eu un match difficile, l'environnement ne lui ayant pas été propice. C'est pourquoi il a dit qu'il est question de comprendre que le football a ses réalités. Et il va falloir reculer pour mieux sauter.

Répondant à une question sur le montant du financement de la CAN des cadets, M. Missoni Idembi a révélé que les fonds dégagés pour cette compétition (préparation et phase finale) était de 159 millions 921 mille francs CFA dont 53 millions pour la préparation au CDM et à Oyem.

Au sujet de la mise au vert de nos moins de dix-sept ans prévue au Bénin, mais qui n'a plus eu lieu, le président Ababé a justifi2 cela par l'impréparation. Après certains contacts avec ses pairs du Bénin où les cadets n'avaient pas d'adversaire (s) à croiser, entre autres difficultés, il a jugé mieux que la préparation se poursuive au pays.

Pour sa part, interrogé (également) sur les enseignements techniques et stratégiques à tirer, suite à la prestation des cadets à Lomé, Edouard Eroumbengani, chef de la délégation, qui a voulu "tout déballer", mais qui a été invité par le modérateur de juste synthétiser ses idées, a relevé le dysfonctionnement au sein du bureau fédéral. Et que le résultat des cadets, contre la Tunisie par exemple (0-0), ne reflète pas la valeur réelle des Gabonais. Il a aussi fait état de certains footballeurs à qui on aurait promis des primes dans un endroit retiré, par rapport aux autres. Il a en même temps dénoncé certaines erreurs au niveau du coaching.

Claude-Albert Mbourounot, le Directeur technique national (DTN), lui, a relevé qu'une rencontre de football exige un environnement qui concourt à la vie du groupe, par ricochet, aux résultats. Il reconnaît, certes, que le temps de préparation a été court. Mais la planification a-t-elle été respectée ? de nos cadets contre la music a été la même que face à l'Afrique du Sud: il y a eu du dynamisme dans le jeu, mais sans aller au-delà. Il note également l'égoïsme des joueurs qui ont manqué (parfois) de solidarité du groupe sur l'aire de jeu.

Pour le DTN, après le nul contre la Tunisie, il se pourrait que les joueurs se soient laissé entraîner par trop d'optimisme avant d'affronter l'Afrique du Sud. Cependant il fait remarquer que la rencontre face aux Tunisiens a eu lieu à 18 heures (heure du Togo), alors que contre les Sud-Africains, la partie avait débuté à 15 heures 30 (sous un soleil ardent).

Enfin, M. Mbourounot a noté le manque de récupération et le travail d'endurance qu'on leur faisait faire au lendemain d'un match. Et certains n'hésitaient pas à lui dire qu'ils éprouvaient de la Fatigue. Ce qui a dû jouer sur leur rendement. Il faut, explique le DTN, 48 heures de récupération pour un joueur. Si ce temps n'est pas respecté, il évolue en dessous de ses capacités réelles.

Quant à Marcel Pambo, entraîneur national des cadets, il dit "tout assumer". Il met l'accent sur l'insuffisance du temps de préparation : 3 semaines pour les Panthéreaux, par rapport aux Tunisiens qui sont ensemble depuis trois ans, c'est le jour et la nuit.

Il précise que depuis longtemps, sa méthode de travail est la même avec ses footballeurs. Il a fait état de joueurs qui veilleraient pendant longtemps dans leur chambre, avant de se coucher. Effectivement, cela ne peut qu'occasionner de la fatigue le lendemain. "Nous avons été mauvais dans les résultats, mais pas sur le terrain"; a reconnu Marcel Pambo.

Source : Journal L'Union Plus du 20 Mars 2007

 



   

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