Pour moi quoi…
DEPUIS le temps qu'on en
parle, il fallait bien que ça arrive. Même si
moi, Makaya, je suis resté longtemps perplexe
devant le prix auquel nous avons vendu ce
véritable bijou de famille... Sans doute que
nous avons nous-mêmes largement contribué à le
dévaluer. Je veux parler de la privatisation de
Gabon Télécom, quoi.
Cette privatisation, en
elle-même, n'est donc pas à proprement parler
une surprise. Ce qui l'est par contre, à mes
yeux en tout cas, c'est le climat incroyablement
délétère que certains ont, depuis, créé là-bas
au Delta Postal. Le repreneur, qui n'a pas
encore fini de faire le tour du propriétaire et
donc de prendre ses marques, doit se dire que
nous avons des moeurs bien étranges dans notre
Gabon d'abord là.
De quoi s'agit-il exactement,
mes chers frères Makaya curieux ? D'une pluie de
tracts, les uns plus orduriers que les autres,
qui inondent présentement les couloirs de la
maison, et même l'extérieur, et qui sont une
authentique chasse à l'homme. Et comme si ça ne
suffisait pas, tout cela est assorti de menaces
du genre : "Si on revoit la tête de tel, on
gaspille !"
Pondre un tract et le
diffuser n'a jamais été un signe de courage.
Mais quand il a un tel contenu, on ne doit pas
laisser faire, quoi. Ce que le petit-frère du
cousin germain de l'oncle de ma "bonamie";
c'est-à-dire mon propre "mougoye"; appelle les
services, fonctionne plutôt bien dans notre beau
pays-là. Il suffirait de les mettre à
contribution pour confondre les auteurs de
telles ignominies. Et les châtier.
Quant au repreneur, moi,
Makaya, j'imagine et j'espère qu'il n'est pas
dupe. Quand on est habitué à faire les affaires,
on sait à quel comportement s'attendre de la
part de ceux dont on s'apprête à prendre le
contrôle de la mai son : on casse du sucre sur
le dos de tel, en espérant avoir soi même plus
de chance de se faire bien voir et de conserver
une place de choix.
Gare toutefois à l'histoire
de l'arroseur arrosé ! A bon entendeur, salut
ôôôh !
... Makaya