CYCLISME/AU SUJET DE L'IMBROGLIO
À LA FEGACY
Le
ministre gabonais des sports répond à l'UCI
Dans le souci de redynamiser
la petite reine gabonaise, le ministre des
Sports Egide Boundono Simangoye, au sortir de
la dernière épreuve de la "Tropicale
Amissa Bongo" avait retiré à la fegacy
l'agrément technique avant de mettre en place
une commission ad hoc. Ce que semble, lui
contester l'UCI qui, visiblement, n'avait pas la
bonne visibilité. C'est pourquoi le ministre des
Sports lui donne, à travers cette lettre, "des
informations nécessaires à ce dossier".
Libreville le, 16 mars 2007
Le ministre
A Monsieur Pat McQuaid,
président de l'UCI, ch 1860
Aigle Suisse
Réf : V/L du 15 mars 2007
Monsieur le président,
J'ai l'honneur d'accuser
réception de votre lettre ci-dessus "référencée,
relative au retrait de l'Agrément technique à la
Fédération gabonaise de cyclisme (Fegacy)
et;dans laquelle vous me faites observer que le
gouvernement fait de l'ingérence dans le
fonctionnement de la Fegacy. Permettez-moi de
vous apporter des informations nécessaires
relatives à ce dossier.
Premièrement, je vous informe
que le sport au Gabon est régi par des textes.
Ceux-ci précisent la structuration d'une
fédération sportive. Elle se présente avec à la
base, des athlètes, des clubs et des ligues. Ce
sont ces entités qui mettent en place la
superstructure appelée fédération nationale.
Vous comprendrez alors que pour qu'une
fédération existe, il faut absolument que ses
composantes aient le statut d'association
déclarée. C'est-à-dire que celles-ci aient la
personnalité juridique.
Deuxièmement, la législation
locale confère au ministère en charge des Sports
un pouvoir de police administrative à l'égard de
tous les établissements publics, parapublics et
privés placés sous sa tutelle. En votre faveur,
à la lecture des statuts de l'UCI, je relève
qu'à l'égard de vos membres, vous pratiquez de
l'entrisme: on adhère au statut de l'UCI et on
en devient membre. Au cas contraire, la demande
d'affiliation est reJEtée. Comme vous, le
ministre de la jeunesse et des Sports est garant
du respect du droit du sport par les
associations sportives nationales. Aussi,
voudrais-je vous rappeler que toute fédération
sportive de mon pays est assujettie au respect
de deux exigences juridiques. A savoir, le
respect des normes étatiques et le respect des
nonnes de sa fédération internationale.
C'est donc en référence de ce
droit interne, qu'au Gabon, les fédérations
nationales, pour jouir de leur statut de
"national", doive bénéficier de l'Agrément
technique du ministère chargé des Sports.
Agrément qui , sous forme d'arrêté ministériel
détermine les modalités d"exercice de la mission
de service public que constitue le sport. C'est
cet Agrément qui fait obligation à l'Etat de
subventionner les activités des fédérations. Et
qui par ailleurs, leur octroi des prérogatives
de puissance publique (organisation des
compétitions nationales et internationales et
mise en place des sélections nationales).
Troisièmement, vous m'accusez
de n'avoir pas préalablement consulté votre
Instance pour retirer l'Agrément technique à
votre membre. Vous ai-je consulté pour l'octroi
de cet Agrément ! Sur recommandation du
gouvernement, j'ai le devoir de rendre effective
l'existence juridique des fédérations sportives
nationales. Cela a fait l'objet d'une note
circulaire adressée à toutes les fédérations.
Votre membre ne répond plus aux conditions
d'existence d'une fédération nationale
réglementaire.
N'étant pas compétent pour
dissoudre la Fégacy j'ai simplement retiré
l'Agrément technique octroyé par le ministère de
la Jeunesse et des Sports. Cette mesure rentre
dans le cadre d'une prophylaxie juridique. Ce
que j'attends de l'UCI, c'est d'aider le
gouvernement à aider le cyclisme.
Pour sauvegarder la
continuité du service public le ministère a mis
en place une commission ad hoc visant à
restructurer le cyclisme au Gabon. Cette
commission est essentiellement composée des
acteurs de la famille cycliste nationale Cela
participe de mon souci de redynamiser ce sport
et d'un appel adressé à l'UCI, afin qu'elle
prenne ses responsabilités en mettant de l'ordre
au sein de la Fegacy.
Sur rapport de l'Inspection
générale des services de mon département, il
ressort que les clubs et les ligues n'ont plus
d'existence. Il me revenait à moi de prendre une
mesure conservatoire pour asseoir la légalité Il
n'est point de l'Intérêt ni de l'UCI, ni de l'Etat
gabonais d'avoir une fédération virtuelle. Car,
nous avons constaté que sur 18 membres que doit
composer le bureau fédéral, il n'en reste que le
Président. Ce qui est contraire à l'esprit de
l'Olympisme et de la Loi 35/62 relative aux
associations.
J'ai retiré l'Agrément
technique à votre membre. Cela présuppose qui il
y a des dysfonctionnements. Une fois les écuries
nettoyées, les choses rentreront immédiatement
dans l'ordre. Pour l'heure, retenez que le
contribuable gabonais n'entend plus soutenir une
virtualité.
Le gouvernement aspire à
faire du cyclisme gabonais un exemple sur le
continent africain. Désormais, nous abritons
chaque année la "Tropicale Amissa Bongo". Cela
exige de nous la mise en place d'une
collaboration dynamique avec une fédération
nationale active, avec la CAC et l'UCI.
Je vous ai pourtant transmis,
le 19 février2007, tous les éléments
constitutifs de ce dossier. C'était là, la
preuve de mon souci d'associer l'UCI à
l'exécution de la politique du gouvernement
gabonais en matière de cyclisme. Le ministère
n'a point isolé la Fegacy de sa famille
internationale. Il demande à cette famille
internationale de l'aider à avoir un membre
vivant et viable.
Espérant vous avoir apporté
les éclaircissements sur ce dossier que nous
comptons gérer ensemble, je vous prie de croire,
Monsieur le président, en l'assurance de ma
parfaite collaboration.
Le ministre de la jeunesse et
des Sports
Egide Boundono Simangoye