FAIT DIVERS
De quoi
est mort le jeune Cyr Waka ?
Est-ce une partie de chasse
qui a mal tourné ou s'agit-il, comme le
soutiennent ses compagnons aujourd'hui
suspectés, d'une morsure de serpent ?
EN
tout cas, beaucoup de zones d'ombre ne
favorisent pas - du moins pour le moment - de
démêler facilement l'écheveau qui entoure la
mort tragique de Cyr Waka, au cours d'une partie
de chasse précédée d'une partie de pêche.
A la section de recherches de
la gendarmerie de Mouila, si l'on s'en tient aux
déclarations du beau-fils du disparu et un
certain Akamba, qui ont effectué la partie de
chasse avec le disparu Waka, un certain nombre
de détails troublants émaillent le déroulement
de cette aventure en pleine forêt, en aval de la
rivière Ngounié.
Le jeune Cyr Waka, un
compatriote de 32 ans (qui vit entre Mouila et
le village Saint Martin des Apindji), va faire
la chasse, accompagné du fils de sa femme.
Chemin faisant, ils vont s'attacher les services
d'une troisième personne, Sieur Akamba.
La partie ne se montre pas
souriante. Une équipée qui ne leur aura permis
d'abattre une seule antilope, alors qu'elle
était bien loin, en pleine forêt. Ne pouvant
plus rentrer au village, ils décident de passer
la nuit dans le campement le plus proche. Et,
selon Akama, c'est pendant qu'ils y allaient
qu'un serpent aurait mordu Waka, et que ce
dernier parvint même à tuer à l'aide de sa
machette. Pour circonscrire l'hémorragie, ils
lui firent un garrot.
Arrivés à une certaine
distance, Waka aurait senti ses forces
l'abandonner, et Akamba l'aurait soulevé avant
de l'abandonner plus loin, bien avant le
campement. Auparavant, le malade aurait
recommandé à ses compagnons une feuille
anti-vénéneuse que l'on rencontre souvent sur
les bords de la Ngounié. Mais ils n'y trouveront
rien pour le soulager. Entre-temps, ils vont
trouver au campement un certain Kamba. Le fils,
quant à lui, va emprunter la voie fluviale pour
arriver au village, annoncer la nouvelle et
chercher les secours.
Pendant que ceux-ci
s'organisent au village, Akamba et Kamba, restés
en forêt, devraient repartir sur les lieux où
était abandonné Waka. A mi-chemin, ils
rencontrent les villageois auxquels ils
annoncent que le jeune homme vient de rendre
l'âme.
Informée du décès de son
fils, la mère de la victime qui vit à
Libreville, ordonne à son neveu qui est policier
que son inhumation n'ait lieu qu'à son arrivée.
Pendant ce temps, le père de Waka qui exerce à
Mouila n'est pas tenu informé de la mort de son
enfant. Et c'est par personne interposée qu il
apprendra la terrible nouvelle. Et aussitôt, il
portera plainte à la section des recherches de
la gendarmerie de Mouila.
Quand arrive la mère, la
dépouille de Cyr Waka est déjà ensevelie.
Seulement 24 heures après sa mort, enveloppée
dans un simple linceul. Du coup, apparaissent
certains antécédents qui semblent contribuer la
thèse d'un "coup tordu". En fait, le jeune Cyr
Waka craignait pour sa vie, en témoigne une
lettre (aujourd'hui versée au dossier) qu'il
avait adressée à sa mère et faisant état du
climat malsain existant entre lui et certains
membres de l'entourage familial. Ensuite, on
relève la précipitation avec laquelle a eu lieu
l'inhumation (le corps n'était pas décomposé),
sans attendre l'arrivée de la mère et sans tenir
informé le père. De même le fait que les
autorités compétentes n'aient pas été saisies de
ce drame.
A la gendarmerie de Mouila,
l'enquête évolue en tenant compte des
interrogations pertinentes crue suscite cette
affaire et qui alimentent les conversations des
uns et des autres.