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Le quotidien l'Union du 17 et 18 Mars 2007

 

FAIT DIVERS

De quoi est mort le jeune Cyr Waka ?

Est-ce une partie de chasse qui a mal tourné ou s'agit-il, comme le soutiennent ses compagnons aujourd'hui suspectés, d'une morsure de serpent ?

EN tout cas, beaucoup de zones d'ombre ne favorisent pas - du moins pour le moment - de démêler facilement l'écheveau qui entoure la mort tragique de Cyr Waka, au cours d'une partie de chasse précédée d'une partie de pêche.

A la section de recherches de la gendarmerie de Mouila, si l'on s'en tient aux déclarations du beau-fils du disparu et un certain Akamba, qui ont effectué la partie de chasse avec le disparu Waka, un certain nombre de détails troublants émaillent le déroulement de cette aventure en pleine forêt, en aval de la rivière Ngounié.

Le jeune Cyr Waka, un compatriote de 32 ans (qui vit entre Mouila et le village Saint Martin des Apindji), va faire la chasse, accompagné du fils de sa femme. Chemin faisant, ils vont s'attacher les services d'une troisième personne, Sieur Akamba.

La partie ne se montre pas souriante. Une équipée qui ne leur aura permis d'abattre une seule antilope, alors qu'elle était bien loin, en pleine forêt. Ne pouvant plus rentrer au village, ils décident de passer la nuit dans le campement le plus proche. Et, selon Akama, c'est pendant qu'ils y allaient qu'un serpent aurait mordu Waka, et que ce dernier parvint même à tuer à l'aide de sa machette. Pour circonscrire l'hémorragie, ils lui firent un garrot.

Arrivés à une certaine distance, Waka aurait senti ses forces l'abandonner, et Akamba l'aurait soulevé avant de l'abandonner plus loin, bien avant le campement. Auparavant, le malade aurait recommandé à ses compagnons une feuille anti-vénéneuse que l'on rencontre souvent sur les bords de la Ngounié. Mais ils n'y trouveront rien pour le soulager. Entre-temps, ils vont trouver au campement un certain Kamba. Le fils, quant à lui, va emprunter la voie fluviale pour arriver au village, annoncer la nouvelle et chercher les secours.

Pendant que ceux-ci s'organisent au village, Akamba et Kamba, restés en forêt, devraient repartir sur les lieux où était abandonné Waka. A mi-chemin, ils rencontrent les villageois auxquels ils annoncent que le jeune homme vient de rendre l'âme.

Informée du décès de son fils, la mère de la victime qui vit à Libreville, ordonne à son neveu qui est policier que son inhumation n'ait lieu qu'à son arrivée. Pendant ce temps, le père de Waka qui exerce à Mouila n'est pas tenu informé de la mort de son enfant. Et c'est par personne interposée qu il apprendra la terrible nouvelle. Et aussitôt, il portera plainte à la section des recherches de la gendarmerie de Mouila.

Quand arrive la mère, la dépouille de Cyr Waka est déjà ensevelie. Seulement 24 heures après sa mort, enveloppée dans un simple linceul. Du coup, apparaissent certains antécédents qui semblent contribuer la thèse d'un "coup tordu". En fait, le jeune Cyr Waka craignait pour sa vie, en témoigne une lettre (aujourd'hui versée au dossier) qu'il avait adressée à sa mère et faisant état du climat malsain existant entre lui et certains membres de l'entourage familial. Ensuite, on relève la précipitation avec laquelle a eu lieu l'inhumation (le corps n'était pas décomposé), sans attendre l'arrivée de la mère et sans tenir informé le père. De même le fait que les autorités compétentes n'aient pas été saisies de ce drame.

A la gendarmerie de Mouila, l'enquête évolue en tenant compte des interrogations pertinentes crue suscite cette affaire et qui alimentent les conversations des uns et des autres.

Source : Journal L'Union Plus du 17 et 18 Mars 2007

 



   

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