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Le quotidien l'Union du 16 Mars 2007

 

APRÈS LA DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE DU PREMIER MINISTRE A L'!ASSEMBLÉE NATIONALE

«Infrastructures de croissance» et inefficacité de la dépense publique

Face aux députés, Jean Eyéghé Ndong - a dévoilé la stratégie de son gouvernement pour répondre aux attentes des Gabonais, notamment dans le cadre de La lutte contre la pauvreté. La réussite de cette politique dépendra de la manière de aérer les fonds destinés à résoudre tel ou tel autre problème.

DANS sa Déclaration de politique générale, vendredi 09 mars dernier, à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a dévoilé les grands axes de la politique de son gouvernement. En somme, d'aucuns ont pu constater que contrairement à l'année 2006, cette fois l'exposé du chef du gouvernement a été plus précis. En ce sens qu'il détermine une stratégie sous forme de méthode qui orientera son action en faveur des Gabonais, aussi bien pour la ;promotion de l'emploi que -pour la lutte contre la pauvreté.

Jean Eyéghé Ndong promet de s'atteler d'abord à créer les richesses en privilégiant les actions dans les «infrastructures de croissance», en raison de leur fort impact sur l'économie et l'emploi. Et les richesses ainsi créées seront reversées dans des secteurs essentiellement sociaux, conformément au Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP).

Dans la politique gouvernementale sont classées parmi les infrastructures de croissance : la route, l'activité maritime, les équipements aéroportuaires, les services de transports, les travaux publics et bâtiments, etc.

En matière de route, le locataire de l'immeuble du 2Décembre a souligné que parallèlement aux chantiers en cours, le gouvernement s'engage notamment à réaliser la totalité du tronçon Lambaréné-Fougamou (16 milliards F CFA) ; les travaux d'aménagement de la route Pont Octra-Port d'Owendo (12 milliards F) ; les travaux de la route de contournement Owendo-Bikélé et son prolongement à l'hôpital militaire des instructions des armées (49 milliards); la construction de 80 ponts métalliques dans le sud-est et le sud-ouest (12, 869 milliards) ; l'aménagement de la route menant a la décharge de Mindoumbé (2, 3 milliards) ; l'aménagement de la route Lalara-Koumameyong (30, 680 milliards) et Koumameyong-Ovan (22, 684 milliards); l'aménagement de la route Ntoum-Cocobeach (21, 4 milliards) ; etc.

Dans le cadre de l'activité maritime, les actions retenues par le gouvernement tournent autour du renforcement des capacités du port d'Owendo, notamment l'acquisition d'une drague et d'un portique, pour désengorger ce port et en améliorer la compétitivité; les extensions structurelles du port de Port-Gentil en vue de I'augmentation de ses capacités d'accueil; etc.

S'agissant des équipements aéroportuaires, Jean Eyéghé Ndong a déclaré que son gouvernement axera son action essentiellement sur les travaux de construction du nouvel aéroport international de Libreville a Malibé II (300 milliards FCFA). Tout comme la réhabilitation et la modernisation des dix aéroports provinciaux de Franceville, Port-Gentil, Lambaréné, Mouila, Tchibanga, Koulamoutou, Makokou, Omboué, Oyem et Bitam...

Par rapport à la redistribution des richesses, on notera que le Premier ministre a indiqué que celle- ci accordera la priorité aux secteurs sociaux. Notamment la santé, l'éducation (l'enseignement professionnel et technique), la protection sociale, la protection de la veuve et de l'orphelin, etc.

ENQUÊTES PARLEMENTAIRES • A l'écoute du discours de politique générale du Chef du gouvernement, nombreux sont ceux qui ont reconnu que celui-ci était bien pro metteur et ambitieux. Car, aujourd'hui il n'y a rien d'autre qui puisse susciter l'espoir dans l'opinion qu'un message annonçant une action vigoureuse visant à réduire les difficultés des populations.

Cependant, l'expérience a montré que dans notre pays il y a souvent un décalage entre es sommes inscrites dans les budgets de l'Etat et la réalité sur le terrain. Plusieurs projets pourtant budgétisés n'ont parois pas été réalisés. C'est a ce niveau que se pose le problème de l'efficacité de la dépense dans notre pays.

Il faut rappeler que ce manquement a particulièrement retenu l'attention des députés de la 10è législature. Pendant presque tout leur mandat, Guy Nzouba Ndama et ses collègues ont initié plusieurs enquêtes parlementaires pour vérifier la concrétisation de certains projets inscrits et budgétisés dans les différentes lois de Finances. On se souvient encore de la brouille entre le ministère de la Planification et la Commission des Finances de l'Assemblée nationale sur la manipulation des budgets d'investissement.

Voilà pourquoi, tout en applaudissant les mesures que le Premier ministre a annoncées dans le cadre de ses infrastructures de croissance, d'aucuns restent plutôt sceptiques quant à leur réalisation. D autant plus due d'autres actions avaient déjà été annoncées, budgétisées par les précédents gouvernements, mais n'ont malheureusement pas vu le jour. D'où des éléphants blancs qui enlaidissent la plupart de nos villes. Il n'y a qu'à regarder par exemple du côté de la gestion des fêtes tournantes...

De ce point de vue, on peut dire que Jean Eyéghé Ndong et son gouvernement devront prendre des mesures importantes pour régler cette question sur l'efficacité de la dépense au Gabon. Ce qui renvoie nécessairement au problème de l'impunité, c'est-à-dire la quadrature du cercle.

Source : Journal L'Union Plus du 16 Mars 2007

 



   

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