APRÈS LA DÉCLARATION DE
POLITIQUE GÉNÉRALE DU PREMIER MINISTRE A
L'!ASSEMBLÉE NATIONALE
«Infrastructures de croissance» et inefficacité
de la dépense publique
Face aux députés, Jean Eyéghé
Ndong - a dévoilé la stratégie de son
gouvernement pour répondre aux attentes des
Gabonais, notamment dans le cadre de La lutte
contre la pauvreté. La réussite de cette
politique dépendra de la manière de aérer les
fonds destinés à résoudre tel ou tel autre
problème.
DANS sa Déclaration de
politique générale, vendredi 09 mars dernier, à
l'Assemblée nationale, le Premier ministre a
dévoilé les grands axes de la politique de son
gouvernement. En somme, d'aucuns ont pu
constater que contrairement à l'année 2006,
cette fois l'exposé du chef du gouvernement a
été plus précis. En ce sens qu'il détermine une
stratégie sous forme de méthode qui orientera
son action en faveur des Gabonais, aussi bien
pour la ;promotion de l'emploi que -pour la
lutte contre la pauvreté.
Jean Eyéghé Ndong promet de
s'atteler d'abord à créer les richesses en
privilégiant les actions dans les
«infrastructures de croissance», en raison de
leur fort impact sur l'économie et l'emploi. Et
les richesses ainsi créées seront reversées dans
des secteurs essentiellement sociaux,
conformément au Document de stratégie de
croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP).
Dans la politique
gouvernementale sont classées parmi les
infrastructures de croissance : la route,
l'activité maritime, les équipements
aéroportuaires, les services de transports, les
travaux publics et bâtiments, etc.
En matière de route, le
locataire de l'immeuble du 2Décembre a souligné
que parallèlement aux chantiers en cours, le
gouvernement s'engage notamment à réaliser la
totalité du tronçon Lambaréné-Fougamou (16
milliards F CFA) ; les travaux d'aménagement de
la route Pont Octra-Port d'Owendo (12 milliards
F) ; les travaux de la route de contournement
Owendo-Bikélé et son prolongement à l'hôpital
militaire des instructions des armées (49
milliards); la construction de 80 ponts
métalliques dans le sud-est et le sud-ouest (12,
869 milliards) ; l'aménagement de la route
menant a la décharge de Mindoumbé (2, 3
milliards) ; l'aménagement de la route
Lalara-Koumameyong (30, 680 milliards) et
Koumameyong-Ovan (22, 684 milliards);
l'aménagement de la route Ntoum-Cocobeach (21, 4
milliards) ; etc.
Dans le cadre de l'activité
maritime, les actions retenues par le
gouvernement tournent autour du renforcement des
capacités du port d'Owendo, notamment
l'acquisition d'une drague et d'un portique,
pour désengorger ce port et en améliorer la
compétitivité; les extensions structurelles du
port de Port-Gentil en vue de I'augmentation de
ses capacités d'accueil; etc.
S'agissant des équipements
aéroportuaires, Jean Eyéghé Ndong a déclaré que
son gouvernement axera son action
essentiellement sur les travaux de construction
du nouvel aéroport international de Libreville a
Malibé II (300 milliards FCFA). Tout
comme la réhabilitation et la modernisation des
dix aéroports provinciaux de Franceville,
Port-Gentil, Lambaréné, Mouila, Tchibanga,
Koulamoutou, Makokou, Omboué, Oyem et Bitam...
Par rapport à la
redistribution des richesses, on notera que le
Premier ministre a indiqué que celle- ci
accordera la priorité aux secteurs sociaux.
Notamment la santé, l'éducation (l'enseignement
professionnel et technique), la protection
sociale, la protection de la veuve et de
l'orphelin, etc.
ENQUÊTES PARLEMENTAIRES •
A l'écoute du discours de politique générale du
Chef du gouvernement, nombreux sont ceux qui ont
reconnu que celui-ci était bien pro metteur et
ambitieux. Car, aujourd'hui il n'y a rien
d'autre qui puisse susciter l'espoir dans
l'opinion qu'un message annonçant une action
vigoureuse visant à réduire les difficultés des
populations.
Cependant, l'expérience a
montré que dans notre pays il y a souvent un
décalage entre es sommes inscrites dans les
budgets de l'Etat et la réalité sur le terrain.
Plusieurs projets pourtant budgétisés n'ont
parois pas été réalisés. C'est a ce niveau que
se pose le problème de l'efficacité de la
dépense dans notre pays.
Il faut rappeler que ce
manquement a particulièrement retenu l'attention
des députés de la 10è législature. Pendant
presque tout leur mandat, Guy Nzouba Ndama et
ses collègues ont initié plusieurs enquêtes
parlementaires pour vérifier la concrétisation
de certains projets inscrits et budgétisés dans
les différentes lois de Finances. On se souvient
encore de la brouille entre le ministère de la
Planification et la Commission des Finances de
l'Assemblée nationale sur la manipulation des
budgets d'investissement.
Voilà pourquoi, tout en
applaudissant les mesures que le Premier
ministre a annoncées dans le cadre de ses
infrastructures de croissance, d'aucuns restent
plutôt sceptiques quant à leur réalisation. D
autant plus due d'autres actions avaient déjà
été annoncées, budgétisées par les précédents
gouvernements, mais n'ont malheureusement pas vu
le jour. D'où des éléphants blancs qui
enlaidissent la plupart de nos villes. Il n'y a
qu'à regarder par exemple du côté de la gestion
des fêtes tournantes...
De ce point de vue, on peut
dire que Jean Eyéghé Ndong et son gouvernement
devront prendre des mesures importantes pour
régler cette question sur l'efficacité de la
dépense au Gabon. Ce qui renvoie nécessairement
au problème de l'impunité, c'est-à-dire la
quadrature du cercle.