Pour moi quoi…
On parle beaucoup de tourisme
ces jours-ci et de la Pointe-Denis - où a été
signée l'autre jour une convention avec des
opérateurs économiques, que j'ai lu hier dans
mon Premier grand quotidien - comme un coin de
paradis sur terre. je ne veux pas jouer les
Cassandre, mais la double question que je me
pose est la suivante: pour combien de temps
encore et au profit de qui ce lieu
continuera-t-il d'être paradisiaque ?
Le petit-frère du neveu de la
cousine de l'oncle de ma "bonamie"; c'est-à-dire
mon propre "mougoye"', qui a fait un tour là-bas
samedi anglais en est revenu perplexe. Primo: il
n'y a pas si longtemps, on y allait pour 6 à 8
000 dôlês. Maintenant, c'est 10 000 qu'il faut
débourser: A ce train-là, on est parti pour un
vrai tourisme de (grand) luxe.
Deusio - et c'est la preuve
que l'endroit est désormais sélect ; les petits
pécheurs n'ont plus cet espace convivial qui
était le leur - je pense au ponton qui existait
au temps du Dialogue - et plus aucun parmi eux
ne peut dorénavant pratiquer de pêche à la
ligne. Balancer sa canne et y ramener un gros
capitaine, par exemple (au fait, il y en a de
moins en moins dans nos marchés, ceci explique
peut-être cela), est un plaisir à ranger au
rayon des souvenirs. Par contre, les pancartes
"plage privée" fleurissent un peu partout, ce
qui est choquant.
Tertio, je m'interroge sur la
préservation de l'environnement là-bas. A croire
qu'on ne peut pas faire d'omelette touristique
(et économique de façon générale) sans casser
les oeufs de tortue ,marine. D'accord, il y a
cette apparence de propreté, mais on voit bien
que la plage n'a plus la même configuration,
qu'elle a l'air de s'éroder peut-être sous
l'action d'engins divers.
Et que dire de ces bateaux
(mon "mougoye" a même cru voir un pétrolier) qui
semblent trop près des côtes ? Le poisson dont
je parlais tantôt disparaîtra bientôt. Et avec
lui une certaine idée que moi et mes frères
amoureux de notre belle nature nous faisons de
son exploitation.
Pôvres de nous !
…Makaya