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Le quotidien l'Union du 14 Mars 2007

 

CINÉMA

Le Gabon primé au Fespaco

Le film de Imunga Ivanga "L'Ombre de Liberty" a reçu le prix du meilleur son parmi vingt longs métrages en compétition à Ouagadougou. En attendant sa programmation commerciale dans les salles de Libreville, la production bouclera vendredi prochain à Paris la semaine consacrée au cinéma gabonais dans le cadre du Ciné-club RFI.

LES lampions se sont éteints le dimanche 4 mars dernier à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, sur la 20 ème édition du Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco). Vingt films ont été retenus pour la compétition officielle de longs métrages, dont huit ont été primés, parmi lesquels "L'Ombre de Liberty" du jeune cinéaste gabonais Imunga Ivanga.

Le film qui parle de la liberté et de l'ambiguïté de l'homme a reçu le prix du meilleur son de long métrage pour son traitement exceptionnel dans la création des atmosphères, de la fabrication de sons, des bruitages, des musiques qui l'ont classés comme faisant partie d'un élément déterminant de la mise en scène du réalisateur.

Au finish, l'étalon d'or de Yénenga (Grand prix) a été attribué au Nigérian Newton Aduaka pour son film Ezra, qui raconte l'histoire d'un enfant soldat. L'étalon d'argent est allé au réalisateur camerounais Jean-Pierre Békolo pour les Saignantes, et le bronze à Daratt du Tchadien Mahamat- Saleh Haroun. Ainsi en a décidé le jury de long métrage présidé par le cinéaste camerounais Bassek ba Kobhio (Le Grand blanc de Lambaréné, Le silence de la forêt) habitué des coproductions avec le Gabon.

La particularité de cette édition est l'absence de films en compétition des grands cinéastes africains tels Sembène Ousmane, Souleymane Cissé, Gaston Kaboré, Idrissa Ouédraogo, Gnoan Bala; Mwezé Ngangura, Cheikh Omar Cissoko. En revanche, une nouvelle vague de cinéastes abordant le cinéma autrement, semble avoir pris le témoin des aînés en apportant une nouvelle dynamique. Est-ce un tournant majeur pour les cinémas d'Afrique ? Seule l'avenir nous le dira.

Dans tous les cas le Fespaco demeure la manifestation cinématographique la plus médiatisée du continent et un lieu de rencontre privilégié des professionnels.

DIVERSITE CULTURELLE• Le thème de cette 20ème édition a d'ailleurs été mis sous le sceau de "Cinéma africain et diversité culturelle". Une diversité que les professionnels du cinéma et de l'audiovisuel contribuent à enrichir de façon remarquable par la relation d'histoires et la création d'images, qui témoignent du vécu et des espoirs de nos sociétés -en perpétuels mouvements.

La question de la diversité culturelle étant un enjeu de la mondialisation et le secteur de l'audiovisuel et du cinéma est à la croisée des enjeux économiques et politiques du processus de mondialisation.

Le Fespaco est une biennale qui a plus de trente ans d'existence. Trente années de luttes, d'incertitudes, d'éternels recommencement, d'espoirs et de frustrations. Trente années durant lesquelles faire du cinéma dans nos pays, s'est parfois révélé être un devoir de mémoire, devoir d'avoir son propre reflet, devoir d'exister dans ce monde des images, devoir d'affirmer son identité. L'on a tout de même le sentiment d'une certaine immobilité dans l'organisation du festival, notamment dans les conditions de représentations des films en compétition et d'un parti pris dans le traitement réservé à certains films.

Qu'à cela ne tienne, l'ambiance exotique au rythme "bal poussière" qui caractérise ce festival ne doit pas remettre en question l'implication de cinéastes qui s'affirment de plus en plus et qui sont sorts de l'ornière de la pure revendication culturelle pour s'engager dans une création où la maîtrise artistique tient compte plus que jamais des questions majeures du continent. Et le formidable public ouagalais a su les accompagner dans cela en remplissant chaque jour davantage les "salles obscures" parfois aménagées en plein air.

Quant à l'Ombre de Liberty, en attendant d'autres festivals et sa programmation commerciale dans les salles de Libreville, il bouclera le vendredi 16 mars à Paris la première rétrospective consacrée au Cinéma gabonais dans le cadre du Ciné-club RFI, organisée conjointement par l'association Racines, le Centre national du cinéma (Cenaci) gabonais et Radio france internationale (Rfi).

Source : Journal L'Union Plus du 14 Mars 2007

 



   

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