CINÉMA
Le Gabon
primé au Fespaco
Le film de Imunga Ivanga
"L'Ombre de Liberty" a reçu le prix du meilleur
son parmi vingt longs métrages en compétition à
Ouagadougou. En attendant sa programmation
commerciale dans les salles de Libreville, la
production bouclera vendredi prochain à Paris la
semaine consacrée au cinéma gabonais dans le
cadre du Ciné-club RFI.
LES
lampions se sont éteints le dimanche 4 mars
dernier à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso,
sur la 20 ème édition du Festival panafricain de
cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco).
Vingt films ont été retenus pour la compétition
officielle de longs métrages, dont huit ont été
primés, parmi lesquels "L'Ombre de Liberty" du
jeune cinéaste gabonais Imunga Ivanga.
Le film qui parle de la
liberté et de l'ambiguïté de l'homme a reçu le
prix du meilleur son de long métrage pour son
traitement exceptionnel dans la création des
atmosphères, de la fabrication de sons, des
bruitages, des musiques qui l'ont classés comme
faisant partie d'un élément déterminant de la
mise en scène du réalisateur.
Au finish, l'étalon d'or de
Yénenga (Grand prix) a été attribué au Nigérian
Newton Aduaka pour son film Ezra, qui raconte
l'histoire d'un enfant soldat. L'étalon d'argent
est allé au réalisateur camerounais Jean-Pierre
Békolo pour les Saignantes, et le bronze à
Daratt du Tchadien Mahamat- Saleh Haroun. Ainsi
en a décidé le jury de long métrage présidé par
le cinéaste camerounais Bassek ba Kobhio (Le
Grand blanc de Lambaréné, Le silence de la
forêt) habitué des coproductions avec le Gabon.
La particularité de cette
édition est l'absence de films en compétition
des grands cinéastes africains tels Sembène
Ousmane, Souleymane Cissé, Gaston Kaboré,
Idrissa Ouédraogo, Gnoan Bala; Mwezé Ngangura,
Cheikh Omar Cissoko. En revanche, une nouvelle
vague de cinéastes abordant le cinéma autrement,
semble avoir pris le témoin des aînés en
apportant une nouvelle dynamique. Est-ce un
tournant majeur pour les cinémas d'Afrique ?
Seule l'avenir nous le dira.
Dans tous les cas le Fespaco
demeure la manifestation cinématographique la
plus médiatisée du continent et un lieu de
rencontre privilégié des professionnels.
DIVERSITE CULTURELLE• Le
thème de cette 20ème édition a d'ailleurs été
mis sous le sceau de "Cinéma africain et
diversité culturelle". Une diversité que les
professionnels du cinéma et de l'audiovisuel
contribuent à enrichir de façon remarquable par
la relation d'histoires et la création d'images,
qui témoignent du vécu et des espoirs de nos
sociétés -en perpétuels mouvements.
La question de la diversité
culturelle étant un enjeu de la mondialisation
et le secteur de l'audiovisuel et du cinéma est
à la croisée des enjeux économiques et
politiques du processus de mondialisation.
Le Fespaco est une biennale
qui a plus de trente ans d'existence. Trente
années de luttes, d'incertitudes, d'éternels
recommencement, d'espoirs et de frustrations.
Trente années durant lesquelles faire du cinéma
dans nos pays, s'est parfois révélé être un
devoir de mémoire, devoir d'avoir son propre
reflet, devoir d'exister dans ce monde des
images, devoir d'affirmer son identité. L'on a
tout de même le sentiment d'une certaine
immobilité dans l'organisation du festival,
notamment dans les conditions de représentations
des films en compétition et d'un parti pris dans
le traitement réservé à certains films.
Qu'à cela ne tienne,
l'ambiance exotique au rythme "bal poussière" qui
caractérise ce festival ne doit pas remettre en
question l'implication de cinéastes qui
s'affirment de plus en plus et qui sont sorts de
l'ornière de la pure revendication culturelle
pour s'engager dans une création où la maîtrise
artistique tient compte plus que jamais des
questions majeures du continent. Et le
formidable public ouagalais a su les accompagner
dans cela en remplissant chaque jour davantage
les "salles obscures" parfois aménagées en plein
air.
Quant à l'Ombre de Liberty,
en attendant d'autres festivals et sa
programmation commerciale dans les salles de
Libreville, il bouclera le vendredi 16 mars à
Paris la première rétrospective consacrée au
Cinéma gabonais dans le cadre du Ciné-club RFI,
organisée conjointement par l'association
Racines, le Centre national du cinéma (Cenaci)
gabonais et Radio france internationale (Rfi).