MESSAGE DU DIRECTEUR GENERAL
DE LA CAISTAB AUX PLANTEURS DU NORD
Assiste-t-on à la renaissance du cacao et du
café dans le Woleu-Ntem ?
Peu de temps après son
installation à la Direction générale de
la Caistab, le nouveau DG Mathias 0tounga
Ossibadjouo donne déjà des signaux forts pour
redynamiser un secteur laissé en jachère depuis
des années. En témoigne la mission effectuée la
semaine dernière, sous son impulsion express,
par urge délégation qui comprenait jusqu'au
Chargé de missions du président de la République
auprès de la Caistab, Guy-Christian Mavioga.
ALLONS-NOUS
vers une relance de l'activité cacaoyère et
caféière dans le Woleu-Ntem, réputé pour être la
province agricole par excellence ? C'est la
question qui taraude actuellement les esprits
des producteurs woleuntémois. La question
taraude d'autant plus que seulement quelques
semaines après son installation, le nouveau
directeur de la Caistab, Mathias Otounga
Ossibadjouo, à défaut d'effectuer lui-même le
déplacement, a envoyé une forte délégation dans
cette partie du Gabon.
Pour récolter, à la source,
les préoccupations des planteurs et les
difficultés auxquelles ils sont confrontés dans
leur activité quotidienne, la Caistab n' a donc
pas hésité à dépêcher auprès des producteurs de
cacao et de café, une délégation comprenant,
outre le Chargé de mission du président de la
République auprès du Dg de la Caistab,
Guy-Christian Mavioga, le conseiller et
représentant du directeur général, Cyrille
Aubame, le directeur de la Caisse cacao-café,
JeanFrédéric Ndong Ondo, et un autre conseiller
du DG, François Yanga.
Tout ce beau monde a été reçu
à la Maison du planteur à Oyem, après une brève
visite aux autorités administratives, par le
Délégué provincial de la Caistab, Jean-René
Moundounga.
La réunion avec la centaine
de producteurs venus des cinq départements de la
province, mais triés sur le volet du volume de
leurs productions respectives, a été l'occasion
pour e chef de délégation, représentant le
directeur général, M. Aubaine, de décliner la
nouvelle dynamique que l'Etat, par
l'intermédiaire du nouveau DG, entend désormais
impulser à la culture du cacao et du café dans
le pays, non seulement dans la perspective de l'après-pétrole,
mais aussi dans l'intérêt de la diversification
de l'économie nationale. « Mais la relance
pertinente de la filière ne sera possible que si
vous engagez votre propre volonté », a dit le
Porte-parole de M. Otounga Ossibadjouo. Voici
pour le message.
COMPLICATIONS. Et pour
les difficultés, on retient que dans la province
du Woleu-Ntem, les planteurs se sont montrés
globalement sceptiques quant au projet de
relance de la filière. « La relance avec qui,
par qui et avec quoi », s'est interrogé le
porte6parole ponctuel des planteurs, le Général
à la retraite Ngomo Mvé David, très applaudi par
l'assistance. L'homme a en effet évoqué les
multiples désillusions dont la culture du cacao
a été victime ces dernières années : absence
d'assistance technique de la part des agents du
ministère de tutelle, celui de l'Agriculture;
vieillissement des plantations dû au manque
d'entretien par des produits phytosanitaires;
vieillissement des planteurs eux-mêmes, donc
déficit de visibilité quant à la relève par les
jeunes.
Dans ce contexte difficile,
les planteurs disent n'avoir pas perçu de signal
fort de la part du gouvernement pour intéresser
les jeunes à cette culture. Au contraire, on a
eu l'impression, voire la certitude que l'Etat a
volontairement voulu décourager les producteurs.
Autrefois, a-t-on rappelé, la Sonadeci, qui a
pourtant bien rempli sa mission de promotion de
la filière, a purement et simplement été fermée.
Au-delà de tous ces griefs,
celui le plus couramment évoqué concerne les
promesses non tenues relatives au paiement
régulier d'une production déjà faible. A telle
enseigne que depuis trois ans, les planteurs
n'ont pas d'autre choix que d'aller écouler au
Cameroun voisin, à 200 francs le kilo, les 300
tonnes actuellement produits dans la province.
Pour donner une preuve du
découragement suscité dans cette province, on
évoque la production de cacao qui a enregistré
une baisse significative depuis quelques
décennies, assaut de 3000 tonnes en 199/80 à 300
tonnes en 2007. « L'Etat n'est pas étranger
à cette situation », se complait-on à dire.
Pour autant, la présence de
la délégation de la Caistab dans le Woleu-Ntem a
permis aux planteurs de se mettre à rêver de
nouveau. Notamment après que le directeur de la
Caisse cacao-café, Jean-Frédéric Ndong Ondo,les
a rassurés et satisfaits, surtout par sa
parfaite maîtrise du dossier cacao-café. Une
démonstration de force-savoir qui a suscité
l'adhésion des producteurs au projet de relance
de la filière. Il a notamment expliqué que le
cacao représente un des secteurs clés de la
politique économique de la province. Il faut
dire que l'homme a été aidé en cela par les
subtilités de la langue locale pour mieux
convaincre les planteurs, affirmant que la
nouvelle politique de la cacao-culture s'inscrit
dans le droit fil des actes à entreprendre dans
le cadre des Actes pour le Gabon.
Pour définitivement
convaincre l'assistance du nouvel élan pris par
les autorités pour la relance de cette filière,
le directeur de la Caisse cacao-café a procédé à
la distribution de machettes et de limes à
chacun des planteurs présents à la réunion. De
même, on leur a présenté la grande quantité de
produits phytosanitaires et les dix machines
destinées à l'entretien des plantations ramenées
de Libreville. « Tout ceci est pour vous », leur
a-t-il dit, recevant les bénédictions de tous
ces vieux.
La délégation a mis à profit
ce petit séjour dans le Woleu-Ntem pour
effectuer une visite au centre d'achat de Mitzic,
après un arrêt, à 70 km d'Oyem, dans une
plantation de 20 hectares, une des plus
importantes la province, et qui bénéficie de
l'assistance de la Délégation provinciale de la
Caistab.
Dernière chose, la province
du Woleu-Ntem compte, selon le dernier
recensement effectué en 2000, plus de 800
producteurs de cacao.