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Le quotidien l'Union du 13 Mars 2007

 

MESSAGE DU DIRECTEUR GENERAL DE LA CAISTAB AUX PLANTEURS DU NORD

Assiste-t-on à la renaissance du cacao et du café dans le Woleu-Ntem ?

Peu de temps après son installation à la Direction générale de la Caistab, le nouveau DG Mathias 0tounga Ossibadjouo donne déjà des signaux forts pour redynamiser un secteur laissé en jachère depuis des années. En témoigne la mission effectuée la semaine dernière, sous son impulsion express, par urge délégation qui comprenait jusqu'au Chargé de missions du président de la République auprès de la Caistab, Guy-Christian Mavioga.

ALLONS-NOUS vers une relance de l'activité cacaoyère et caféière dans le Woleu-Ntem, réputé pour être la province agricole par excellence ? C'est la question qui taraude actuellement les esprits des producteurs woleuntémois. La question taraude d'autant plus que seulement quelques semaines après son installation, le nouveau directeur de la Caistab, Mathias Otounga Ossibadjouo, à défaut d'effectuer lui-même le déplacement, a envoyé une forte délégation dans cette partie du Gabon.

Pour récolter, à la source, les préoccupations des planteurs et les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans leur activité quotidienne, la Caistab n' a donc pas hésité à dépêcher auprès des producteurs de cacao et de café, une délégation comprenant, outre le Chargé de mission du président de la République auprès du Dg de la Caistab, Guy-Christian Mavioga, le conseiller et représentant du directeur général, Cyrille Aubame, le directeur de la Caisse cacao-café, JeanFrédéric Ndong Ondo, et un autre conseiller du DG, François Yanga.

Tout ce beau monde a été reçu à la Maison du planteur à Oyem, après une brève visite aux autorités administratives, par le Délégué provincial de la Caistab, Jean-René Moundounga.

La réunion avec la centaine de producteurs venus des cinq départements de la province, mais triés sur le volet du volume de leurs productions respectives, a été l'occasion pour e chef de délégation, représentant le directeur général, M. Aubaine, de décliner la nouvelle dynamique que l'Etat, par l'intermédiaire du nouveau DG, entend désormais impulser à la culture du cacao et du café dans le pays, non seulement dans la perspective de l'après-pétrole, mais aussi dans l'intérêt de la diversification de l'économie nationale. « Mais la relance pertinente de la filière ne sera possible que si vous engagez votre propre volonté », a dit le Porte-parole de M. Otounga Ossibadjouo. Voici pour le message.

COMPLICATIONS. Et pour les difficultés, on retient que dans la province du Woleu-Ntem, les planteurs se sont montrés globalement sceptiques quant au projet de relance de la filière. « La relance avec qui, par qui et avec quoi », s'est interrogé le porte6parole ponctuel des planteurs, le Général à la retraite Ngomo Mvé David, très applaudi par l'assistance. L'homme a en effet évoqué les multiples désillusions dont la culture du cacao a été victime ces dernières années : absence d'assistance technique de la part des agents du ministère de tutelle, celui de l'Agriculture; vieillissement des plantations dû au manque d'entretien par des produits phytosanitaires; vieillissement des planteurs eux-mêmes, donc déficit de visibilité quant à la relève par les jeunes.

Dans ce contexte difficile, les planteurs disent n'avoir pas perçu de signal fort de la part du gouvernement pour intéresser les jeunes à cette culture. Au contraire, on a eu l'impression, voire la certitude que l'Etat a volontairement voulu décourager les producteurs. Autrefois, a-t-on rappelé, la Sonadeci, qui a pourtant bien rempli sa mission de promotion de la filière, a purement et simplement été fermée.

Au-delà de tous ces griefs, celui le plus couramment évoqué concerne les promesses non tenues relatives au paiement régulier d'une production déjà faible. A telle enseigne que depuis trois ans, les planteurs n'ont pas d'autre choix que d'aller écouler au Cameroun voisin, à 200 francs le kilo, les 300 tonnes actuellement produits dans la province.

Pour donner une preuve du découragement suscité dans cette province, on évoque la production de cacao qui a enregistré une baisse significative depuis quelques décennies, assaut de 3000 tonnes en 199/80 à 300 tonnes en 2007. « L'Etat n'est pas étranger à cette situation », se complait-on à dire.

Pour autant, la présence de la délégation de la Caistab dans le Woleu-Ntem a permis aux planteurs de se mettre à rêver de nouveau. Notamment après que le directeur de la Caisse cacao-café, Jean-Frédéric Ndong Ondo,les a rassurés et satisfaits, surtout par sa parfaite maîtrise du dossier cacao-café. Une démonstration de force-savoir qui a suscité l'adhésion des producteurs au projet de relance de la filière. Il a notamment expliqué que le cacao représente un des secteurs clés de la politique économique de la province. Il faut dire que l'homme a été aidé en cela par les subtilités de la langue locale pour mieux convaincre les planteurs, affirmant que la nouvelle politique de la cacao-culture s'inscrit dans le droit fil des actes à entreprendre dans le cadre des Actes pour le Gabon.

Pour définitivement convaincre l'assistance du nouvel élan pris par les autorités pour la relance de cette filière, le directeur de la Caisse cacao-café a procédé à la distribution de machettes et de limes à chacun des planteurs présents à la réunion. De même, on leur a présenté la grande quantité de produits phytosanitaires et les dix machines destinées à l'entretien des plantations ramenées de Libreville. « Tout ceci est pour vous », leur a-t-il dit, recevant les bénédictions de tous ces vieux.

La délégation a mis à profit ce petit séjour dans le Woleu-Ntem pour effectuer une visite au centre d'achat de Mitzic, après un arrêt, à 70 km d'Oyem, dans une plantation de 20 hectares, une des plus importantes la province, et qui bénéficie de l'assistance de la Délégation provinciale de la Caistab.

Dernière chose, la province du Woleu-Ntem compte, selon le dernier recensement effectué en 2000, plus de 800 producteurs de cacao.

Source : Journal L'Union Plus du 13 Mars 2007

 



   

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