TRANSPORTS URBAINS/GRÈVE DES
TAXIMEN
Arrêt de
travail pour les uns, hausse des tarifs pour les
autres
Hier, les Librevillois,
contraints à la marche, ont fait les frais de la
grève des taximen. Quelques jours auparavant,
les transporteurs péri-urbains avaient revu à la
hausse leurs tarifs. Ce cafouillage résulte de
la décision du gouvernement d'augmenter de plus
de 20% le prix du carburant.
COMME
ils font annoncé samedi dernier lors de leur
assemblée générale, les transporteurs urbains
ont débuté hier leur mouvement de grève de deux
jours. Ils s'insurgent contre la décision du
gouvernement d'augmenter de plus de 20% les prix
du super et du gasoil. Une décision jugée
"totalitaire" par ces opérateurs économiques.
Cette situation était quelque
peu prévisible. Car, dès l'annonce de cette
mesure, les transporteurs routiers avaient
menacé de cesser leurs activités ou de revoir à
la hausse les tarifs de transport actuellement
en cours.
Et comme le Premier ministre
jean Eyéghé Ndong a confirmé la décision, lors
de la présentation de son programme de politique
à Assemblée nationale vendredi dernier, les
transporteurs sont passés à l'acte. Les
premières victimes de cette grève sont, une fois
de plus, des compatriotes qui n'ont que le taxi
comme unique moyen de déplacement.
Hier, les Librevillois ont
donc marché. Certains ont emprunté des
automobiles de fortune, communément appelées
"clandos". Mais, d'une manière générale, des
attroupements étaient visibles à différentes
artères de Libreville, dans l'attente d'un
hypothétique taxi. Certains notamment ceux
travaillant dans le secteur privé, ont préféré
marcher pour ne pas être absent à leur poste.
Par contre, d'autres,
particulièrement les fonctionnaires non
véhiculés, ont regagné leurs domiciles après une
longue attente.
La Société gabonaise de
transports (Sogatra) n'étant pas capable
de satisfaire la forte demande, à Rio, des
élèves ont manifesté leur mécontentement pour
n'avoir pas pu se rendre dans leurs
lycées et collèges respectifs, faute de taxis.
Pour les leaders syndicaux,
la circulation d'une minorité de taxis n'est pas
une preuve de solidarité vis-à-vis de la
corporation. "C'est une attitude que nous
condamnons, d'autant plus que la revendication,
si elleestsa6sfaite,profitera à tous les
consommateurs d'hydrocarbures, y compris les
entreprises comme la SEEG, la Setrag, les
forestiers, etc", a déploré Jean-Robert
Menié, président du Syltteg.
Mais les taximen ne sont les
seuls à exprimer ce désarroi face à la décision
gouvernementale. Il y a près d'une semaine, les
transporteurs péri-urbains ont, en effet, revu à
la hausse les tarifs de transport. C'est le cas,
par exemple, de ceux qui exercent sur l'axe
Libreville-Ntoum. Ils exigent au passager de
payer désormais le double de ce qu'ils
déboursaient jusqu'ici (500 F). Soit la somme de
1000 F. La situation qui prévaut en ce moment
était d'autant plus prévisible que le
gouvernement, à l'issue de la hausse des prix du
carburant, n'a pris aucune disposition pour
satisfaire le manque à gagner des transporteurs.
Ce qu'il faut craindre ici,
c'est de voir des compatriotes abandonner le
chemin de l'intérieur du pays à cause des tarifs
revus à la hausse. Raymond Ndong Sima, directeur
de Voyages et loisirs des tropiques (une agence
de voyages qui dessert la province du Woleu-Ntem),
avait déjà prévenu que cette la décision
gouvernementale sera répercutée sur les tarifs
de transport.