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Le quotidien l'Union du 12 Mars 2007

 

39 EME ANNIVERSAIRE DU PARTI DÉMOCRATIQUE GABONAIS

Dans un contexte politique trouble et social difficile

Cadres, militants et dirigeants de la principale formation politique du pays se sont retrouvés, hier matin, lors d'une parade sur le boulevard du bord de mer, avant la visite des stands, ce lundi 12 mars, organisée à Gabon Expo. Cette fête intervient au moment où de nombreux pédégistes émettent des craintes face à l'immobilisme observé au sein des structures du parti, et pendant que l'opinion nationale s'inquiète des effets pervers de certaines mesures.

LE Parti démocratique gabonais, au pouvoir, célèbre le 39 ème anniversaire de sa création dans un contexte politique quelque peu trouble et social difficile, avec l'organisation hier, dimanche 11, d'un défilé sur le boulevard de l'Indépendance, suivi, ce lundi 12 mars 2007, d'une journée culturelle à Gabon Expo.

Intervenant près de trois mois après les élections législatives au terme desquelles le parti du président Omar Bongo Ondimba a remporté un nouveau succès électoral à l'Assemblée nationale, cet anniversaire n'a pas connu le grand engouement et la mobilisation des précédentes commémorations du 12 mars. Cela, sans nul doute, en raison de la nouvelle orientation culturelle donnée à cet événement par l'instance dirigeante de l'ancien parti unique, mais aussi, du lourd climat politique et social qui règne dans le pays depuis ces dernières semaines.

En effet, si l'on n'a pas enregistré la même mobilisation des grands jours à laquelle les pédegistes nous ont habitués à l'occasion de la fête du 12 mars, malgré la présence hier des groupes socioculturels, des fédérations de Libreville, Owendo, l'on a noté que le Parti démocratique gabonais ne s'est pas donné les moyens de marquer l'évènement d'une pierre blanche, comme ce fut Ie cas, lors des 37 et 38 èmes anniversaires. Il a donné plutôt l'impression, puisqu'intervenant en année post-électorale, que la commémoration de la fête du parti prend toute son ampleur en fonction du calendrier électoral. C'est la preuve encore que le PDG demeure davantage une machine électorale bien huilée et destinée - et c'est naturel- à se maintenir au pouvoir et non seulement un parti festif. Car, à la suite des précédents succès électoraux déjà remportés, l'ancien parti unique s'est mobilisé pour maintenir intacte son hégémonie dans le pays. Un leadership résultant de son implantation territoriale confortée par la personnalité d'hommes et de femmes qui défendent ses couleurs, mais aussi et surtout, du charisme de. son président-fondateur, Omar Bongo Ondimba, à la tête du pays depuis plus de trois décennies.

REFORMES. Bien que cette domination de la scène politique nationale reste incontestable au regard de la configuration institutionnelle et administrative du pays, elle n'occulte pas la présence de pesanteurs ainsi que des insuffisances dans l'appareil du premier grand parti politique. Lequel tarde réellement à se vêtir des nouveaux habits souhaités par son président-fondateur, en dépit des grandes réformes initiées en son sein lors du congrès de la Refondation tenu a Libreville les 19 et 20 juillet 2003 dans le but d'apprêter le PDG, aussi bien dans sa ligne politique que dans son organisation, afin de lui permettre de relever les nouveaux défis qui se posent à lui et au pays, plus généralement.

Un constat découlant du fait, qu'en dehors de l'UFPDG qui maintient une certaine présence somme toute dynamique sur le terrain, d'autres structures semblent, plutôt, se complaire dans l'immobilisme énoncé, d'ailleurs, à mots couverts par de nombreux militants et même, sur la place publique, par certains hauts cadres, dont Me Louis-Gaston Mayila, vice-président du PDG. Ce dernier, hiérarque du parti, visiblement à l'étroit, est à nouveau engagé dans une logique de rupture en menaçant, une fois de plus, de vouloir sortir de la « maison du père » où, disait-il, « il y a une place pour chaque enfant » , confirmant ainsi son côté versatile, voire, inconstant dans son combat politique. Cela dit, dans leur immense majorité, les pédégistes qui se plaignent dénoncent, non seulement, l'immobilisme inquiétant,l'absence de stratégie de victoire, mais ils s'insurgent aussi contre l'absence de débat interne sur de nombreuses questions d'intérêt partisan et national. De même, ils s'étonnent de la non tenue, en dehors de quelques rencontres du bureau exécutif, de réunions des instances supérieures destinées à tirer les enseignements des dernières consultations électorales à l'issue desquelles le parti au pouvoir a tenu 84 sièges à l'Assemblée nationale. Cela, il faut le rappeler, avec des résultats atteignant difficilement la barre des 50% pour la plupart de ses élus.

Une situation qui, aux dires de nombreux pédégistes, devrait amener cette formation politique à repenser sa stratégie dans la perspective des élections locales qui s'annoncent difficiles pour leur parti politique. Tant le risque est grand de voir cette formation politique perdre le contrôle de nombreuses municipalités et assemblées départementales face à l'opposition gabonaise, dont la percée dans la plupart des circonscriptions électorales a été observée. Ce groupement politique s'étant positionné, soit au premier rang, ou encore, au second rang, sinon, au troisième, lors du dernier vote à un tour organisé dans le pays.

MESURES SOCIALES. Mais, à cette inquiétude perceptible dans la troupe pédégiste où règne une atmosphère assez trouble consécutive à l'exacerbation des rivalités entre hiérarques, au non respect de la discipline par certains militants, aux manœuvres de déstabilisation orchestrées contre certains acteurs et autres coups bas, s'ajoute celle causée par les relations sur fond d'hypocrisie qu'il entretient avec ses alliés ainsi que les rumeurs d'invalidation de certaines élections, les menaces de désordre proférées par certains partis politiques, et autres pratiques enregistrées çà et là, au moment où la Cour constitutionnelle examine le contentieux électoral. Autant d'éléments qui ne militent pas pour la consolidation de la cohésion et du climat apaisé ayant prévalu, jusque-là, dans le pays. Et qui a contraint le ministre d'Etat à l'Intérieur, André Mba Obame à faire, dernièrement, une déclaration au ton de fermeté qui s'inscrivait dans une logique de prévention.

Reste que parti majoritaire au Parlement, composant le gros du gouvernement Eyéghé Ndong formé le 25 janvier dernier, le PDG a une grande responsabilité dans la gestion des affaires du pays. A ce titre, il a, à son actif, les premiers résultats positifs enregistrés au plan social, notamment, dans la mise en oeuvre du programme sur la base duquel le chef de l'Etat a été élu en 2005. En revanche, il assume les contres-performances de cette équipe gouvernementale et les actes posés jugés impopulaires par les populations et les autres acteurs du jeu politique national.

Sur ce registre, il faut dire, qu'après les coupures intempestives d'électricité enregistrées pendant plusieurs jours dans la capitale et que la SEEG a tentés de justifier, sans trop convaincre, par la faiblesse de la pluviométrie et le niveau bas de l'eau du barrage début 2007, les températures particulièrement élevées augmentant la demande, la conséquence des travaux et autres, les dernières mesures gouvernementales d'augmentation des prix du carburant à la pompe ont davantage alourdi le climat social dans le pays.

D'autant que les effets pervers de cette mesure destinée à engranger des économies à l'Etat pour financer le social à travers le train de mesures annoncées par le ministre d'Etat à l'Economie et aux Finances, Paul Toungui, suscitent de sérieuses craintes dans l'opinion. Ce qui est naturellement un sujet de préoccupation pour l'ensemble des composantes politiques du pays, des syndicats et surtout des ménages les plus faibles et vulnérables qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts.

Une situation qui avait conduit de nombreuses forces syndicales et même des leaders des partis politiques, notamment, Pierre Mam boundou, Zacharie Myboto , lors de la présentation, vendredi dernier, par le Premier ministre, du discours de politique générale, à plaider pour un contrôle des effets pervers de ces mesures. Mais, aussi, l'élargissement des autres actions de gratuité des soins et la hausse des salaires à toutes les couches sociales du pays. Ce qui ne semble pas encore être le cas, le Centre hospitalier de Libreville étant, pour l'heure, le seul bénéficiaire de la mesure de gratuité des soins. Au niveau salarial, seul le secteur public bénéficie de la hausse du Smig, le monde des travailleurs étant toujours en pourparlers avec les autres partenaires. D'où les grèves et autres menaces de débrayages enregistrés ces dernières semaines dans plusieurs secteurs de la vie économique. Et la situation de tension sociale qui règne principalement dans la capitale gabonaise.

Source : Journal L'Union Plus du 12 Mars 2007

 



   

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