HAUSSE DES PRIX DES CARBURANTS
La
contestation des syndicats
Quatre formations syndicales,
celles des employés du pétrole, des travailleurs
des assurances, des établissements de crédit
ainsi que des personnes du secteur eau et
électricité, ont désapprouvé cette augmentation,
au cours d'un point-presse tenu jeudi au
Méridien Ré-Ndama, relevant les risques que
ferait peser sur la paix sociale le maintien de
cette mesure.
LE
nouveau barème des prix de carburants découlant
d'une mesure prise par le gouvernement en fin de
semaine derrière a suscité de vives
protestations de la part des consommateurs.
Ainsi, à la faveur d'un point-presse tenu jeudi
au Méridien RéNdama, quatre structures
syndicales, l'Onep (Organisation nationale des
employés du pétrole), le Synata (Syndicat
national des travailleurs des assurances), le
Synec (Syndicat national des établissements de
crédit) ainsi que le Sypeg (Syndicat des
personnes du secteur eau et électricité du
Gabon), ont exprimé leur position face à cette
initiative "qui a pour conséquence
directe une diminution du pouvoir d'achat des
citoyens gabonais".
Le secrétaire général de l'Onep,
Guy Roger Aurat Réténo, chargé de délivrer le
message, est revenu sur les propos du ministre
d'Etat en charge de l'Economie, des Finances, du
Budget et des Privatisations (l'Union du 5 mars
2007) justifiant cette décision par "l'incontournable
nécessité pour le gouvernement de revenir à
l'indexation des prix des produits pétroliers
(..) compte tenu de l'augmentation fulgurante du
prix de l'or noir sur le marché international
depuis 2002 passant de 24,97 dollars à 69,62 le
baril en 2006 qui commençait à peser sur les
finances publiques"
L'orateur y a noté "des
contradictions notoires" laissant perplexes
beaucoup de Gabonais qui peuvent être amenés à
douter des réelles motivations du gouvernement
et de la portée sociale de ces mesures.
Comment expliquer, selon le
ministre d'État, que cette augmentation des prix
de carburant permettait d'assainir les finances
publiques se transformait le Lendemain, dans les
mêmes colonnes, "par on ne sait quel tour de
magie, en des économies devant servir à financer
des mesures sociales ?": Il y a lieu d'être
dubitatif, estime Guy Roger Aurat Réténo faisait
référence à la publication faite par le
ministère des Finances (l'Union du 6 mars 2007).
Mais là où le doute n'est pas
permis, a-t-il poursuivi, c'est sur l'érosion du
pouvoir d'achat - du moins ce qu'il en reste
chez les rares Gabonais qui peuvent encore se
targuer d'en avoir un - que cette mesure va
encore sensiblement obérer.
Avant de renchérir : Pendant
que le pays s'enrichir et avec lui une
minorité de technocrates et d'hommes politiques
peu scrupuleux qui s'illustrent par des
détournements impunis des deniers publics,
érigés en facteur d'ascension sociale, la
majorité s'appauvrit un peu plus, chaque jour
que Dieu fait..." .
Le ministre d'Etat, a-t-il
fait observer, aurait été plus objectif, évitant
d'établir "des comparaisons sélectives et
opportunes avec les autres pays de la zone
franc"; s'il avait dans le même temps
indiqué (de 2002 à 2006) les hypothèses
budgétaires du Gabon avec les prix théoriques du
pétrole brut.
En plus ses réalisations
budgétaires avec les prix réels, les surplus de
recettes engrangées du fait de la forte
augmentation du prix de l'or noir (plus forte en
pourcentage que l'a été la baisse de la
production pétrolière), l'usage fait de ces
excédents, etc. Énumérant au passage les prix du
brut sorti de la Sogara et faisant ressortir la
marge qui existait avec celui vendu aux
consommateurs. Citant quelques exemples: un
litre du super sorti de la société de raf finage
coûtait 214,78 francs, alors qu'il était vendu à
464 à Moanda, à 463 à Ndjolé et à 450 à
Libreville et à Port-Gentil, tandis que le
gasoil parti de Sogara à 12,66 francs vendu à
Moanda à 359, à Ndjolé à 357 et à Libreville et
Port -Gentil à 345.
Pendant que le coût du
pétrole sorti de Sogara à 143,48 FCFA arrivait à
Ndjolé à 236 FCFA et à 225 à Libreville et
Port-Gentil : la différence empochée par le
gouvernement et les différents intervenants au
moyen notamment des TVA, taxes et marges
diverses.
A la lumière de ce catalogue
assorti de détails, toutes ces taxes, a encore
relevé Guy Roger Aurat Réténo, n'offrent
d'autres choix aux populations gabonaises que de
vivre l'expérience négative d'un niveau de vie
de plus en plus accablant, faisant d'elles des
victimes et non des bénéficiaires de cette
richesse nationale qu'est le pétrole.
"Nous restons pour l'heure
vigilants et à l'écoute de l'accueil que le
gouvernement voudra bien accorder au contenu et
à la portée du message délivré..."; a-t-il
conclu.