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Le quotidien l'Union du 10 et 11 Mars 2007

 

HAUSSE DES PRIX DES CARBURANTS

La contestation des syndicats

Quatre formations syndicales, celles des employés du pétrole, des travailleurs des assurances, des établissements de crédit ainsi que des personnes du secteur eau et électricité, ont désapprouvé cette augmentation, au cours d'un point-presse tenu jeudi au Méridien Ré-Ndama, relevant les risques que ferait peser sur la paix sociale le maintien de cette mesure.

LE nouveau barème des prix de carburants découlant d'une mesure prise par le gouvernement en fin de semaine derrière a suscité de vives protestations de la part des consommateurs. Ainsi, à la faveur d'un point-presse tenu jeudi au Méridien RéNdama, quatre structures syndicales, l'Onep (Organisation nationale des employés du pétrole), le Synata (Syndicat national des travailleurs des assurances), le Synec (Syndicat national des établissements de crédit) ainsi que le Sypeg (Syndicat des personnes du secteur eau et électricité du Gabon), ont exprimé leur position face à cette initiative "qui a pour conséquence directe une diminution du pouvoir d'achat des citoyens gabonais".

Le secrétaire général de l'Onep, Guy Roger Aurat Réténo, chargé de délivrer le message, est revenu sur les propos du ministre d'Etat en charge de l'Economie, des Finances, du Budget et des Privatisations (l'Union du 5 mars 2007) justifiant cette décision par "l'incontournable nécessité pour le gouvernement de revenir à l'indexation des prix des produits pétroliers (..) compte tenu de l'augmentation fulgurante du prix de l'or noir sur le marché international depuis 2002 passant de 24,97 dollars à 69,62 le baril en 2006 qui commençait à peser sur les finances publiques"

L'orateur y a noté "des contradictions notoires" laissant perplexes beaucoup de Gabonais qui peuvent être amenés à douter des réelles motivations du gouvernement et de la portée sociale de ces mesures.

Comment expliquer, selon le ministre d'État, que cette augmentation des prix de carburant permettait d'assainir les finances publiques se transformait le Lendemain, dans les mêmes colonnes, "par on ne sait quel tour de magie, en des économies devant servir à financer des mesures sociales ?": Il y a lieu d'être dubitatif, estime Guy Roger Aurat Réténo faisait référence à la publication faite par le ministère des Finances (l'Union du 6 mars 2007).

Mais là où le doute n'est pas permis, a-t-il poursuivi, c'est sur l'érosion du pouvoir d'achat - du moins ce qu'il en reste chez les rares Gabonais qui peuvent encore se targuer d'en avoir un - que cette mesure va encore sensiblement obérer.

Avant de renchérir : Pendant que le pays s'enrichir et avec lui une minorité de technocrates et d'hommes politiques peu scrupuleux qui s'illustrent par des détournements impunis des deniers publics, érigés en facteur d'ascension sociale, la majorité s'appauvrit un peu plus, chaque jour que Dieu fait..." .

Le ministre d'Etat, a-t-il fait observer, aurait été plus objectif, évitant d'établir "des comparaisons sélectives et opportunes avec les autres pays de la zone franc"; s'il avait dans le même temps indiqué (de 2002 à 2006) les hypothèses budgétaires du Gabon avec les prix théoriques du pétrole brut.

En plus ses réalisations budgétaires avec les prix réels, les surplus de recettes engrangées du fait de la forte augmentation du prix de l'or noir (plus forte en pourcentage que l'a été la baisse de la production pétrolière), l'usage fait de ces excédents, etc. Énumérant au passage les prix du brut sorti de la Sogara et faisant ressortir la marge qui existait avec celui vendu aux consommateurs. Citant quelques exemples: un litre du super sorti de la société de raf finage coûtait 214,78 francs, alors qu'il était vendu à 464 à Moanda, à 463 à Ndjolé et à 450 à Libreville et à Port-Gentil, tandis que le gasoil parti de Sogara à 12,66 francs vendu à Moanda à 359, à Ndjolé à 357 et à Libreville et Port -Gentil à 345.

Pendant que le coût du pétrole sorti de Sogara à 143,48 FCFA arrivait à Ndjolé à 236 FCFA et à 225 à Libreville et Port-Gentil : la différence empochée par le gouvernement et les différents intervenants au moyen notamment des TVA, taxes et marges diverses.

A la lumière de ce catalogue assorti de détails, toutes ces taxes, a encore relevé Guy Roger Aurat Réténo, n'offrent d'autres choix aux populations gabonaises que de vivre l'expérience négative d'un niveau de vie de plus en plus accablant, faisant d'elles des victimes et non des bénéficiaires de cette richesse nationale qu'est le pétrole.

"Nous restons pour l'heure vigilants et à l'écoute de l'accueil que le gouvernement voudra bien accorder au contenu et à la portée du message délivré..."; a-t-il conclu.

Source : Journal L'Union Plus du 10 et 11 Mars 2007

 



   

LE PREMIER MINISTRE HIER DEVANT LES DÉPUTÉS
Le discours de la méthode

ASSEMBLÉE NATIONALE VOTE DE CONFIANCE AU PREMIER MINISTRE CHEF DU GOUVERNEMENT
Jean Eyéghé Ndong obtient le soutien de la représentation nationale

DÉBATS
La majorité divisée, l'opposition dubitative

HAUSSE DES PRIX DES CARBURANTS
La contestation des syndicats

Pour moi quoi...Makaya
NZA Fe ayant prononcé hier son "discours de la méthode"; moi, Makaya