DÉBATS
La
majorité divisée, l'opposition dubitative
SELON les usages en vigueur à
l'Assemblée nationale et eu égard aux
prescriptions de la loi fondamentale, la
déclaration de politique générale du Premier
ministre, chef du gouvernement est toujours
suivie du vote de confiance, lequel est précédé
d'un débat entre les présidents des groupes
parlementaires qui réagissent aux orientations
politiques déclinées par le Premier ministre qui
en retour réagit aux observations qui lui sont
faites par les députés.
Au nombre de cinq, les
présidents des groupes parlementaires GDR
(Groupe des démocrates républicains), du FDC
(Force du changement), du RPG (Rassemblement
pour le Gabon), de l'UPG (l'Union du peu le
gabonais) et du PDG (parti démocratique
gabonais) se sont tour à tour succédé à la
tribune pour les uns manifester le doute de voir
les différentes actions déclinées se réaliser,
et pour les autres soutenir le Premier ministre
dans son engagement à améliorer le vécu
quotidien des gabonais.
A l'évidence, ce sont deux
points de vue contradictoires qui se sont
exprimés hier à l'Assemblée nationale. Les
premiers, le FDC (composés par les députés de l'UGDD,
de CDJ et le PGP), l'UPG, tous bien évidemment
de l'opposition mais aussi le RPG pourtant de la
majorité, n'ont pas été pour le moins tendres
avec le Premier ministre. Pour essuyer les
plâtres dans cet exercice de dénonciation tous
azimuts; Zacharie Myboto, le président du groupe
FDC. Pour lui, la volonté manifestée par le
Premier ministre, à travers sa déclaration de
politique générale, n'a "aucune lisibilité ni
fil conducteur. C'est du pilotage à vue". De
plus poursuit-il, il ne suffit pas seulement de
manifester la volonté de bien faire, encore
faudrait-il la traduire en actes. Et les
premiers signaux de cette volonté, selon le
président de l'UGDD, devait venir de la
recomposition du gouvernement. Alors que
celui-ci fait état des difficultés financières
que rencontre la pays, la précarité des
populations, etc., il constate en même temps que
la nouvelle configuration du gouvernement, au
regard du nombre excessif de ses membres (50),
n'extériorise nullement une quelconque volonté
de voir les choses évoluer dans le sens souhaité
par le Premier ministre.
C'est également le sentiment
exprimé par le président du groupe parlementaire
UPG, et non moins président du parti éponyme,
Pierre Mamboundou. Pour lui, l'analyse de la
déclaration du Premier ministre fait ressortir
bien plus de carences que d'éléments sur quoi
fonder de l'espoir. D'autant qu'il aurait
souhaité voir le chef du gouvernement adopter
une démarche consistant dans un premier temps à
faire le bilan des actions qu'il a déjà
accomplies dans le cadre du projet de société du
président de la République "Mon projet, des
actes pour le Gabon" d'en évaluer les
progrès réalisés et les projets qui restent à
accomplir à court, moyen et long termes par
rapport aux moyens disponibles. Le doute est
grand chez l'opposant de voir les projets
énoncés par Jean Eyéghé Ndong se réaliser. En
l'occurrence, en ce qui concerne l'habitat où là
seuls 7 milliards sont inscrits dans le budget
2007 alors que les besoins sont estimés pour
cette année seulement à 18 milliards.
Pour Pierre Mamboundou en tout cas "les actes
pour le Gabon semblent se déterminer
d'eux-mêmes, à la remorque des faits".
Ce qui n'est nullement l'avis
du président du groupe parlementaire PD G, Luc
Marat Abylat et de celui du GRD, Aimé César
Mandoukou Mandoukou. L'un et l'autre croient non
seulement en l'application "positive" par le
gouvernement du projet de société du président
de la République, mais soutiennent de plus
l'action du gouvernement. Ce qui ne les a
nullement empêchés de demander au Premier
ministre d'accélérer le processus de mise en
route des actions qui restent à accomplir pour
le bien des Gabonais.