ASSEMBLÉE NATIONALE VOTE DE
CONFIANCE AU PREMIER MINISTRE CHEF DU
GOUVERNEMENT
Jean
Eyéghé Ndong obtient le soutien de la
représentation nationale
L'hôte des députés qui a
dévoilé, hier au palais Léon Mba, le programme
politique de son gouvernement, s'est vu accorder
la confiance des élus (103 voix pour et 15
contre) à la suite d'un débat entre les
présidents des groupes parlementaires. Une façon
pour Guy Nzouba Ndama et ses collègues, de le
renvoyer désormais à l'exercice de ses
fonctions.
Conformément
aux dispositions constitutionnelles, l'Assemblée
nationale a consacré une séance plénière à la
Déclaration de politique générale du Premier
ministre chef du gouvernement. C'est donc dans
ce cadre que Jean Eyéghé Ndong s'est rendu au
palais Léon Mba, hier après-midi. L'hôte du
président de la représentation nationale, Guy
Nzouba Ndama, et ses collègues députés, était
accompagné des membres de son gouvernement. La
séance qui a débuté à 16 heures s'est terminée
tard dans la nuit.
Après avoir rappelé les
règles du jeu, conformément au règlement
intérieur de son institution, le président de
l'Assemblée nationale a donné la parole au chef
du gouvernement afin qu'il dévoile les grands
axes de sa politique. Jean Eyéghé Ndong a
réitéré solennellement sa «profonde et
respectueuse gratitude» au chef de l'Etat, Omar
Bongo Ondimba, pour l'avoir reconduit à la tête
du gouvernement de la République. Tout comme il
a souligné que le programme de politique
générale vise à décliner les grandes
orientations du gouvernement pour la mise en
oeuvre du projet de société du président de la
République: "Mon Projet les Actes pour
le Gabon" Par rapport à la déclaration du
Premier ministre qui a duré 1 h-30, on retiendra
que d'une manière générale, le locataire du
2-Décembre appliquera une nouvelle stratégie
visant la stimulation de la croissance
économique et la création des richesses.
Lesquelles seront redistribuées pour le
développement de secteurs sociaux précis.
Cette nouvelle stratégie de
croissance implique que le gouvernement se dote
d'un budget d'investissement conséquent pour la
relance économique. Ce qui, selon le Premier
ministre, conduit à de nouveaux arbitrages qui
s'inscrivent dans une nouvelle approche
budgétaire. II s'agira ici de mettre en place
des budgets-programmes comportant des priorités
sectorielles.
INFRASTRUCTURES DE CROISSANCE
• Dans cette perspective, le gouvernement
envisage de privilégier ses actions dans ce que
le Premier ministre a appelé "les
infrastructures de croissance", en raison de
leur fort impact sur l'économie et sur l'emploi.
Dans ce registre, l'hôte des députés place la
route (en citant des axes précis) ; les
activités maritimes avec le renforcement du port
d'Owendo, l'aménagement d'une nouvelle zone
industrielle dans la zone d'Owendo, l'extension
des structures du port de Port-Gentil, la
construction du port de Mayumba, etc.
Toujours au titre des
infrastructures de croissance, l'intervenant a
cité les équipements aéroportuaires. Notamment
avec la construction du nouvel aéroport
international de Libreville, la réhabilitation
et la modernisation de six aéroports provinciaux
(Franceville, Port-Gentil, Lambaréné, Mouila,
Tchibanga, Koula-Moutou Makokou, Omboué, Oyem et
Bitam). A cela, il faut ajouter les services de
transports, les bâtiments et travaux publics,
etc.
La diversification de
l'économie vient aussi en bonne position parmi
les facteurs de croissance et la création
d'emplois. Et sur ce plan, le Chef du
gouvernement retient plusieurs secteurs dont l'a
ri culture, la forêt, la pêche, l'aquaculture,
les parcs nationaux, l'environnement, et les
mines. Notamment le fer de Bélin5a, le manganèse
de Ndlole, le niobium de Mabounié...
Au niveau de la
redistribution des richesses, le Premier
ministre entend privilégier des actions en
faveur du social. Ce qui se traduit par le
renforcement de la lutte contre le chômage et la
pauvreté. Ici, Jean Eyeghé Ndong retient le
développement des PMEPMI, le renforcement de la
politique du micro-crédit, le développement de
l'économie sociale, la formation professionnelle
et technique.
Dans le même ordre d'idées,
le Chef du gouvernement accorde également une
place de choix à l'éducation, à la santé et à la
protection sociale ,ainsi qu'à la protection de
la veuve et de l'orphelin.
ENGAGEMENT. Au niveau de
la santé, l'action du gouvernement s'articulera
autour de l'amélioration de l'accessibilité aux
soins, la protection de la santé de la mère et
de l'enfant, l'amélioration de la qualité des
soins, et le renforcement de la lutte contre les
maladies. Et par rapport à la protection
sociale, l'intervenant s'est réjoui de la mise
en place de la Caisse nationale de l'Assurance
maladie et de garantie sociale (CNAM). «Qu'il me
soit permis, a dit le Premier ministre,
d'adresser à monsieur le président de la
République, chef de l'Etat, la reconnaissance du
gouvernement et de la nation tout entière pour
l'engagement, pour la volonté exprimée, pour la
détermination de faire aboutir ce grand projet
d'assurance maladie. Il a concrétisé l'acte
fondateur de la CNAM».
L'hôte des députés a souligné
que l'accent à mettre sur Ies différents
domaines énumérés ci-dessus ne relègue pas au
second rang la poursuite des efforts de l'Etat
dans tous les autres secteurs de la vie
nationale. Il pense notamment à la Défense
nationale, la sécurité des personnes et des
biens, la communication, la réforme
administrative, la culture, la jeunesse et les
sports, etc. Sur le plan de la politique
étrangère, en matière de maintien de la paix,
notre diplomatie continuera d'accompagner et de
soutenir « les actions très remarquées et
unanimement saluées du président de la
République, Omar Bongo Ondimba, pour la
prévention et la résolution des conflits qui
minent notre continent et particulièrement
la sous-région».
Toutefois, la diplomatie
gabonaise s'articulera autour de la promotion de
la paix et de la sécurité internationale, et la
quête de moyens extérieurs louvant concourir à
son développement.
En outre, afin de donner une
meilleure lisibilité et compréhension à son
action, le Premier ministre a conseillé à tous
les membres de son gouvernement, notamment à son
porte-parole, d'informer régulièrement la
représentation nationale et le public sur le
travail gouvernemental.
Autant d'engagements qui ont
permis à Jean Eyéghé Ndong d'obtenir, au terme
d'un débat démocratique d'une grande portée, la
confiance des représentants du peuple. 103
députés ont voté pour, et 15 contre. Il faut
souligner que l'Assemblée nationale compte
actuellement 103 députés des partis de la
majorité, et 16 de l'opposition.