HYDROCARBURES / AUGMENTATION
DU PRIX DE CARBURANT A LA POMPE
Les
centrales syndicales demandent au chef de l'Etat
d'annuler cette décision
Anticipant une augmentation
mécanique du prix des biens et des services, la
Cosyga, l'Usap et l'Intersyndicale craignent une
perte du pouvoir d'achat des travailleurs du
privé et du public. Ces centrales dénoncent le
cynisme et la provocation du gouvernement dont
la décision est de nature à mettre en péril la
paix sociale.
LES
centrales syndicales les plus représentatives de
l'administration publique ont tenu, avant-hier,
un point de presse à leur siège de la Peyrie,
pour dénoncer les éventuelles conséquences de
l'annonce par le gouvernement de la hausse des
prix des carburants, « L'augmentation
actuelle du carburant va avoir de fortes
conséquences sur le prix du transport et,
par ricochet, provoquer une augmentation des
prix des biens et des services », ont-elles
fait remarquer, soulignant au passage que la
mesure contraire ne s'applique pas quand le prix
du baril diminue. Et cela à leur grand
étonnement.
Craignant un effritement du
pouvoir d'achat des ménages, donc une
aggravation de la précarité et de la pauvreté,
elles demandent donc, purement et simplement,
son annulation. « cieux de la préservation
des acquis et du maintien du pouvoir
d'achat des travailleurs des secteurs
privé, public et parapublic,
nous demandons au président
de la République, garant de la paix sociale, de
bien vouloir annuler la décision relative à
l'augmentation du prix du carburant ».
Pour ces trois centrales
syndicales, l'exécutif fait dans la diversion et
la provocation en tentant de récupérer de la
main gauche ce qu'il adonné de la main droite. «
Cette façon d' agir à seulement cinq
mois de la non effectivité globale de
l'augmentation du SMIG, relève d'un
cynisme notoire qui frise la provocation. Cela
traduit une volonté manifeste de l'exécutif de
vouloir maintenir perpétuellement les
gabonais dans la misère à l'heure où la
lutte contre la pauvreté dans le cadre du DSCRP
reste une priorité nationale. Fort de
cela, nous demandons à nos affiliés d'être prêts
à toute éventualité », ont-elles
sèchement déclaré.
Le samedi 3 mars dernier, la
Caisse nationale de stabilisation et de
péréquation (Caistab) prenait de court les
consommateurs, en annonçant un relèvement de 25%
du prix du gasoil et du super suite à la
réduction de moitié de la subvention
gouvernementale accordée à la Sogara. Deux jours
plus tard, le gouvernement annonçait que les
économies engrangées seraient affectées au
renforcement des mesures sociales au profit des
populations les plus pauvres.