HYDROCARBURES / AUGMENTATION
DU PRIX DE CARBURANT A LA POMPE
Gouvernement et opérateurs à la recherche de
solutions viables
Hier, le directeur général de
la Caisse de stabilisation et de péréquation,
Mathias Otounga Ossibadjouo, s'est entretenu
avec les responsables de l'Amicale des
transporteurs d'hydrocarbures pour évaluer les
conséquences de la décision d'augmenter le prix
de carburant afin de proposer des solutions qui
arrangeraient les deux parties.
LA
décision d'augmenter les prix du super et du
gasoil continue de susciter des commentaires, à
défaut du courroux, sur l'ensemble du pays.
Alors que les transporteurs des personnes
évoquent la possibilité d'augmenter les tarifs
de transport, les transporteurs d'hydrocarbures
menacent de mettre la clé sous le paillasson.
Tenant compte des lourdes
conséquences des deux menaces, le gouvernement,
par le biais de la Caisse de stabilisation et de
péréquation, a convoqué, hier, les transporteurs
'hydrocarbures (uniquement) pour recevoir à
chaud leur sentiment à la suite de la hausse du
prix de carburant.
Cette table-ronde a permis
aux deux parties d'évaluer réellement le niveau
des problèmes posés par la mesure
gouvernementale. Mieux, c'était l'occasion, pour
les transporteurs, de proposer des solutions qui
permettraient d'amoindrir leurs charges.
Des solutions qui, du reste,
permettraient d'éviter la persective de ne
ravitailler que les localités possédant un
réseau routier bitumé. «Le gouvernement a
besoin de vous pour alimenter l'intérieur du
pays, notamment. Ensemble, nous devons éviter
les ruptures d'approvisionnement vers
l'hinterland, notamment», a, d'entrée,
déclaré le directeur général de la Caistab,
Mathias Otounga Ossibadjouo.
Il faut rappeler que le souci
majeur du gouvernement est de mettre fin à la
subvention du carburant. La situation des
finances publiques est l'un des motifs qui
favorisent cette démarche, laquelle doit
permettre à l'Etat de faire des économies pour
réinvestir dans d'autres secteurs.
Quoi qu'on en dise, cette
démarche mérite d'être encouragée, tant par les
populations gabonaises que par les transporteurs
d'hydrocarbures. La préoccupation de ces
derniers résulte du fait que cette augmentation
constitue une charge supplémentaire, dans la
mesure où le gasoil, par exemple, représente
entre 25 et 30% des charges pour certains.
«Il est clair, à ce
rythme-là, que certains transporteurs
d'hydrocarbure se retrouveront avec des charges
supplémentaires mensuelles allant de 3 à 5
millions de francs», s'est inquiété
Alain-Claude Kouakoua, président de l'Amicale
des transporteurs d'hydrocarbures.
Le responsable des
transporteurs d'hydrocarbures s'étonne aussi de
l'augmentation de la taxe sur la valeur ajouté
(TVA) et du prélèvement d'une taxe sur le «stock
de sécurité de carburant», alors que
celui-ci n'existe guère.
Notons qu'au sortir de la
réunion à la Caistab, Alain-Claude Kouakoua
s'est réjoui de la proposition du directeur
général de cette structure de créer une
commission paritaire qui examinera la mesure
gouvernementale. Il faudra à cette commission
proposer des solutions qui arrangeraient, non
seulement le gouvernement et les transporteurs,
mais aussi l'ensemble des usagers de la route et
autres opérateurs économiques consommateurs de
carburant (forestiers, SEEG, etc). Car, si la
mesure est maintenue, c'est l'ensemble des
opérateurs du secteur des transport terrestre
qui reverra à la hausse leurs tarifs. Nous y
reviendrons.