LES ZONES HUMIDES, UNE CHANCE
POUR LE GABON
Par Faustin ONDAMBA OMBANDA
(*)
Au calendrier des événements
planétaires sur l'environnement, la journée du 2
février a célébré les zones humides sous la
bannière de la Convention de Ramsar, du nom de
la petite localité iranienne où est né ce traité
aujourd'hui vieux de 36 ans.
Au total, ce sont 154 Etats à
travers la planète qui ont sacrifié à ce rituel.
La mission de la Convention de Ramsar définie
par les parties contractantes est « la
conservation et l'utilisation rationnelle des
zones humides par des actions locales,
régionales et nationales et par la coopération
internationale, en tant que contribution à la
réalisation du développement durable dans le
monde entier ». Par son âge, la convention de
Ramsar sur les zones humides peut être
considérée comme la « fille aînée > des accords
multilatéraux sur l'environnement ayant pour
champ d'application la préservation de la
biodiversité. Pourtant, il n'est pas certain que
le commun des mortels, pour ne pas se limiter
aux seuls Gabonais, perçoive les enjeux
environnementaux, sociaux et économiques liées à
la présence de ces milieux humides.
Tout d'abord, on entend par
zones humides des milieux naturels qui se
caractérisent par la présence d'eau permanente
ou temporaire, saumâtre ou salée, en surface ou
en profondeur. En outre, les zones humides sont
importantes et parfois vitales pour la santé, le
bien-être et la sécurité des populations qui
vivent dans leurs limites où à proximité.
Notre pays qui bénéficie
d'une abondante pluviométrie et d'un réseau
hydrographique dense est tout naturellement
partie contractante à la Convention de Ramsar
sur les zones humides, qu'il a ratifiée en 1987.
Depuis son adhésion, la mise
en oeuvre par le Gabon de ce traité se fait par
petits pas, c'est-le moins que l'on puisse dire.
Certes, au terme d'un long processus, notre pays
vient d'inscrire les sites de Pongara, Akanda et
Monts Birougou sur le Registre de Ramsar, en
plus de Sette Cama, Wonga-Wongué et Petit Loango
qui y figuraient déjà. Beaucoup reste cependant
à faire, pour donner une lisibilité aux
objectifs visés par la convention, à l'échelle
d'un pays comme le nôtre, où la ressource en eau
est abondante et la biodiversité d'une richesse
remarquable.
Le thème de cette année «les
zones humides et la pêche » est
accompagné d'un slogan qui sonne à la fois comme
un espoir et un avertissement : « du poison pour
demain ». Espoir de lendemains meilleurs avec un
secteur de la pêche nourricier et pourvoyeur de
revenus, inscrit dans la durabilité;
avertissement contre une utilisation peu
rationnelle de nos ressources qui pourraient
hypothéquer les conditions de vie des
générations futures.
La surexploitation des fonds
marins, les agressions de toutes sortes contre
l'environnement, la perte de la biodiversité des
zones humides nous conduisent inexorablement
vers la rareté, sinon la destruction totale de
la ressource et de son milieu.
En revanche, si les zones
humides qui servent de support aux activités les
plus diverses, dont la pêche, sont placées au
coeur des stratégies de développement, la
réduction de la pauvreté et la préservation d'un
environnement sain gagneront.
Là est tout I enjeu de la
politique prônée par les plus hautes autorités
du pays, au premier rang desquelles, Son
excellence El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, Président
de la République, Chef de l'Etat, qui a fait de
la lutte contre la pauvreté, le principal
chantier de son septennat.
Cette bataille pour la
promotion et la préservation de nos zones
humides, nous ne la gagnerons pas seuls. Plus
que jamais, nous avons besoin dé l'appui de
l'ensemble de la Communauté Internationale, plus
singulièrement de nos partenaires dans le
domaine de l'Environnement".
(*)Directeur de l'Environnement
et de la Nature.