LÉGISLATIVES 2006/CONTENTIEUX
ÉLECTORAL
La Cour
constitutionnelle livre ses premières
conclusions
En attendant d'éventuelles
annulations des élections dans certaines
circonscriptions, la haute juridiction en sa
séance du mardi 6 mars a plutôt vidé le
contentieux en ce qui concerne les cas de
désistement.
APRÈS
le report du samedi 3 mars 2007, la Cour
constitutionnelle a finalement donné hier mardi
6 mars 2007 les premières décisions relatives au
contentieux électoral nés à l'issue des
élections du 17 décembre 2007.
Même si les décisions rendues
par la haute juridiction ne contiennent pas de
cas d'annulations, elle a néanmoins vidé le
contentieux en ce qui concerne les cas de
désistement. Etant donné que certains
plaignants, qui avaient pourtant saisi la Cour
constitutionnelle aux fins d'annulation des
résultats dans les sièges où ils avaient été
candidats, ont jugé inopportun de poursuivre la
procédure en retirant tout simplement leurs
requêtes. C'est Ie cas de jean Romain
FanGuinovény dans la commune de Lambaréné qui
contestait l'élection de Richard Auguste
Onouviet, de Michel Ondinga Ngouengoué dans le
2è siège du département de la Mpassa au canton
Ndjoumou qui contestait celle de Jules Kami. Et
enfin dans le 2è siège de la Lékoni-Lekori aux
cantons Lébéyi et Limi, la candidate
indépendante, Marguerite Loba Lendoye a observé
la même attitude en contestant d'abord
l'élection de la candidate du PDG, Brigitte
Otoumolongui avant de se désister. Justifiant
son attitude par le fait qu'elle et ses
partisans seraient victimes d'intimidations en
tout genre.
Un autre désistement concerne
l'ancienne ministre du Sida et non moins
candidate au siège de la commune de Gamba, Alice
Lamou, qui avait saisi la Cour constitutionnelle
aux fins de l'annulation partielle du vote dans
cette commune du département de Ndogou.
Du fait que les requérants se
désistent sans réserve de leurs actions, la Cour
constitutionnelle, s'arc-boutant sur les
conclusions du commissaire à la loi, sur la
constitution, la loi organique 9/91 relative à
la Cour constitutionnelle, modifiée par la loi
organique 003/003, la loi relative à l'élection
des députés, etc a statué que rien ne
s'opposerait à ce que acte leur soit donné. Ce
qui veut dire en clair qu'il n'y a plus
d'affaires jean Romain Fanguinovény/ Richard
Auguste Onouviet, Michel Ondinga Ngouengué/
Jules Kami, marguerite Loba Lendoye/ Brigitte
Otoumolongui.
ERREURS• Notons
que ces désistements n'occultent nullement le
fait que d'autres requêtes en annulation sur ces
mêmes sièges soient également examinées et
donnent lieu à d'autres décisions.
L'audience d'hier n'a pas
seulement livré les décisions susmentionnées.
Elle a aussi permis à la Cour de poursuivre les
audiences publiques avec les affaires inscrites
à l'ordre du jour. C'est le cas de l'affaire
Aymard Mouaba Ndjabouéni/Sylvain Momoadjambo et
Raymond Simangoye/Alain Claude Billié Bi Nzé et
bien d'autres.
Si le rapport de la première
citée a pu être lue et donné lieu du reste aux
interventions des deux parties, la deuxième
affaire n'a pu aller à son terme pour cause de
coupure de courant qui a obligé la présidente de
la Cour constitutionnelle à reporter l'audience
pour ce matin. On retiendra néanmoins du
contentieux qui oppose le candidat indépendant
Aymard Mouaba Ndjabouéni et celui du PDG,
Sylvain Momoadjambo que le premier cité avait
saisi la Cour constitutionnelle aux fins de
rectifier les erreurs de la CENAP étant entendu
que l'institution en charge de gérer les
élections au Gabon n'avait nullement tenu compte
de son retrait de la course aux législatives
2006 peu avant le déroulement du scrutin.
Puisque son nom sera maintenu jusqu'à la fin du
processus électoral et qu'il lui avait été
arbitrairement attribué des résultats qui ne
sont pas, de son point de vue à la hauteur de sa
réputation politique. "Ces résultats qui sont de
nature à remettre en cause ma crédibilité", a
clamé le plaignant qui se réserve du reste le
droit d'ester en justice de même celui de
demander un recours en annulation.
Il y a eu certes "erreur
matérielle", reconnaît l'avocat du ministre
délégué aux Mines, mais celle-ci ne peut guère
donner lieu à la remise en cause des résultats
issus des élections. Le commissaire à la loi va
plus loin en proposant tout simplement le rejet
de la requête. Arguant que lorsqu'on s'est
retiré d'une élection, c'est qu'on ne fait plus
partie du processus électoral. La délibération
est attendue le 10 mars prochain.