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Le quotidien l'Union du 06 Mars 2007

 

CONFLITS SOCIAUX

Les agents du Bureau Vérités Gabon en grève

Les griefs généralement évoquées par les employés sont, entre autres, le licenciement abusif de trois Gabonais au mépris des textes en vigueur, la tentative frauduleuse de recrutement d'un expatrié peu qualifié mais susceptible de commander des ingénieurs locaux, et le non respect du préavis de grève.

RIEN, absolument rien ne va plus au Bureau Veritas du Gabon. Les employés de cette société ont exprimé leur ras-le-bol hier dans la matinée. Après la désapprobation collective qui a sanctionné les graffitis racistes du lycée français, après les condamnations des comportements colonialistes observés dans les sociétés forestières, etc., le tour revient au Bureau Veritas Gabon de se mettre négativement en vedette.

La journée d'hier a été mise à profit par les employés de cette entreprise pour manifester leur totale désapprobation face à ce qu'ils ont convenu de qualifier d'exagération. Ceci en dressant une tente à l'entrée de l'agence et en affichant des banderoles aux slogans dénonciateurs d'un nouveau type de comportement. "Stop au colonialisme et au racisme", "Yen a marre"; "Pas de place pour l'amateurisme , "Si vous ne voulez plus rester, partez", "Souvenez-vous de ce que vous êtes chez vous", etc., a-t-on pu lire sur les banderoles que la trentaine d'agents tenaient absolument à faire partager aux passants et à la presse.

Inspirés par on ne sait quelle mouche, des comportements racistes sont en effet en train de voir le jour dans des structures où des Blancs d'un nouveau type tiennent absolument à se signaler négativement.

En dehors des écrits présentés, les agents rencontrés sur le site précisent leur pensée en évoquant plusieurs raisons à l'origine de ce mouvement d'humeur. D'abord, trois employés de nationalité gabonaise deux comptables et un chargé de recouvrement auraient été licenciés abusivement, c'est-à-dire au mépris royal des textes et lois en vigueur dans notre pays. Pour étayer leurs arguments, les grévistes produisent des documents (Code du travail, lettres de licenciement, procès-vernaux, etc.) démontrant effectivement la violation flagrante de la législation.

Ensuite, ils affirment être les victimes des traitements méprisants, discriminatoires et colonialistes de Mme Jolibois, la mère, et de M. Stéphane Jolibois, le fils. Et ils racontent: ces deux personnes ont, du jour au lendemain, hérité du Bureau Veritas Gabon après le départ précipité de M. Draux. Ce dernier, nouvellement arrivé à Libreville, s'était retrouvé mêlé, sans trop savoir pourquoi, à l'affaire de Gabon-Express qui avait valu à son prédécesseur un séjour à la prison centrale. L'homme était rentré chez lui en France. Sans demander son reste.

PAS DE VACANCE• La nature ayant horreur du vide, la mère et le fils qui n'étaient pas prédisposées pour diriger une telle structure se sont retrouvés propulsés au premier rang - Les manifestants ont dit de la mère qu'elle est identifiée par les services spéciaux comme n'ayant pas d'emploi et du fils qu'il n'est probablement pas titulaire d'un diplôme lui permettant d'assumer la fonction de directeur dans une telle société - Le résultat est celui-là : une entreprise autrefois enviée pour la bienveillance sociale et le respect avec laquelle elle traitait son personnel, mais surtout réputée pour le sérieux de ses prestations qu'elle fournissait à ses clients, va à vau-l'eau.

En tout cas, les deux héritiers de Veritas Gabon s'illustreraient par des comportements qui, toujours selon les grévistes, n'ont plus aucun rapport avec la vie de l'entreprise à l'époque des précédents directeurs, des comportements qui tiennent du harcèlement et de l'intimidation, notamment à l'encontre des délégués syndicaux. Pire, ces derniers temps, la direction tente une manoeuvre dangereuse : elle entreprend, de manière frauduleuse, de recruter un expatrié peu qualifié et à la formation douteuse pour diriger des ingénieurs gabonais chevronnés. Malgré les injonctions de l'administration du travail, le bonhomme (un Camerounais) est toujours là, arrogant et je-m'en-foutiste.

Enfin, la goutte d'eau qui est en train de faire déborder, le vase, est la non prise en compte du préavis de grève déposé par les agents à la direction de BVG. Au contraire, la réunion prévue pour discuter de l'ensemble des problèmes a été tout simplement annulée le lendemain par la direction, affichant une fois encore, un mépris... divin pour les employés. Et pour couronner le tout, la direction a plutôt adressé une lettre d'intimidation aux délégués du personnel.

"En quarante-trois ans, nous avons eu six directeurs généraux. Aucun problème ne s'est jamais

posé. Un an après l'arrivée de M. Stéphane jolibois, des mouvements d'humeur jamais organisés autrefois ont subitement lieu"; se sont-ils exclamés.

La grève est à durée illimitée, ont laissé entendre les manifestants qui souhaitent maintenant que les pouvoirs publics se saisissent de toutes les affaires restées en suspens dans cette maison, et puissent réagir à cette situation, notamment le ministère du Travail et de l'Emploi.

Les membres de la direction que les organes de presse ont voulu rencontrer, n'ont pas pu être contactés. En tout cas, hier, ils étaient absents de leur bureau et purement et simplement injoignables.

Source : Journal L'Union Plus du 06 Mars 2007

 



   

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