CONFLITS SOCIAUX
Les
agents du Bureau Vérités Gabon en grève
Les griefs généralement
évoquées par les employés sont, entre autres, le
licenciement abusif de trois Gabonais au mépris
des textes en vigueur, la tentative frauduleuse
de recrutement d'un expatrié peu qualifié mais
susceptible de commander des ingénieurs locaux,
et le non respect du préavis de grève.
RIEN,
absolument rien ne va plus au Bureau Veritas du
Gabon. Les employés de cette société ont exprimé
leur ras-le-bol hier dans la matinée. Après la
désapprobation collective qui a sanctionné les
graffitis racistes du lycée français, après les
condamnations des comportements colonialistes
observés dans les sociétés forestières, etc., le
tour revient au Bureau Veritas Gabon de se
mettre négativement en vedette.
La journée d'hier a été mise
à profit par les employés de cette entreprise
pour manifester leur totale désapprobation face
à ce qu'ils ont convenu de qualifier
d'exagération. Ceci en dressant une tente à
l'entrée de l'agence et en affichant des
banderoles aux slogans dénonciateurs d'un
nouveau type de comportement. "Stop au
colonialisme et au racisme", "Yen a marre"; "Pas
de place pour l'amateurisme , "Si vous ne voulez
plus rester, partez", "Souvenez-vous de ce que
vous êtes chez vous", etc., a-t-on pu lire sur
les banderoles que la trentaine d'agents
tenaient absolument à faire partager aux
passants et à la presse.
Inspirés par on ne sait
quelle mouche, des comportements racistes sont
en effet en train de voir le jour dans des
structures où des Blancs d'un nouveau type
tiennent absolument à se signaler négativement.
En dehors des écrits
présentés, les agents rencontrés sur le site
précisent leur pensée en évoquant plusieurs
raisons à l'origine de ce mouvement d'humeur.
D'abord, trois employés de nationalité gabonaise
deux comptables et un chargé de recouvrement
auraient été licenciés abusivement, c'est-à-dire
au mépris royal des textes et lois en vigueur
dans notre pays. Pour étayer leurs arguments,
les grévistes produisent des documents (Code du
travail, lettres de licenciement, procès-vernaux,
etc.) démontrant effectivement la violation
flagrante de la législation.
Ensuite, ils affirment être
les victimes des traitements méprisants,
discriminatoires et colonialistes de Mme
Jolibois, la mère, et de M. Stéphane Jolibois,
le fils. Et ils racontent: ces deux personnes
ont, du jour au lendemain, hérité du Bureau
Veritas Gabon après le départ précipité de M.
Draux. Ce dernier, nouvellement arrivé à
Libreville, s'était retrouvé mêlé, sans trop
savoir pourquoi, à l'affaire de Gabon-Express
qui avait valu à son prédécesseur un séjour à la
prison centrale. L'homme était rentré chez lui
en France. Sans demander son reste.
PAS DE VACANCE• La
nature ayant horreur du vide, la mère et le fils
qui n'étaient pas prédisposées pour diriger une
telle structure se sont retrouvés propulsés au
premier rang - Les manifestants ont dit de la
mère qu'elle est identifiée par les services
spéciaux comme n'ayant pas d'emploi et du fils
qu'il n'est probablement pas titulaire d'un
diplôme lui permettant d'assumer la fonction de
directeur dans une telle société - Le
résultat est celui-là : une entreprise
autrefois enviée pour la bienveillance sociale
et le respect avec laquelle elle traitait son
personnel, mais surtout réputée pour le sérieux
de ses prestations qu'elle fournissait à ses
clients, va à vau-l'eau.
En tout cas, les deux
héritiers de Veritas Gabon s'illustreraient par
des comportements qui, toujours selon les
grévistes, n'ont plus aucun rapport avec la vie
de l'entreprise à l'époque des précédents
directeurs, des comportements qui tiennent du
harcèlement et de l'intimidation, notamment à
l'encontre des délégués syndicaux. Pire, ces
derniers temps, la direction tente une manoeuvre
dangereuse : elle entreprend, de manière
frauduleuse, de recruter un expatrié peu
qualifié et à la formation douteuse pour diriger
des ingénieurs gabonais chevronnés. Malgré les
injonctions de l'administration du travail, le
bonhomme (un Camerounais) est toujours là,
arrogant et je-m'en-foutiste.
Enfin, la goutte d'eau qui
est en train de faire déborder, le vase, est la
non prise en compte du préavis de grève déposé
par les agents à la direction de BVG. Au
contraire, la réunion prévue pour discuter de
l'ensemble des problèmes a été tout simplement
annulée le lendemain par la direction, affichant
une fois encore, un mépris... divin pour les
employés. Et pour couronner le tout, la
direction a plutôt adressé une lettre
d'intimidation aux délégués du personnel.
"En quarante-trois ans, nous
avons eu six directeurs généraux. Aucun problème
ne s'est jamais
posé. Un an après l'arrivée
de M. Stéphane jolibois, des mouvements d'humeur
jamais organisés autrefois ont subitement lieu";
se sont-ils exclamés.
La grève est à durée
illimitée, ont laissé entendre les manifestants
qui souhaitent maintenant que les pouvoirs
publics se saisissent de toutes les affaires
restées en suspens dans cette maison, et
puissent réagir à cette situation, notamment le
ministère du Travail et de l'Emploi.
Les membres de la direction
que les organes de presse ont voulu rencontrer,
n'ont pas pu être contactés. En tout cas, hier,
ils étaient absents de leur bureau et purement
et simplement injoignables.