PORT-GENTIL/FAIT DIVERS
Des
abeilles en furie attaquent des lycéens
Ce sont un groupe d'élèves
qui aurait lancé des cailloux sur leur ruche. En
réaction, les insectes ont envahi les salles de
classe toutes proches du lycée Joseph Ambourouet
Avaro. Les infirmières de l'établissement,
renforcées par celles du lycée Jean Fidèle
Otando, se sont activées à porter secours aux
victimes des piqûres, tandis que le proviseur et
quelques-uns de ses Collaborateurs se sont
employés à évacuer le reste d'élèves, plus de
3000.
GROSSE frayeur et mouvement
de panique vendredi dernier, en milieu de
matinée, au Lycée Joseph Ambourouet Avaro (LJAA)
de Port-Gentil. Une colonie d'abeilles s'est
infiltrée dans les salles de classe piquant au
passage tous ceux qui se trouvaient à
l'intérieur et autour.
Selon le chef de
l'établissement, Marie-Claire Ogoula Ozoumé,
c'est jeudi, c'est-à-dire la veille du
déplorable incident, qu'elle a été informée de
la présence d'une ruche dans un coin de
l'institution scolaire, presque au ras du sol.
Elle conclut, par prudence, avec ses
collaborateurs immédiats de faire appel aux
sapeurs pompiers samedi, en dehors des heures de
cours, en vue d'évacuer cette ruche.
Voilà que, vers 10 heures,
quelques élèves de la sixième, au faîte de la
présence de ces insectes ont décidé d'aller
volontairement les déranger en leur lançant des
projectiles. Se sentant menacées, les abeilles
se lancent à l'assaut des provocateurs qui ont
tout de suite pris la poudre d'escampette.
Ce groupe d'élèves, au lieu
de s'en éloigner, sont rentrés dans une casse où
se trouvaient leurs camarades en plein cours. Et
les abeilles se sont infiltrées avec eux dans la
pièce. Surpris par ce remue-ménage, le
professeur, dans un ultime réflexe, intime
l'ordre à tout ce monde de ne pas bouger.
L'affolement est a son comble..
Les élèves, pris donc de
panique, se mettent à courir dans tous les sens
au sein du lycée poursuivis par les reines
vengeresses. Des cris, des pleurs fusaient de
partout et dans une mêlée ouverte, les abeilles
sévissent.
A la vitesse d'un éclair,
l'infirmerie du lycée place un dispositif
d'accueil. Les victimes reçoivent aussitôt les
premiers soins. Le flux des victimes est
important. Ce qui oblige le proviseur à
solliciter le concours des infirmières du lycée
technique Jean Fidèle Otando. Elles arrivent
prestement et se mettent aussitôt à l'oeuvre. La
réserve des médicaments se vide progressivement.
Dans cette espèce de course contre la montre, le
proviseur se rend rapidement à la pharmacie la
plus proche pour renforcer le stock des
produits.
SORTIE GROUPÉE.
Parallèlement, elle et ses collaborateurs
doivent canaliser l'évacuation de plus de 3 000
élèves (l'établissement en compte au total 3207)
et établir en un temps record un plan pour une
sortie groupée. On redoute le pire dans
la bousculade.
Mais Dieu merci, il n'y eut
pas de blessés, encore moins de décès. Mais on
indique qu'une centaine d'élèves auraient été
touchés. Une fille en grossesse et une autre
asthmatique, des cas les plus raves, ont été
admises au entre hospitalier régional (CHR).
Leur état s'est amélioré, selon le personnel
soignant.
C'est après coup seulement
qu'on pouvait pousser un ouf de soulagement! Le
proviseur et son staff ont dû ferrailler pour
éviter le pire. En réagissant à chaud, Marie
Claire Ogoula Ozoumé a témoigné sa
reconnaissance à ses infirmières pour leur
perspicacité qui a permis d'aboutir à ce
résultat. De même, elle a loué la promptitude et
la collaboration du 1ycée technique Jean Fidèle
Otando qui a dépêché ses éléments en renfort.
Les cours ont repris normalement dans
l'après-midi de ce jour qui a failli être
sinistre.
Rappelons qu'en 2005, un
essaim d'abeilles avaient tué deux dames dont
l'une sur le champ et la seconde après son
évacuation au CHR. Au cours d'une interview
qu'il nous avait accordée à l'époque, le Dr
Laurent Igambotchina, alors directeur du CHR,
avait affirmé qu'une seule piqûre d'abeille peut
entraînera mort lorsqu'on est atopique
(allergique).
Selon lui, les abeilles ont
dans leurs dards une' substance à même de
provoquer des troubles respiratoires. "Les
personnes les plus à risque sur lesquels il faut
prendre plus de précautions ce sont les enfants
parce que, chez eux, la réaction est rapide";
avait-il prévenu. Au LJAA on le savait sans
nul doute. A en juger la réaction spontanée et
efficace des dirigeants et des infirmières.