ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 05 Mars 2007

 

AUGMENTATION DES PRIX A LA POMPE . .

Trois questions à... M. le ministre d'Etat en charge des Finances

Paul Toungui : « Les économies ici réalisées permettront de prendre des mesures sociales ciblées et hardies en faveur des plus démunies »

Le patron de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, qui a réagi, pendant le week-end, à l'augmentation des prix à la pompe, estime que l'Etat ne pouvait plus continuer à supporter totalement le coût du blocage des prix de ces produits. Il déclare que la réduction de la subvention à la Sogara, engendrera des économies financières qui seront utilisées au profit des couches les plus faibles.

Monsieur le ministre d'Etat, les prix du gasoil et de l'essence viennent d'augmenter, pourquoi cette décision qui frappe sévèrement les consommateurs gabonais ?

Comme vous le savez, en 1999, l'Etat a mis en place un mécanisme d'indexation des prix des produits pétroliers. Il s'agissait de faire varier les prix de ces produits sur le marché national en fonction de ceux appliqués sur le marché international.

Cette indexation avait un double objectif: contribuer au redressement financier de la Sogara d'une part, et permettre au marché domestique de refléter l'évolution des cours mondiaux. Les consommateurs pouvaient ainsi bénéficier immédiatement des baisses des prix lorsque la conjoncture le permet, mais aussi supporter des hausses dans le cas contraire.

Cependant, depuis 2002, l'Etat avait pris la décision de suspendre ce mécanisme. Mais aujourd'hui le retour à la logique d'indexation est devenue incontournable, afin de revenir à la vérité des prix. Ce qui est un des éléments essentiels d'une économie libérale, d'une économie de marché.

Mais pourquoi d'abord avoir suspendu l'application de ce mécanisme ?

La décision du blocage des prix avait pour objectif de maintenir les prix à la pompe des produits pétroliers à niveaux supportables pour le consommateur final.

Cependant, en raison de la forte progression des cours du pétrole brut, passés de 24,97 dollars le baril en 2002 à près de 69,62 dollars le baril en 2006, ce blocage a commencé à peser sur les finances publiques. Depuis 2000, l'Etat a consacré plus de 237 milliards de FCFA pour maintenir ce blocage au profit du consommateur. Et pour la seule année 2006, cela a coûté 102 milliards de FCFA au budget de l'Etat

Une telle situation ne pouvait pas durer sans déséquilibrer les finances publiques.

A titre de comparaison, pour 2006 le budget de l'Education nationale représente 2,2% du PIB hors pétrole; celui de la Santé 3,1 %, alors que les subventions implicites à la Sogara ont représenté 3,2% du PIB hors pétrole.

Monsieur le ministre d'Etat, le gouvernement sait pertinemment que cette décision va avoir des effets négatifs sur le pouvoir d'achat des Gabonais, notamment sur les populations à faibles revenus. A-t-il prévu des mesures d'accompagnement ?

Vous savez, près de 70% de cette subvention est essentiellement affectée au soutien de deux produits : le gasoil et le super. Ces produits sont généralement considérés, à tort ou à raison, comme étant des produits de luxe.

Une étude récente, réalisée par une organisation internationale a montré que ces subventions, dans tous les pays, profitent essentiellement aux couches les plus aisées.

Pour répondre précisément à votre question, je soulignerai que les instructions reçues du chef de l'Etat ont été claires :

- Premièrement : maintenir le prix du gaz butane et du pétrole lampant à leur niveau actuel pour protéger les plus démunis

- Deuxièmement: la subvention à la Sogara sera réduite de moitié, c'est-à-dire qu'en 2007 l'Etat continuera à soutenir les prix, pour environ 50 milliards de FCFA.

- Troisièmement: tirer profit d'une partie des économies réalisées sur la réduction de 50% de la subvention à la Sogara pour prendre des mesures sociales hardies et bien ciblées, directement profitables aux couches les plus démunies.

Ces mesures sont prêtes. Mais compte tenu de leur importance et de leur nature le chef de l'Etat a décidé que seul le Premier ministre, Chef du gouvernement devra les rendre publiques.

Je crois savoir pour ma part que cela devrait se faire d'ici la fin de la semaine. Toutefois, toutes ces mesures feront l'objet d'un collectif budgétaire qui sera présenté très prochainement devant les institutions compétentes

Source : Journal L'Union Plus du 05 Mars 2007

 



   

AUGMENTATION DES PRIX A LA POMPE
Paul Toungui : « Les économies ici réalisées permettront de prendre des mesures sociales ciblées et hardies en faveur des plus démunies »

TROIS QUESTIONS AU PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Guy Nzouba Ndama
: "On veut faire de l'Assemblée nationale un pouvoir judiciaire"

AUGMENTATION DU PRIX DU CARBURANT
Jean-Robert Menié demande au gouvernement l'annulation pure et simple de la mesure

HYDROCARBURES
Comment remédier à la situation de pénurie de carburant à l'intérieur du pays ?

SANTÉ
Livraison de 2 tonnes de médicaments contre la tuberculose

FORMATION PROFESSIONNELLE / PROJET "EDUCATION III GABAON-BAD
De l'argent certes, des conseils aussi
!

PORT-GENTIL/FAIT DIVERS
Des abeilles en furie attaquent des lycéens

Pour moi quoi…Makaya
EN-VOGUE (Sovog, toi aussi !) a peut-être de bonnes raisons d'en vouloir à tout