ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR / UOB
L'acte
provocateur du Pr Mba Owono
Le doyen de la Faculté de
Droit et Sciences économiques (FDSE) a récemment
été sorti de la salle de classe par un groupe
d'étudiants, alors qu'il dispensait ses
enseignements.
VOILA
l'acte qui vient confirmer l'assertion selon
laquelle ce sont les étudiants qui sont les
maîtres incontestés à l'Université Omar Bongo
(UOB) : l'expulsion, par un groupe d'apprenants
dont le chef de file serait le porte-parole de
la vie étudiante, du Professeur, Charles Mba
Owono, doyen de la Faculté de droit et sciences
économiques (FDSE). Et de quelle manière ! Il a
été pris par le collet, avant de s'entendre dire
: "Sortez, vous n'avez rien à faire ici". Pas
sur le ton de la plaisanterie, mais sur celui de
la menace. Cela malgré la présence de la
Gendarmerie nationale requise pour assurer la
sécurité sur Ie campus.
On peut se demander, a cet
instant, quelle tarentule a bien pu piquer cet
enseignant pour pouvoir dispenser son cours,
alors que les étudiants avaient décidé - en
dépit de la volonté des enseignants de sauver
une année qui leur échappait- de bouder les
"amphis" et autres salles de classes,
conditionnant la reprise par la résolution de
tous les problèmes posés far eux :
réhabilitation des étudiants exclus, réouverture
du resto-U, amélioration des conditions de vie
en cité universitaire et tutti quanti.
En ne respectant pas le
diktat des étudiants, le Pr Charles Mba Owono a
fait dans la provocation. C'est le cas de le
dire. En effet, si l'on met la raison de côté,
il est évident que le crime commis par le doyen
de la FDSE est d'avoir voulu dispenser son
enseignement dans un univers qui n'est plus le
sien, mais où ce sont les étudiants qui dictent
leur loi.
De sources bien informées, un
autre groupe d'étudiants - ils étaient deux,
l'un en droit et l'autre en lettres -, serait
allé voir les Prs Pierre Nzinzi-i-Maliali,
vice-recteur chargé de la recherche et de la
pédagogie et Joseph Tonda, doyen de la Faculté
des lettres et sciences humaines (FLSH) afin
qu'ils servent de messagers. Les deux
administratifs étaient chargés, par les
étudiants, de dire au recteur, Fidèle-Pierre
Nzé-Nguéma, de leur donner de l'argent, lequel
servirait à corrompre la presse et à lever la
grève. "C'est toujours ainsi qu'on a fonctionné
dans cette université", ont-ils affirmé. Étonnés
par une telle affirmation, les autorités
rectorales opposent une fin de non-recevoir. Ce
qui va exacerber la colère des étudiants qui ont
promis de durcir la grève.
Au regard de ce qui précède,
les parents ont parfaitement raison. Et pour
cause. Il faut tonner contre le
professionnalisme des enseignants et leur sens
du devoir, symbolisés par la décision de mettre
un terme à la suspension automatique des
enseignements observée à la suite de l'agression
contre Médard Obiang Ebanéga et contre
l'application de la réglementation qui régit le
monde universitaire. Il n'y a pas lieu de se
demander "Comment avoir du respect pour la noble
mission de l'enseignement quand les
figures du père et de la mère cessent d'être
sacrées aux yeux de ces enfants que sont
les étudiants ?". Parce que ce qui se
esse actuellement à VU ~B tombe sous le sens.
Seulement, dominée
"moralement" et "intellectuellement" par un
groupe d'étudiants, l'institution comme l'est le
corps de garde dans nos villages - peut-elle
encore être ce sanctuaire millénaire du savoir
et des savoirs, le lieu traditionnel de la
production et de la transmission des
connaissances ? La réponse pourrait être donnée
par tous ceux qui sont du bord des étudiants.