INTÉGRATION DE LA PRÉVENTION
DU VHS DANS ES PROGRAMMES SCOLAIRES
Où en
sont les pays de la Cemac?
Un éclairage a été apporté à
cette question mardi dernier, dans la salle des
conférences du ministère de l'Education
nationale, au cours d'un séminaire de
restitution des travaux de trois ateliers
sous-régionaux, tenus récemment à Yaoundé et
Douala au Cameroun.
LES pays de la Communauté
économique et monétaire de l'Afrique centrale
(Gabon, Congo Brazzaville, Cameroun, Guinée
Equatoriale, République centrafricaine, Tchad)
et la République démocratique du Congo (RDC) ont
signé et mis en oeuvre depuis janvier 2006 un
projet de développement des politiques
l'intégration de la santé sexuelle dé
reproduction et de la prévention du VIH/Sida
dans les programmes scolaires. Objectif :
permettre à la communauté éducative d'accéder à
l'information, à l'éducation et aux services
nécessaires pour acquérir les compétences
requises aux fin de réduire leur vulnérabilité.
Ceci, avec l'appui des organismes internationaux
tels que l'Unesco, la Banque moniale et
l'Unicef.
Depuis cette date, trois
ateliers sous-régionaux se sont tenus au
Cameroun, auxquels ont pris part une forte
délégation de notre pays composée de
Blanche-Reine Mebaley, coordonnateur du Comité
de lutte contre le Sida du ministère de l'Education
nationale (Colusimen), Marie-Rose Ova Allogo,
directeur des études à l'Ecole normale
supérieure, Jean-Jacques Essono Eny, conseiller
pédagogique, Paul Mpayimana, expert de
l'éducation et les différents bureaux de
l'Unesco.
Pour faire le point sur
l'ensemble des travaux et des activités déjà
menées, Blanche-Reine Mebaley, le coordonnateur
du Colusimen, a procédé mardi après-midi dans la
salle des conférences du ministère de l'Education
nationale, à la restitution des résolutions des
assises de Yaoundé et de Douala (Cameroun).
Un diagnostic, mené en amont,
a donné lieu à l'élaboration des documents de
référence pour l'intégration de l'éducation VIH/Sida
dans les systèmes scolaires, dont la
finalisation et la validation se feront
prochainement dans chaque pays.
Il ressort de ce rapport que
l'infection à VIH dans l'ensemble de ces pays
est généralisée. Pendant que le Gabon enregistre
un taux de séroprévalence de 8,1 %, le Tchad et
le Congo Brazzaville ont respectivement 4,8% et
4,9%. Le Cameroun (5,5%), la Guinée Equatoriale
(11%), la RéPublique centrafricaine (13,5%) et
la RDC (+de 10%) n'échappent pas à cette donne.
Les jeunes du primaire et du
secondaire (5-19 ans), majoritairement non
infectés, constituent une fenêtre d'espoir pour
une génération sans VIH. En l'absence de vaccin,
la prévention reste prioritaire et l'éducation
formelle est un puissant moyen de prévention
permettant d'atteindre le maximum de jeunes à
travers le territoire national.
Plusieurs résolutions ont été
adoptées à ces différentes assises, notamment
l'insertion formelle de l'éducation au VIH/Sida
et santé sexuelle et reproductive dans les
curricula de formation des enseignants et dans
l'enseignement primaire et secondaire. Sans
oublier, l'élaboration de politiques et
programmes de santé en milieu scolaire prenant
en compte le lieu de travail.
Le ministre de l'Education
nationale, de l'instruction civique, chargé de
l'Education populaire, en présidant les travaux
de restitution s'est dit satisfait de cette
initiative et de la qualité du travail abattu.
L'école, dira-t-il, n'est pas uniquement le lieu
où l'on s'instruit avec pour finalité d'obtenir
des diplômes, mais c'est aussi l'endroit idoine
pour la formation à la vie. "Le Sida est un
fléau qui ne menace pas que les adultes. Même
les élèves peu vent en être sujets. Il est donc
important qu'un dispositif solide de prévention
soit mis en place dans ce milieu", a-t-il dit.
"Il faut donc continuer la réflexion pour
enrichir ce document du point de vue de son
contenu et faire en sorte qu'il aboutisse à la
création des comportements sains en milieu
scolaire", a-t-il ajouté.
Signalons enfin qu'avec
l'appui du bureau Unesco de Libreville, 3220
exemplaires du livre de référence et du guide
méthodologique sur les IST/VIH/Sida ont été
conçus et produits, ainsi que la formation des
enseignants de sciences de la vie et de la terre
(SVT), d'éducation civique et des élèves des
clubs Sida de la province de l'Ogooué-Maritime.
La prochaine étape de ce
projet prévoit la réparation et l'organisation
de la réunion des ministres de
l'éducation de la zone Cemac, avec la RDC, pour
le plaidoyer en faveur de la mise en oeuvre des
activités du programme dans les pays.