POINT DE PRESSE DE LA
CONFÉDÉRATION SYNDICALE GABONAISE
La
Cosyga dénonce une grève de pseudo syndicats
Le préavis de grève général
illimité déposé par cinq organisations
syndicales a fait l'objet, avant hier, d'un
point de presse, animé par Marcel
Mintsa-mi-Essono, porte-parole de la Cosyga .
DÉCIDÉMENT,
de conférence de presse en point de presse,
l'actualité politique et syndicale s'accélère. A
quelques jours de l'expiration du préavis de
grève général illimité, lancé par cinq
organisations syndicales, et après que le
ministre du Travail et de l'emploi, Christian
Bitougat, a animé une conférence de presse,
avant hier, au siège du ministère, voilà que la
Confédération syndicale gabonaise (Cosyga) monte
au créneau pour dénoncer, par la bouche de son
porte parole, Marcel Mintsa-mi-Essono, "les
pratiques d'un autre âge" utilisées par les cinq
"pseudo organisations syndicales", lesquelles,
selon lui, n'ont ni l'éthique nécessaire, encore
moins la représentativité au niveau national.
"Et lorsqu'on va jusqu'à demander le départ d'un
ministre de la République, ce n'est pas
l'affaire du syndicalisme, mais tout autre
chose" a relevé le syndicaliste. "Sur le plan
de l'éthique, l'objet du syndicat est de
travailler et de lutter pour l'amélioration des
conditions de vie et de travail de ses membres,
quel que soit l'interlocuteur"a-t-il ajouté.
Faisant la genèse du malaise
actuel, le responsable syndical a rappelé
qu'après avoir réussi l'augmentation du Smig
dans le secteur public, les négociations
salariales dans le privé se sont ouvertes pour
permettre les réajustements nécessaires.
Toutefois, au moment où il
fallait composer les différentes commissions
paritaires, les syndicats qui n'avaient jamais
négocié se sont fait inscrire avec la
bénédiction du ministère de tutelle.
Une situation grave, selon le
porte-parole, qui y voit une violation flagrante
des dispositions légales en matière de
dénonciation des conventions. Car seuls les
signataires d'une convention sont habilités à
discuter de sa révision. Alors qu'aucune des
cinq organisations syndicales n'est signataire
d'une convention actuellement en vigueur, la
Cosyga a cédé à ce qu'il qualifie de "dangereuse
exigence" du ministre de tutelle dans le souci
de préserver les intérêts supérieurs de notre
pays.
Sur le plan de la
représentativité, la Cosyga dénonce l'attitude
du ministère du Travail, lequel n'a pas tenu
compte des normes internationales du travail,
dans les critères de reconnaissance au niveau
national. A savoir, entre autres : le siège,
l'occupation du territoire, la structuration
horizontale et verticale, le nombre de délégués
élus, le niveau des cotisations syndicales, le
nombre de fédérations, l'ancienneté ....
Selon l'intervenant, aucune
des cinq organisations syndicales ne remplit ne
serait-ce que le quart de ces critères. Il
s'ensuit que la subvention que l'Etat alloue au
titre de la formation des travailleurs est
totalement injustifiée, dans la mesure où ces
syndicats n'auraient ni programme, encore moins
d'affiliation au niveau international. Autant
d'arguments fui ont amené la Cosyga à dénier aux
autres syndicalistes le droit d'appeler à une
grève générale à compter du 5 mars.
Fort donc de ce qui précède,
la Cosyga a appelé l'ensemble des travailleurs
gabonais à vaquer à leurs occupations, tout
comme elle estime que les négociations
actuellement en cours, devraient aller à terme,
notamment avec la Cnss.
Il appartient donc au
ministre du Travail de prendre toutes les
dispositions nécessaires pour la reprise des
discussions.