FRONT SOCIAL
Les
précisions du ministre du Travail
Christiane Bitougat a réagi,
avant-hier, au préavis de grève déposé à la
Primature par cinq organisations syndicales.
Elle bat en brèche les arguments développés par
les syndicalistes. Tout comme elle rassure
l'ensemble des travailleurs du privé quant aux
efforts de son département ministériel pou&
faire aboutir les négociations entamées...
LE
gouvernement a réagi au préavis de grève
dernièrement déposé, à la Primature, par cinq
organisations syndicales appelant à une grève
générale illimitée dès Ie 05 mars prochain.
Avant-hier, la ministre du Travail et de
l'Emploi, Christiane Bitougat, a échangé avec la
presse sur ce sujet. Elle a essentiellement
apporté des précisions sur fond d'éclairages,
sur les griefs faits à son département
ministériel, et aux accusations portées contre
elle personnellement.
Avant tout, l'oratrice a
rappelé la distinction à faire d'une part entre
les procédures de révision des salaires de la
Fonction publique et le secteur privé et, 'autre
part, entre le relèvement du SMIG et la
négociation des salaires conventionnels
sectoriels. Tout comme elle a fait l'historique
de ces pourparlers, aboutissement d'un long
processus de préparation et de sensibilisation
des partenaires sociaux.
Mme Bitougat a exprimé sa
satisfaction quant au bon déroulement des
négociations dans l'ensemble. ce jour,
dira-t-elle, 25 secteurs d'activités économiques
représentant plusieurs centaines d'entreprises
ont d'ores et déjà signé leur procès-verbaux.
Pour ceux-là, un arrêté de M. le Premier
ministre a déjà officialisé les nouvelles
grilles des salaires avec effet au 1er décembre
2006 et non pas le 1er janvier 2007 comme
certaines centrales l'ont prétendu. Pour les
autres secteurs, principalement les secteurs
dits non organisés, une démarche a été
entreprise aux fins que leurs travailleurs
bénéficient aussi de ces revalorisations».
D'où
sa surprise d'apprendre que 5 centrales
syndicales ont tenu une conférence de presse au
cours de laquelle elle a été accusée de
plusieurs griefs dont la violation de certaines
dispositions du Code du travail, celles de VOIT,
l'illégalité des procès-verbaux issus de ces
négociations et le non respect de la date de
prise d'effet de la mesure. «Sur ce point, a dit
la ministre du Travail, je ne pourrais
qu'exprimer le regret de constater que des
responsables syndicaux fassent ainsi dans
l'amalgame et la confusion la plus totale dans
des matières qu'ils sont censés maîtriser».
ENSEIGNEMENTS• Parce
qu'accusée d'ingérence et de discrimination,
Christiane Bitougat se défend en rappelant qu'en
sa qualité d'arbitre, la ministre du Travail
s'est contentée de prendre acte des récusations
des membres des commissions paritaires par les
travailleurs et les employeurs. «Je me dois
cependant de préciser que cette situation a
surtout concerné les centrales syndicales les
moins représentatives des travailleurs»,
relèvera-t-elle.
S'agissant de l'illégalité
supposée des négociations, l'oratrice a confirmé
qu'il n'en est rien. Car, les inspecteurs et
contrôleurs du travail ayant pris part aux
pourparlers sont bel et bien assermentés.
En ce qui concerne la date de
la prise d'effet de la mesure gouvernementale
sus-citée, elle a souligné que les parties
avaient convenu d'un commun accord, que la date
d'effet des nouvelles grilles serait arrêté par
le gouvernement...
Tirant les enseignements de
cette situation, Christiane Bitougat a dit que
«le véritable problème qui mine actuellement le
monde syndical dans notre pays et qui
transparaît en filigrane de la posture actuelle
des centrales syndicales faiblement représentées
est celui de la non détermination des syndicats
les plus représentatifs. Ce qui permettrait
clairement de savoir laquelle des centrales est
effectivement à même de parler au nom des
travailleurs vis-à-vis du gouvernement et
vis-à-vis des employeurs».
INTERROGATIONS • Se
voulant déterminée à mener à bien les
négociations, la ministre du Travail a en outre
dit : «Je voudrais rassurer l'ensemble des
travailleurs du privé de ce que le ministère du
Travail a usé de tous les moyens mis à sa
disposition pour que les négociations paritaires
touchent l'ensemble des secteurs et que dans
leurs fiches de paie, il y ait une augmentation.
Cela prendra encore quelque temps avant que tous
ne vivent ce moment de satisfaction légitime,
mais le plus important sera l'aboutissement. Et
il n'a pas d'autre voies que celle de la
patience et de la négociation, loin du tumulte
des grèves instrumentalisées et des arguments
faciles mais trompeurs.».
Notons que l'ancienne
responsable syndicale a clos son propos avec une
série d'interrogations: «Quel militant
syndical sérieux peut se permettre de penser ou
de croire que je sois à solde du patronat ? Quel
acteur syndical honnête peut dire ignorer ma
contribution personnelle à l'obtention d'un
grand nombre d'avancées sociales dans ce pays et
dont le SMIG constitue une des plus
significatives ? Quel travailleur citoyen et
responsable, peut croire à la défense d'intérêts
catégoriels de syndicats plus prompts à répondre
positivement à la convocation d'un chef de
parti, et de surcroît de l'opposition au
détriment des invitations d'un gouvernement qui
demeure, bon gré mal gré, leur interlocuteur
légitime ?». Autant de débats posés par Mme
Bitouat, et susceptibles de faire couler
beaucoup d'encre et de salive.
Rappelons seulement enfin
que, la Cosyga a effectué une sortie hier pour
condamner l'initiative des cinq centrales
concernées par le préavis de grève.