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Le quotidien l'Union du 1er Mars 2007

 

FRONT SOCIAL

Les précisions du ministre du Travail

Christiane Bitougat a réagi, avant-hier, au préavis de grève déposé à la Primature par cinq organisations syndicales. Elle bat en brèche les arguments développés par les syndicalistes. Tout comme elle rassure l'ensemble des travailleurs du privé quant aux efforts de son département ministériel pou& faire aboutir les négociations entamées...

LE gouvernement a réagi au préavis de grève dernièrement déposé, à la Primature, par cinq organisations syndicales appelant à une grève générale illimitée dès Ie 05 mars prochain. Avant-hier, la ministre du Travail et de l'Emploi, Christiane Bitougat, a échangé avec la presse sur ce sujet. Elle a essentiellement apporté des précisions sur fond d'éclairages, sur les griefs faits à son département ministériel, et aux accusations portées contre elle personnellement.

Avant tout, l'oratrice a rappelé la distinction à faire d'une part entre les procédures de révision des salaires de la Fonction publique et le secteur privé et, 'autre part, entre le relèvement du SMIG et la négociation des salaires conventionnels sectoriels. Tout comme elle a fait l'historique de ces pourparlers, aboutissement d'un long processus de préparation et de sensibilisation des partenaires sociaux.

Mme Bitougat a exprimé sa satisfaction quant au bon déroulement des négociations dans l'ensemble. ce jour, dira-t-elle, 25 secteurs d'activités économiques représentant plusieurs centaines d'entreprises ont d'ores et déjà signé leur procès-verbaux. Pour ceux-là, un arrêté de M. le Premier ministre a déjà officialisé les nouvelles grilles des salaires avec effet au 1er décembre 2006 et non pas le 1er janvier 2007 comme certaines centrales l'ont prétendu. Pour les autres secteurs, principalement les secteurs dits non organisés, une démarche a été entreprise aux fins que leurs travailleurs bénéficient aussi de ces revalorisations».

D'où sa surprise d'apprendre que 5 centrales syndicales ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle elle a été accusée de plusieurs griefs dont la violation de certaines dispositions du Code du travail, celles de VOIT, l'illégalité des procès-verbaux issus de ces négociations et le non respect de la date de prise d'effet de la mesure. «Sur ce point, a dit la ministre du Travail, je ne pourrais qu'exprimer le regret de constater que des responsables syndicaux fassent ainsi dans l'amalgame et la confusion la plus totale dans des matières qu'ils sont censés maîtriser».

ENSEIGNEMENTS• Parce qu'accusée d'ingérence et de discrimination, Christiane Bitougat se défend en rappelant qu'en sa qualité d'arbitre, la ministre du Travail s'est contentée de prendre acte des récusations des membres des commissions paritaires par les travailleurs et les employeurs. «Je me dois cependant de préciser que cette situation a surtout concerné les centrales syndicales les moins représentatives des travailleurs», relèvera-t-elle.

S'agissant de l'illégalité supposée des négociations, l'oratrice a confirmé qu'il n'en est rien. Car, les inspecteurs et contrôleurs du travail ayant pris part aux pourparlers sont bel et bien assermentés.

En ce qui concerne la date de la prise d'effet de la mesure gouvernementale sus-citée, elle a souligné que les parties avaient convenu d'un commun accord, que la date d'effet des nouvelles grilles serait arrêté par le gouvernement...

Tirant les enseignements de cette situation, Christiane Bitougat a dit que «le véritable problème qui mine actuellement le monde syndical dans notre pays et qui transparaît en filigrane de la posture actuelle des centrales syndicales faiblement représentées est celui de la non détermination des syndicats les plus représentatifs. Ce qui permettrait clairement de savoir laquelle des centrales est effectivement à même de parler au nom des travailleurs vis-à-vis du gouvernement et vis-à-vis des employeurs».

INTERROGATIONS • Se voulant déterminée à mener à bien les négociations, la ministre du Travail a en outre dit : «Je voudrais rassurer l'ensemble des travailleurs du privé de ce que le ministère du Travail a usé de tous les moyens mis à sa disposition pour que les négociations paritaires touchent l'ensemble des secteurs et que dans leurs fiches de paie, il y ait une augmentation. Cela prendra encore quelque temps avant que tous ne vivent ce moment de satisfaction légitime, mais le plus important sera l'aboutissement. Et il n'a pas d'autre voies que celle de la patience et de la négociation, loin du tumulte des grèves instrumentalisées et des arguments faciles mais trompeurs.».

Notons que l'ancienne responsable syndicale a clos son propos avec une série d'interrogations: «Quel militant syndical sérieux peut se permettre de penser ou de croire que je sois à solde du patronat ? Quel acteur syndical honnête peut dire ignorer ma contribution personnelle à l'obtention d'un grand nombre d'avancées sociales dans ce pays et dont le SMIG constitue une des plus significatives ? Quel travailleur citoyen et responsable, peut croire à la défense d'intérêts catégoriels de syndicats plus prompts à répondre positivement à la convocation d'un chef de parti, et de surcroît de l'opposition au détriment des invitations d'un gouvernement qui demeure, bon gré mal gré, leur interlocuteur légitime ?». Autant de débats posés par Mme Bitouat, et susceptibles de faire couler beaucoup d'encre et de salive.

Rappelons seulement enfin que, la Cosyga a effectué une sortie hier pour condamner l'initiative des cinq centrales concernées par le préavis de grève.

Source : Journal L'Union Plus du 1er Mars 2007

 



   

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