PORT-GENTIL / FAIT DIVERS
Maxwell
Owusu le médecin marron dans la nasse
Sujet ghanéen de 36 ans
résidant au quartier Ngadi, il se faisait passer
pour un gynécologue en service à l'hôpital Paul
Igamba. Manque de pot ce jour-là, il est tombé
sur un vrai praticien de cette unité sanitaire,
au moment où il tentait d'escroquer un parent
qui avait sa fille de six ans malade.
UN
ressortissant ghanéen, sans emploi, a été
récemment interpellé par les éléments de antenne
provinciale de la Police judiciaire (PJ). Il est
retenu contre Maxwell Owusu, 36 ans, plusieurs
chefs d'accusations : escroquerie, pratique
illégale de la médecine, faux et usage de faux.
Le mis en cause est bien connu des milieux
judiciaires puisqu'il avait dé]à été condamné
pour complicité d'avortement.
Comment ce vieux cheval de
retour a-t-il été appréhendé ?
On raconte qu'un certain
Cakpo Djodo, ressortissant béninois de 51 ans,
habitant au quartier Matanda, avait sa fille de
six ans qui présentait une infection au niveau
de ses organes génitaux. Alors que le
quinquagénaire s'apprêtait à conduire sa
fillette vers un établissement sanitaire,
Maxwell Owusu se serait présenté à lui comme
étant un gynécologue. Il aurait même rassuré le
parent désemparé qu'il pouvait soigner sa fille.
Les jours suivants, Owusu
administre deux injections à sa patiente et lui
applique une pommade sur la région infectée.
Pour couronner le tout, il lui prescrira une
série de... quinze analyses médicales! Précisons
au passage que l'accusé détenait, a-t-on appris,
un carnet de bons d examens frauduleusement
soutiré dans une clinique, en prenant soin
simplement de modifier l'en-tête.
En contrepartie de ces
services, on lui aurait versé 100 000 francs.
L'appétit venant en mangeant, le Ghanéen revient
sur ses pas le lendemain, c'est-à-dire le 18
janvier dernier. Peut-être dans le but de se
faire encore un peu de sous.
Il échange tranquillement
avec Cakpo Djodo, sans savoir que l'étau se
resserrait autour de lui. Puis arrive un agent
en service à l'hôpital Paul Igamba, un des
doyens de l'établissement hospitalier. Se pliant
à la formule d'usage, Ie Béninois lui présente
son hôte en précisant qu'il est médecin a
l'hôpital susmentionné. Le nouveau visiteur
fronce les sourcils et flaire le faux, car sa
tête ne lui revenait pas. Pour en savoir un peu
plus, il le soumet aux questions, histoire de
tester sa sincérité. "Vous travaillez à quel
service?"; lui demande-t-il. Son vis-à-vis
s'exprime confusément en lâchant: 'Je suis au
quatrième étage, au service gynéco avec le Dr
Mbas (contraction de Mba Assoumou, un vrai
praticien celui-là, Ndlr); lui aurait-il
répondu l'air apparemment serein, croyant
l'endormir.
Son interlocuteur qui connaît
à peu près tous ceux qui y oeuvrent réalise
qu'il est bel et bien en face d'un vrai-faux
médecin, ces escrocs qu'on rencontre au détour
d'un chemin. On le maîtrisera par la suite,
avant de sonner l'alerte. Les agents de la PJ
n'ont eu aucune peine à conduire Owusu au poste
qui n'a constitué qu'une escale, avant d'être
placé sous mandat de dépôt, après avoir transité
chez le juge, à la prison centrale du Château.