INVESTISSEMENTS /RAPPORT
RISQUE-PAYS 2007 (COFACE)
Gabon:
situation stable et avis de beau temps
Le cours très appréciable (et
très profitable) de l'or noir associé aux
réformes structurelles engagées et à la
stabilité politique du pays, ont contribué à son
reclassement (de C à D) et à son maintien cette
année. L'avenir pourrait s'annoncer meilleur à
condition...
LES investisseurs nationaux
et internationaux devraient quelque peu être
rassurés: il y aurait de moins en moins de
risques à investir au Gabon et les menaces
d'impayés seraient désormais (et on le souhaite
vivement) réduites. La Compagnie française
d'assurance pour le commerce extérieur (Coface)
vient de publier son rapport 2007 sur le niveau
moyen de risque d'impayés à court terme présenté
par les entreprises d'un pays.
Les 1200 spécialistes
français et étrangers du monde de la finance,
des affaires et de la recherche ont ainsi
dressé, à l'aide de 7 indicateurs (conjoncture
économique, solidité du secteur bancaire,
environnement politique, surendettement
extérieur …) le bilan de l'année écoulée et ont
examiné les tendances majeures de
l'environnement économique dans 152 pays.
Par de savantes analyses, ces
experts ont attribué une note allant de A à D à
chaque pays selon les risques qu'il représente
pour les candidats aux affaires, en particulier
les multinationales.
Reclassé de C à B depuis
juillet 2005, notre pays a maintenu sa cotation
(B) en 2006 grâce en grande partie aux recettes
engrangées par l'or noir. Avec un taux de
croissance de 2,4% contre 3,2 % initialement
anticipé cette année-là, les prix élevés du
cours du brut et du manganèse ont permis
d'alléger l'ardoise d'endettement de l'Etat
estimée globalement à 1 762,2 milliards de
francs à fin octobre 2005, selon la BEAC.
Les investisseurs et les
créanciers multilatéraux se sont retrouvés, de
facto, soulagés quant au respect ferme des
engagements conclus et pour ceux à venir. En
effet, les prévisions du FMI sur la balance des
paiements courants de l'Afrique en 2006
présumaient déjà un excédent en hausse de 22, 5
% (40 milliards de dollars contre 31 milliards
en 2005).
Et cette performance
essentiellement due au solde positif de la
balance pétrolière (+ 150 milliards de francs)
profiterait principalement, dans l'ordre, à la
Libye (43,3%) et au... Gabon (19,6%). Des
résultats qui lui ont donc permis de dégraisser
les arriérés de sa dette publique évalués
actuellement à moins de 40% du PIB contre 53% en
2004 et réconforté sa confiance auprès de ses
principaux bailleurs de fonds (le Club de Paris,
l'Union européenne, la Bad ...).
Le gouvernement s'est déjà
acquitté de près de 120 milliards de francs de
dettes contractés auprès des entreprises
nationales au titre des créances négociés avec
le club de Libreville.
Par ailleurs les années 2005
et 2006 ont confirmé les engagements pris par l'Etat
envers les multilatéraux.
En témoigne, le satisfecit
accordé dernièrement par le directeur général du
Fonds monétaire internationale (FMI), Rodrigo De
Rato, concernant les réformes structurelles
engagées depuis 2004 par l'Etat.
On citera son adhésion à
l'Initiative de transparences des industries
extractives (ITIE), les privatisations achevées
ou en cours, la restructuration des monopoles d'Etat,
la maîtrise des dépenses publiques avec
peut-être l'adoption prochaine d'une nouvelle
nomenclature budgétaire ...
Des évolutions vers la bonne
gouvernance qui pourraient déboucher sur un
nouveau pro gramme triennal après l'accord de
confirmation de 14 mois qui s'est achevé avec
satisfaction en juillet 2005.
De plus, le climat politique
rassurant et (presque) unique dans une région en
proie à l'insurrection et à l'insécurité, a
concouru davantage à mettre en confiance les
investisseurs. Les dernières joutes électorales
(présidentielles et législatives) se sont
déroulées, pour le moins, sans heurt grâce au
consensus politique dont se sont culturellement
appropriées les populations.
PERSPECTIVES • Cependant,
à l'image de la moyenne régionale, notre pays
figure toujours dans la catégorie des pays
présentant « un environnement économique et
politique incertain, susceptible d'affecter des
comportements de paiement souvent médiocres ».
Les années de récession
(2003-fin 2004) qui ont détérioré ses relations
économiques internationales (C) ne sont plus, on
le souhaite, que de lointains souvenirs.
Après des années de grâce
retrouvée en 2001 et 2002 (B), le Gabon vivait
une crise économique non négligeable en 2003
(-0,3 % de taux de croissance) en affichant des
risques d'impayés élevés.
Il s'était même fait rappeler
brutalement à l'ordre par le gendarme de la
finance mondiale, le FMI, par une de ses
célèbres et drastiques cures d'assainissement
des finances publiques. Mais si effort durable
se faisait, il pourrait, atteste le rapport,
améliorer qualitativement sa note. Notamment au
niveau de l'assainissement de son environnement
des affaires jugé incertain par la Banque
mondiale et des capacités institutionnelles
insuffisantes qui freinent encore son
développement.
En outre, le coût élevé des
facteurs de production, lié à des
infrastructures déficientes, handicapent,
souligne la Coface la compétitivité du pays.
L'économie nationale demeure encore trop
dépendante du secteur pétrolier (40% du PIB, 85
% des exportations et 60% des recettes
budgétaires). Ce qui le rend, de fait,
vulnérable aux effets de yoyo des cours mondiaux
fragilisés par le climat politique
internationale.
Une diversification réelle et
imminente aurait comme avantage de sécuriser les
prêts contractés et parer à toute éventualité
d'où qu'elle naisse. Néanmoins, l'étude
mentionne que les investissements faramineux en
cours de démarrage dans le secteur minier (fer
de Belinga, manganèse d'Okondja, de Franceville,
de Mbigou et de Ndjolé, niobium de Lambaréné ...
) devraient constituer l'un des détonateurs et
accélérer le rythme de l'activité.
Le Gabon profiterai
également, pour une année supplémentaire (et
peut-être même davantage) de la conjoncture très
favorable des matière premières.
Notre pays, à l'instar des
pays exportateurs de pétrole, devrait afficher
des excédents confortables, tant des comptes
commerciaux que des comptes courants, permettant
ainsi de reconstituer ses réserves en devises. '
Selon les dernières
prévisions du FMI contenues dans son rapport
World Economic Outlook et analysé par
l'hebdomadaire Jeune Afrique, la cagnotte
pétrolière devrait franchir la barre des 1000
milliards de dollars cette année.
Elle s'élèverait exactement à
1008, 6 milliards de dollars pour un prix moyen
de 75,50 dollars le baril, contre 878 milliards
en 2006 et un prix de 69,20 dollars.
Des estimations qui ont de
quoi apaiser les craintes d'incapacité de
paiement encore perceptibles et attirer enfin
les investisseurs.