ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 29 Janvier 2007

 

INVESTISSEMENTS /RAPPORT RISQUE-PAYS 2007 (COFACE)

Gabon: situation stable et avis de beau temps

Le cours très appréciable (et très profitable) de l'or noir associé aux réformes structurelles engagées et à la stabilité politique du pays, ont contribué à son reclassement (de C à D) et à son maintien cette année. L'avenir pourrait s'annoncer meilleur à condition...

LES investisseurs nationaux et internationaux devraient quelque peu être rassurés: il y aurait de moins en moins de risques à investir au Gabon et les menaces d'impayés seraient désormais (et on le souhaite vivement) réduites. La Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) vient de publier son rapport 2007 sur le niveau moyen de risque d'impayés à court terme présenté par les entreprises d'un pays.

Les 1200 spécialistes français et étrangers du monde de la finance, des affaires et de la recherche ont ainsi dressé, à l'aide de 7 indicateurs (conjoncture économique, solidité du secteur bancaire, environnement politique, surendettement extérieur …) le bilan de l'année écoulée et ont examiné les tendances majeures de l'environnement économique dans 152 pays.

Par de savantes analyses, ces experts ont attribué une note allant de A à D à chaque pays selon les risques qu'il représente pour les candidats aux affaires, en particulier les multinationales.

Reclassé de C à B depuis juillet 2005, notre pays a maintenu sa cotation (B) en 2006 grâce en grande partie aux recettes engrangées par l'or noir. Avec un taux de croissance de 2,4% contre 3,2 % initialement anticipé cette année-là, les prix élevés du cours du brut et du manganèse ont permis d'alléger l'ardoise d'endettement de l'Etat estimée globalement à 1 762,2 milliards de francs à fin octobre 2005, selon la BEAC.

Les investisseurs et les créanciers multilatéraux se sont retrouvés, de facto, soulagés quant au respect ferme des engagements conclus et pour ceux à venir. En effet, les prévisions du FMI sur la balance des paiements courants de l'Afrique en 2006 présumaient déjà un excédent en hausse de 22, 5 % (40 milliards de dollars contre 31 milliards en 2005).

Et cette performance essentiellement due au solde positif de la balance pétrolière (+ 150 milliards de francs) profiterait principalement, dans l'ordre, à la Libye (43,3%) et au... Gabon (19,6%). Des résultats qui lui ont donc permis de dégraisser les arriérés de sa dette publique évalués actuellement à moins de 40% du PIB contre 53% en 2004 et réconforté sa confiance auprès de ses principaux bailleurs de fonds (le Club de Paris, l'Union européenne, la Bad ...).

Le gouvernement s'est déjà acquitté de près de 120 milliards de francs de dettes contractés auprès des entreprises nationales au titre des créances négociés avec le club de Libreville.

Par ailleurs les années 2005 et 2006 ont confirmé les engagements pris par l'Etat envers les multilatéraux.

En témoigne, le satisfecit accordé dernièrement par le directeur général du Fonds monétaire internationale (FMI), Rodrigo De Rato, concernant les réformes structurelles engagées depuis 2004 par l'Etat.

On citera son adhésion à l'Initiative de transparences des industries extractives (ITIE), les privatisations achevées ou en cours, la restructuration des monopoles d'Etat, la maîtrise des dépenses publiques avec peut-être l'adoption prochaine d'une nouvelle nomenclature budgétaire ...

Des évolutions vers la bonne gouvernance qui pourraient déboucher sur un nouveau pro gramme triennal après l'accord de confirmation de 14 mois qui s'est achevé avec satisfaction en juillet 2005.

De plus, le climat politique rassurant et (presque) unique dans une région en proie à l'insurrection et à l'insécurité, a concouru davantage à mettre en confiance les investisseurs. Les dernières joutes électorales (présidentielles et législatives) se sont déroulées, pour le moins, sans heurt grâce au consensus politique dont se sont culturellement appropriées les populations.

PERSPECTIVES • Cependant, à l'image de la moyenne régionale, notre pays figure toujours dans la catégorie des pays présentant « un environnement économique et politique incertain, susceptible d'affecter des comportements de paiement souvent médiocres ».

Les années de récession (2003-fin 2004) qui ont détérioré ses relations économiques internationales (C) ne sont plus, on le souhaite, que de lointains souvenirs.

Après des années de grâce retrouvée en 2001 et 2002 (B), le Gabon vivait une crise économique non négligeable en 2003 (-0,3 % de taux de croissance) en affichant des risques d'impayés élevés.

Il s'était même fait rappeler brutalement à l'ordre par le gendarme de la finance mondiale, le FMI, par une de ses célèbres et drastiques cures d'assainissement des finances publiques. Mais si effort durable se faisait, il pourrait, atteste le rapport, améliorer qualitativement sa note. Notamment au niveau de l'assainissement de son environnement des affaires jugé incertain par la Banque mondiale et des capacités institutionnelles insuffisantes qui freinent encore son développement.

En outre, le coût élevé des facteurs de production, lié à des infrastructures déficientes, handicapent, souligne la Coface la compétitivité du pays. L'économie nationale demeure encore trop dépendante du secteur pétrolier (40% du PIB, 85 % des exportations et 60% des recettes budgétaires). Ce qui le rend, de fait, vulnérable aux effets de yoyo des cours mondiaux fragilisés par le climat politique internationale.

Une diversification réelle et imminente aurait comme avantage de sécuriser les prêts contractés et parer à toute éventualité d'où qu'elle naisse. Néanmoins, l'étude mentionne que les investissements faramineux en cours de démarrage dans le secteur minier (fer de Belinga, manganèse d'Okondja, de Franceville, de Mbigou et de Ndjolé, niobium de Lambaréné ... ) devraient constituer l'un des détonateurs et accélérer le rythme de l'activité.

Le Gabon profiterai également, pour une année supplémentaire (et peut-être même davantage) de la conjoncture très favorable des matière premières.

Notre pays, à l'instar des pays exportateurs de pétrole, devrait afficher des excédents confortables, tant des comptes commerciaux que des comptes courants, permettant ainsi de reconstituer ses réserves en devises. '

Selon les dernières prévisions du FMI contenues dans son rapport World Economic Outlook et analysé par l'hebdomadaire Jeune Afrique, la cagnotte pétrolière devrait franchir la barre des 1000 milliards de dollars cette année.

Elle s'élèverait exactement à 1008, 6 milliards de dollars pour un prix moyen de 75,50 dollars le baril, contre 878 milliards en 2006 et un prix de 69,20 dollars.

Des estimations qui ont de quoi apaiser les craintes d'incapacité de paiement encore perceptibles et attirer enfin les investisseurs.

Source : Journal L'Union Plus du 29 Janvier 2007

 



   

FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Le président Bongo Ondimba affiche sa volonté

AGRICULTURE
Quand le niveau de production et des disponibilités alimentaires inquiète

AGRICULTURE
Les ménages face au bas niveau nutritionnel

INVESTISSEMENTS / RAPPORT RISQUE-PAYS 2007 (COFACE)
Gabon: situation stable et avis de beau temps

FAIT DIVERS
Psychose au Collège Théodore Kwaou de Mandji

CLÔTURE DU 5E SALON DU LIVRE LIBREVILLE
Une exaltation du plaisir de lire

PORT-GENTIL/FAIT DIVERS
Maxwell Owusu le médecin marron dans la nasse

Pour moi quoi...Makaya
LA politique, c'est vraiment un monde mystérieux, un jeu compliqué, quoi.