AGRICULTURE
Les
ménages face au bas niveau nutritionnel
Pour environ 95 % des ménages,
la nourriture reste la première préoccupation.
Ainsi, le pain, le riz et la viande surgelée
seraient-ils les aliments les plus consommés.
UNE étude a révélé que les
possibilités financières du Gabon lui permettent
de disposer en permanence des quantités
suffisantes de nourriture sur les marchés.
Pour 2001, le niveau de
disponibilités alimentaires était estimé à 2 602
Kcal (dont 60% provenaient des importations) par
personne et par jour.
Cependant, comme dans la
plupart des pays sous-développés, la pression
familiale, les prix élevés des denrées et la
grande proportion de bas revenus constituent
dans notre pays des facteurs qui réduisent
l'accès des consommateurs à la nourriture.
Ce, d'autant plus que, pour
environ 95 % des ménages, la nourriture reste
leur première préoccupation. Ainsi, le pain, le
riz et la viande surgelée seraient-ils les
aliments les plus consommés.
La même étude affirme qu'en
1994, à Libreville, ces produits étaient
consommés quotidiennement par 93 % des ménages
pour le pain, 57% pour Ie riz et 51 % pour la
viande bovine.
Les apports caloriques de la
ration de base étant fournis à raison de 55 par
les céréales, 28 % par les tuber cules et
féculents, 16 % par les produits animaux et 1 %
par les légumes et feuilles.
Les spécialistes de la
nutrition affirment que, globalement, les
quantités alimentaires quotidiennes consommées
par personne au sein des ménages sont faibles
tant en milieu urbain qu'en zone rurale. Le
revenu élevé par tête d'habitant (l'on parle de
plus de 3160$ par an) ne se traduit pas par une
réduction significative de la pauvreté et des
inégalités.
Le paradoxe est plus
frappant, puisque ce niveau de revenu ne
s'accompagne pas d'une ration alimentaire
suffisante pour la majorité des ménages
gabonais.
La cause
de l'insécurité alimentaire
L'ESSOR du secteur agricole a
été entravé par de nombreux facteurs
structurels: exode rural, vieillissement de la
population rurale, mauvais état des routes,
faible capacité des exploitations agricoles,
choix stratégiques privilégiant la création des
complexes agro-industriels organisés par
filières (hévéa, huile de palme, cacao, café,
viande bovine, poulet de chair), etc.
Cela n'est ignoré de
personne, les agro-industries se sont révélées
difficilement rentables et leur part dans le PIB
est tombée de 2,2 % en 1994 à 1,4% en 1997. Dans
le même temps, le taux de croissance de la
production alimentaire par habitant est tombée à
un taux en dessous du seuil normal annuel (-4,4
%).
La croissance démographique
s'étant élevée à 2,5 % pendant la même période,
il en a découlé un déséquilibre entre la
croissance de la production agricole et la
croissance démographique qui s'est traduite par
une aggravation de l'insécurité alimentaire et
par une augmentation des importations.