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Le quotidien l'Union du 29 Janvier 2007

 

AGRICULTURE

Quand le niveau de production et des disponibilités alimentaires inquiète

La sous-productivité du secteur agricole national, selon le ministère de tutelle; est criante, avec une forte diminution des disponibilités alimentaires locales par habitant entre 1960 et 2003.

LORS du Forum national de consensus sur le développement agropastoral et rural, du 10' au 13 mai 2006 au Delta postal, les participants avaient marqué leur inquiétude quant au fait que "les effets combinés de l'exode rural et du vieillissement de la population agricole conduisent a une réduction de la superficie cultivée et du nombre d'exploitations agricoles".

Selon eux, cette situation, qui n'est pas coin pensée par un gain de productivité, débouche sur une stagnation voire une diminution des quantités alimentaires pro duites chaque année dans notre pays. D'autres sources mettent en évidence, pour les produits de base, les niveaux e disponibilités alimentaires.

Lesquels ont fortement baissé (- 80% en moyenne) de 1960 à 2003, soit une régression moyenne annuelle et par habitant de 1,86%. La sous-productivité du secteur agricole national, selon le ministère de tutelle, est criante, avec une forte diminution des disponibilités alimentaires locales par habitant de 1960 à l'an 2003.

Les quantités seraient passées de 685 à 142 kg pour le manioc, de 616 à 128 kg pour la banane plantain, de 294 a 66 kg pour le tarô, de 21 à 5 k pour les légumes et de 128 7 kg pour les fruits.

Cette situation met à mal notre niveau de sécurité alimentaire, et cette baisse des disponibilités alimentaires n'est pas de nature à favoriser notre souveraineté dans ce domaine vital. La conséquence de la sous-production nationale est la croissance rapide des importations alimentaires pour, particulièrement, couvrir les besoins de la population urbaine estimée à plus de 80% de la population totale.

Par ailleurs, le niveau moyen de disponibilité alimentaire par habitant des principaux aliments importés serait passé, de 1974 à 2001; de36à43kgpourlepain,de 6 à 37 kg pour le riz (denrée autrefois cultivée dans la Nyanga), de 3 à 17 kg pour les pâtes alimentaires et de 4 à 15 kg pour la viande bovine.

La sous-production de l'agriculture gabonaise et le changement rapide des habitudes alimentaires au profit des produits importés, engendrent une forte dépendance alimentaire.

Entre 2000 et 2002, le taux de croissance des importations alimentaires annuelles se situait à 9%. Ces importations ont entraîné une importante sortie de devises, qui est passée de 70,5 milliards de francs en1995 à 134 milliards en 2002 (hors boissons).

Si l'on peut considérer que les besoins de la consommation nationale sont assez bien couverts par la production locale, notamment en ce qui concerne le manioc (70%0), la banane plantain (74%), l'arachide (75%), les fruits (65%), les produits de la pêche (74%), ainsi que le tiercé taro/igname/ patate (71%).

A l'inverse, pour les autres produits, la couverture est quasiment nulle, notamment pour le maïs (30%), les huiles et matières grasses (21%), les légumes (18%o), la viande porcine (9%), la volaille (6%), la viande bovine (2%) la pomme de terre (0%), le riz (0%) et le blé (0%).

Le taux de croissance de la production agricole (moins de 2,5%) reste inférieur à la croissance démographique (1,8% pour la période 2000-2005). Une réalité qui a un impact négatif sur la sécurité alimentaire, surtout que les produits importés (blé, riz, viande bovine...) supplantent les produits locaux et transforment nos habitudes alimentaires.

Eu égard à ce qui précède, d'aucuns espèrent que le Programme spécial de sécurité alimentaire (PSSA), auquel le Gabon a adhéré, permettra de faire face aux questions liées à l'insécurité alimentaire.

Source : Journal L'Union Plus du 29 Janvier 2007

 



   

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