AGRICULTURE
Quand le
niveau de production et des disponibilités
alimentaires inquiète
La sous-productivité du
secteur agricole national, selon le ministère de
tutelle; est criante, avec une forte diminution
des disponibilités alimentaires locales par
habitant entre 1960 et 2003.
LORS du Forum national de
consensus sur le développement agropastoral et
rural, du 10' au 13 mai 2006 au Delta
postal, les participants avaient marqué
leur inquiétude quant au fait que "les effets
combinés de l'exode rural et du vieillissement
de la population agricole conduisent a
une réduction de la superficie cultivée et du
nombre d'exploitations agricoles".
Selon eux, cette situation,
qui n'est pas coin pensée par un gain de
productivité, débouche sur une stagnation voire
une diminution des quantités alimentaires pro
duites chaque année dans notre pays. D'autres
sources mettent en évidence, pour les produits
de base, les niveaux e disponibilités
alimentaires.
Lesquels ont fortement baissé
(- 80% en moyenne) de 1960 à 2003, soit une
régression moyenne annuelle et par habitant de
1,86%. La sous-productivité du secteur agricole
national, selon le ministère de tutelle, est
criante, avec une forte diminution des
disponibilités alimentaires locales par habitant
de 1960 à l'an 2003.
Les quantités seraient
passées de 685 à 142 kg pour le manioc, de 616 à
128 kg pour la banane plantain, de 294 a 66 kg
pour le tarô, de 21 à 5 k pour les légumes et de
128 7 kg pour les fruits.
Cette situation met à mal
notre niveau de sécurité alimentaire, et cette
baisse des disponibilités alimentaires n'est pas
de nature à favoriser notre souveraineté dans ce
domaine vital. La conséquence de la
sous-production nationale est la croissance
rapide des importations alimentaires pour,
particulièrement, couvrir les besoins de la
population urbaine estimée à plus de 80% de la
population totale.
Par ailleurs, le niveau moyen
de disponibilité alimentaire par habitant des
principaux aliments importés serait passé, de
1974 à 2001; de36à43kgpourlepain,de 6 à 37 kg
pour le riz (denrée autrefois cultivée dans la
Nyanga), de 3 à 17 kg pour les pâtes
alimentaires et de 4 à 15 kg pour la
viande bovine.
La sous-production de
l'agriculture gabonaise et le changement rapide
des habitudes alimentaires au profit des
produits importés, engendrent une forte
dépendance alimentaire.
Entre 2000 et 2002, le taux
de croissance des importations alimentaires
annuelles se situait à 9%. Ces importations ont
entraîné une importante sortie de devises, qui
est passée de 70,5 milliards de francs en1995 à
134 milliards en 2002 (hors boissons).
Si l'on peut considérer que
les besoins de la consommation nationale sont
assez bien couverts par la production locale,
notamment en ce qui concerne le manioc (70%0),
la banane plantain (74%), l'arachide (75%), les
fruits (65%), les produits de la pêche (74%),
ainsi que le tiercé taro/igname/ patate (71%).
A l'inverse, pour les autres
produits, la couverture est quasiment nulle,
notamment pour le maïs (30%), les huiles et
matières grasses (21%), les légumes
(18%o), la viande porcine (9%), la volaille
(6%), la viande bovine (2%) la pomme de terre
(0%), le riz (0%) et le blé (0%).
Le taux de croissance de la
production agricole (moins de 2,5%) reste
inférieur à la croissance démographique
(1,8% pour la période 2000-2005). Une réalité
qui a un impact négatif sur la sécurité
alimentaire, surtout que les produits importés
(blé, riz, viande bovine...) supplantent les
produits locaux et transforment nos habitudes
alimentaires.
Eu égard à ce qui précède,
d'aucuns espèrent que le Programme spécial de
sécurité alimentaire (PSSA), auquel le Gabon a
adhéré, permettra de faire face aux questions
liées à l'insécurité alimentaire.