NOUVEAU GOUVERNEMENT /
L'OPPOSITION RÉAGIT
L'opposition s'attendait à mieux
Les leaders des partis de ce
regroupement politique, qui souhaitaient voir un
gouvernement resserré, compact en vue de
répondre au mieux aux préoccupations des
Gabonais, n'ont pas caché leur déception.
Jules-Aristide Bourdès
Ogoulinguendé (CDJ) : «LA formation du
gouvernement est un acte prévue par la
Constitution, il est normal qu'après avoir
largement remporté les élections lors des
dernières législatives que la majorité, sous la
férule du PDG, forme le gouvernement de la
manière qu'elle l'entend. Nous attendons, pour
notre part, de voir les actes que ce
gouvernement va poser afin de le juger sur
pièce.»
Pierre Mamboundou (UPG) :
« D'abord il faut savoir que le gouvernement
est l'émanation de la majorité à
l'Assemblée nationale. Et celui qui vient
d'être rendu public respecte ce principe, ou du
moins cette pratique. Cependant, le constat que
nous faisons est que ce
gouvernement ressemble fortement à celui que
jean Eyéghé Ndong a dirigé un an durant.
Et quand on regarde les résultats obtenus
par cette équipe après que le Premier ministre a
ouvertement pourfendu, dans le cadre de
son discours de politique générale, tous les
maux dont souffre le pays, on a peine à
croire que cette même équipe puisse avoir des
résultats probants. A partir de ce constat, la
formation de ce gouvernement constitue, pour
nous, un épiphénomène, pour ne pas dire un non
événement. Dans tous les cas, ce gouvernement
est un ectoplasme et nous a
n'attendons rien de celui-ci. D'autant plus
qu'il a une dimension qui va augmenter son
immobilisme. Manifestement, la publication de
cette équipe gouvernementale montre bien qu'on
fait du surplace. Mais attention, qui n'avance
pas recule. Et quand on observe le nombre de
conflits sociaux, de problèmes économiques, nos
difficultés d'être éligibles dans les
organisations financières internationales,
personne n'a besoin d'être devin pour prédire
qu'il ne se passera rien. vous comprenez
aisément pourquoi pour ne pas faire de la
figuration, l'ensemble des partis de
l'opposition a décliné l'offre du
président de la République qui nous
demandait d'entrer au gouvernement. La situation
économique et sociale est telle qu'il
faut un électrochoc. Et à mon avis,
celui-ci n'est possible que s'il y a un
gouvernement resserré, compact, profondément
renouvelé et ayant un objectif assigné et
un chronogramme de réalisations avec un objectif
de résultats.»
Nicaise Sickout Iguendja
(PGP) : « Normalement, la voix autorisée
pour vous donner le point de vue du PGP est
celle de son président Me Séraphin Ndaot Rembogo.
Il n'empêche qu'en tant qu'acteur politique je
dise que la composition du gouvernement
se résume par la formule selon laquelle "on
prend les mêmes et on recommence". C'est du bis
repetita, pour être plus clair. Aujourd'hui,
tout le monde s'accorde à dire que pour
transformer notre pays et rompre avec nos
vieilles habitudes, le Gabon a besoin d'hommes
et de femmes ayant l'amour du pays, et capables
de forger de nouveaux mythes fondateurs de notre
Etat Des hommes et des femmes conscients de ce
qu'il y a urgence que le pays se relève au plan
économique et social des hommes et des femmes
qui entendent la souffrance du peuple,
mais aussi qui soient capables d'imaginer des
solutions aux problèmes auxquels celui-ci est
confronté. Les Gabonais n'ont pas subi
d'électrochoc après la composition du
gouvernement dont la mission est d'appliquer, on
l'espère, le programme dit des "Actes pour le
Gabon". Pour ma part, j'aurais souhaité qu'on
innove un peu. En faisant en sorte que le nombre
de ministres cadre avec notre démographie. Ce
qui implique à l'évidence que celui ci devait
être changé au moins aux deux tiers en plus de
renouveler ses membres. Et ce n'est pas demain
qu'il faut s'attendre à l'émergence d'une
nouvelle classe politique.»
Zacharie Myboto (UGDD) :
« De notre point de vue, la situation
particulièrement grave que vit notre pays
commandait en toute logique la mise en place
d'une équipe gouvernemental resserrée et
dynamique, à l'instar des cabinets formes au
lendemain de la Conférence nationale en 1990 et
des Accords de Paris en 1994. L'opinion
nationale et internationale aurait vu en cela,
un signal fort de la volonté du pouvoir
d'amorcer un véritable changement, et de
s'attaquer résolument aux problèmes du Gabon et
des Gabonais. Or, la nouvelle équipe
gouvernementale se caractérise principalement
par sa démesure: 50 ministres contre 49 dans le
précédent cabinet: Il bat ainsi le record de la
pléthore ministérielle depuis 1990. Derrière cet
"Acte pour le Gabon"; on s'aperçoit plutôt la
volonté réaffirmée du pouvoir de distribuer à
titre de "récompenses", sur fond d'une
géopolitique surannée et au détriment du plus
grand nombre de Gabonais.»