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Le quotidien l'Union du 27 Février 2007

 

FAIT DIVERS

Elle abandonne le cadavre de son enfant chez ses beaux-parents

Le 11 février dernier, Nadège Aziang-Bédé, une Togolaise de vingt ans, est allée jeter le corps de son nouveau-né chez les parents de son partenaire derrière la pédiatrie à Owendo. Le macchabée est resté longtemps sur le bas-côté avant d'y être dégagé. Pourquoi la parturiente a-t-elle agi de la sorte ? Enquête.

UN cadavre de nouveau-né gisant au sol. L'image a ému plus d'une personne derrière la pédiatrie, à Owendo. La mère du bébé décédé, une certaine Nadège Aziang-Bédé, d'origine togolaise de vingt ans, n'a pas trouvé mieux que d'aller jeter le corps de son enfant chez les parents de son compagnon de nationalité nigériane, connu sous le prénom de Stephan.

De fait, c'est le ras-le-bol qui l'a poussée à agir de la sorte. D'après nos investigations, la jeune femme vivotait pendant la période de gestation. Abandonnée par l'auteur de la grossesse, l'expatriée tirait le diable par la queue, errant à la recherche de fuyantes espèces sonnantes et trébuchantes. Pis, elle n'a fait aucune visite médicale pour déceler à temps certaines anomalies parfois fatales aux nouveau-nés. En fait, son partenaire l'a abandonnée dès les premières semaines de grossesse.

C'est en juin 2006 que commencent les malheurs de Nadège Aziang-Bébé. Ce mois-là, l'amour que son partenaire et elle se vouent commence à se désagréger. Chez Stephan où elle se rend certains soirs pour y passer la nuit, il y a désormais de petites scènes, qui se terminent avec des hurlements: le Nigerian la bat à la moindre fâcherie. Aveuglée par l'amour, Nadège décide de prendre son mal en patience, espérant que leurs rapports s'amélioreront avec le temps. Mais les jours passent et se ressemblent. Stephan ne veut plus de la relation. II le signifie à Nadège.

Mais cette dernière ne veut pas l'entendre de cette oreille, a cause de la grossesse qu'elle porte. Un soir, le Nigérian lui fait comprendre qu'il ne reconnaîtra pas la paternité de l'enfant qu'elle attend. " C'est toi qui m'as engrossée. Tu reconnaîtras l'enfant et tu assumeras tes responsabilités'; réplique la jeune Togolaise. Ce soir-là encore, il y a encore une petite scène avec des hurlements: pour repousser sa compagne devenue brusquement indésirable, Stephan hésite pas de lui donner une raclée.

Résolu à disparaître de sa vue, il change d'habitation. Lorsque Nagège revient un autre jour demander des sous pour faire les examens prénataux, elle apprend que son compagnon a déménagé avec armes et bagages. Ou est-il passé ? A-t-il voyagé ? Rien n'est moins sûr. Lorsqu'elle tente de le joindre par téléphone, son numéro est indisponible. En réalité, le Nigérian fuit ses responsabilités. Tout ce qui reste à Nadège c'est de se prendre en charge. Pourtant, les choses ne sont pas si simples pour elle. Car, les revenus qu'elle tire de la vente de babioles ne lui permettent pas de joindre les deux bouts. Les mois passent

et son ventre gagne en volume. Aucun examen prénatal n'est effectué. Et il en sera d'ailleurs ainsi pendant toute la période de gestation. Lorsqu'elle éprouve des contractions, elle se rend dans une maternité de la place. Les sages-femmes sont indignées du fait que Nadège n'ait effectué aucun examen pendant la période de grossesse. "Je n'avais pas de moyens. Celui qui m'a donné cette grossesse a fui, explique-t-elle. Dans la salle d'accouchement, les sages-femmes croisent les doigts pour que le pire ne se produise pas. Car elles ne disposent d'aucune donnée à même de les orienter dans leur tâche. Dieu seul sait le sort réservé à la parturiente et son futur bébé.

Tout compte fait, l'accouchement s'est passé sans problème. Mais le nouveau-né est mal en point, faute d'un suive médical pendant la période de gestation. Des heures vont s'égrener et Nadège retient son souffle, le médecin se montre dubitatif quand à la survie du bébé. In fine, l'enfant rend l'âme le lendemain à 2h du matin. Toute chose qui irrite davantage la jeune Togolaise. Excédée, elle prend le macchabée et va le jeter chez ses beaux-parents derrière la pédiatrie d'Owendo. "J'ai agi comme ça parce que je n'avals pas les moyens pour à inhumer le corps de l'enfant," nous a-t-elle confié.

Source : Journal L'Union Plus du 27 Février 2007

 



   

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