FAIT DIVERS
Elle
abandonne le cadavre de son enfant chez ses
beaux-parents
Le 11 février dernier, Nadège
Aziang-Bédé, une Togolaise de vingt ans, est
allée jeter le corps de son nouveau-né chez les
parents de son partenaire derrière la pédiatrie
à Owendo. Le macchabée est resté longtemps sur
le bas-côté avant d'y être dégagé. Pourquoi la
parturiente a-t-elle agi de la sorte ? Enquête.
UN
cadavre de nouveau-né gisant au sol. L'image a
ému plus d'une personne derrière la pédiatrie, à
Owendo. La mère du bébé décédé, une certaine
Nadège Aziang-Bédé, d'origine togolaise de vingt
ans, n'a pas trouvé mieux que d'aller jeter le
corps de son enfant chez les parents de son
compagnon de nationalité nigériane, connu sous
le prénom de Stephan.
De fait, c'est le ras-le-bol
qui l'a poussée à agir de la sorte. D'après nos
investigations, la jeune femme vivotait pendant
la période de gestation. Abandonnée par l'auteur
de la grossesse, l'expatriée tirait le diable
par la queue, errant à la recherche de fuyantes
espèces sonnantes et trébuchantes. Pis, elle n'a
fait aucune visite médicale pour déceler à temps
certaines anomalies parfois fatales aux
nouveau-nés. En fait, son partenaire l'a
abandonnée dès les premières semaines de
grossesse.
C'est en juin 2006 que
commencent les malheurs de Nadège Aziang-Bébé.
Ce mois-là, l'amour que son partenaire et elle
se vouent commence à se désagréger. Chez Stephan
où elle se rend certains soirs pour y passer la
nuit, il y a désormais de petites scènes, qui se
terminent avec des hurlements: le Nigerian la
bat à la moindre fâcherie. Aveuglée par l'amour,
Nadège décide de prendre son mal en patience,
espérant que leurs rapports s'amélioreront avec
le temps. Mais les jours passent et se
ressemblent. Stephan ne veut plus de la
relation. II le signifie à Nadège.
Mais cette dernière ne veut
pas l'entendre de cette oreille, a cause de la
grossesse qu'elle porte. Un soir, le Nigérian
lui fait comprendre qu'il ne reconnaîtra pas la
paternité de l'enfant qu'elle attend. " C'est
toi qui m'as engrossée. Tu reconnaîtras
l'enfant et tu assumeras tes responsabilités';
réplique la jeune Togolaise. Ce soir-là
encore, il y a encore une petite scène avec des
hurlements: pour repousser sa compagne devenue
brusquement indésirable, Stephan hésite pas de
lui donner une raclée.
Résolu à disparaître de sa
vue, il change d'habitation. Lorsque Nagège
revient un autre jour demander des sous pour
faire les examens prénataux, elle apprend que
son compagnon a déménagé avec armes et bagages.
Ou est-il passé ? A-t-il voyagé ? Rien n'est
moins sûr. Lorsqu'elle tente de le joindre par
téléphone, son numéro est indisponible. En
réalité, le Nigérian fuit ses responsabilités.
Tout ce qui reste à Nadège c'est de se prendre
en charge. Pourtant, les choses ne sont pas si
simples pour elle. Car, les revenus qu'elle tire
de la vente de babioles ne lui permettent pas de
joindre les deux bouts. Les mois passent
et son ventre gagne en
volume. Aucun examen prénatal n'est effectué. Et
il en sera d'ailleurs ainsi pendant toute la
période de gestation. Lorsqu'elle éprouve des
contractions, elle se rend dans une maternité de
la place. Les sages-femmes sont indignées du
fait que Nadège n'ait effectué aucun examen
pendant la période de grossesse. "Je n'avais
pas de moyens. Celui qui m'a donné cette
grossesse a fui, explique-t-elle. Dans la
salle d'accouchement, les sages-femmes croisent
les doigts pour que le pire ne se produise pas.
Car elles ne disposent d'aucune donnée à même de
les orienter dans leur tâche. Dieu seul sait le
sort réservé à la parturiente et son futur bébé.
Tout compte fait,
l'accouchement s'est passé sans problème. Mais
le nouveau-né est mal en point, faute d'un suive
médical pendant la période de gestation. Des
heures vont s'égrener et Nadège retient son
souffle, le médecin se montre dubitatif quand à
la survie du bébé. In fine, l'enfant rend l'âme
le lendemain à 2h du matin. Toute chose qui
irrite davantage la jeune Togolaise. Excédée,
elle prend le macchabée et va le jeter chez ses
beaux-parents derrière la pédiatrie d'Owendo. "J'ai
agi comme ça parce que je n'avals pas les moyens
pour à inhumer le corps de l'enfant," nous
a-t-elle confié.