CONFÉRENCE DE PRESSE DU SG DE
LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS DE L'HOMME
«Une
autorité qui envoie un innocent en prison creuse
sa propre tombe»
Cette profession de foi du
secrétaire général de la Commission nationale
des droits de l'homme, Ibrahim
Bignoumbe-Bi-Moussavou, a été maintes fois
exprimée, samedi dernier, par le conférencier
qui dénonce les cas de violations quotidiennes
des droits humains, par une certaine catégorie
des citoyens.
C'EST
un secrétaire général de la Commission nationale
des droits de l'homme particulièrement offensif,
qui s'est exprimé samedi dernier, face à des
journalistes. Pour cette première rencontre,
sous forme de bilan d'activités de son action à
la tête de l'institution, Ibrahim
Bignoumba-Bi-Moussavou, n'a pas fait que lire un
document de 13 pages, qu'il avait pris le soin
de remettre à chaque organe de presse. Il a
aussi, donné le point de vue du magistrat,
devant une situation devenue préoccupante de
violations des droits fondamentaux de la
personne humaine.
Créée par la loi N? 019/2005
du 03 janvier 2006, la Commission nationale des
Droits de l'Homme (CNDH) est une autorité
administrative indépendante, dotée de la
personnalité juridique et chargée de la
promotion et de la protection des droits de
l'homme en République gabonaise.
Ainsi, la CNDH doit être
consultée pour avis sur toute question et tout
projet de texte traitant des Droits de l'Homme.
Elle veille à leur respect en s'assurant de la
conformité du droit gabonais et de son
application aux engagements du Gabon et aux
instruments relatifs aux Droits de l'Homme. Tout
comme elle assiste les pouvoirs publics dans
l'élaboration des textes et du rapport sur
l'application des Droits de l'Homme, et examine
les recommandations, les propositions et les
requêtes dont elle est saisie en matière. La
CNDH coopère également avec l'Organisation des
Nations unies, ses organismes spécialisés et les
institutions nationales des pays tiers ou
internationaux impliqués dans la protection et
la promotion des Droits de l'Homme.
Il conviendrait aussi
d'indiquer qu'au sens de la loi susvisée, on
entend par "Droits de l'homme", les droits
consacrés notamment par la Déclaration des
Droits de l'Homme et du citoyen de 1789 ; la
Déclaration universelle des Droits de l'Homme de
1848 ; les dispositions des traités et
conventions des Nations unies, concernant ce
domaine et ratifiés par notre pays ; la Charte
africaine des droits de l'Homme et des peuples
de 1981; les dispositions du préambule de la
Constitution relatives aux Droits de l'Homme et
du citoyen; et enfin, la Charte nationale des
libertés de 1990.
CADRE DE TRAVAIL DIGNE •
Aussi, en dépit des difficultés de
fonctionnement, la commission étant toujours
sans local, quatre projets de décrets ont été
élaborés pour permettre un fonctionnement
efficient de cette structure et une réponse aux
attentes de la communauté nationale et
internationale par rapport à la promotion et à
la protection des Droits de l'Homme chez nous.
Il faut aussi ajouter l'élaboration de deux
textes réglementaires, déjà examinés par le
Conseil d'État et adoptés en conseil des
ministres. Ces textes devraient permettre au
gouvernement de répondre aux attentes de la
communauté nationale et internationale.
Le premier texte permet
dorénavant au gouvernement d'élaborer, en temps
voulu, les rapports initiaux et périodiques sur
les Droits de l'Homme, et ce dans le cadre d'un
Comité national dont l'autorité et l'importance
n'échappent à personne. Le second est un saut
qualitatif, fait par le gouvernement dans le
souci de mobiliser toutes les énergies pour la
consolidation de l'État de droit.
Fort des efforts consentis
dans ce domaine par les plus hautes autorités
politiques, en tête desquelles, le chef de
l'État, Omar Bongo Ondimba, le secrétaire
général de la CNDH, Ibrahim
Bignoumba-Bi-Moussavou, a parlé de la
célébration de la journée nationale des Droits
de l'Homme, le 30 mai prochain, et de la journée
internationale des Droits de l'Homme, le 10
décembre de chaque année dans notre pays. Il est
entendu que le 30 mai commémore l'anniversaire
de la libération des esclaves, en 1846 à
Libreville. Alors que, le 10 décembre commémore
l'anniversaire de l'adoption par l'Assemblée
générale des Nations unies, en 1948 de la
Déclaration universelle des Droits de l'Homme.
De ce fait, four tenir compte
des obligations de l'Etat, consécutives à
l'entrée en vigueur, cette année, de ces textes,
la direction générale des Droits de l'Homme
devrait pouvoir soumettre, le plus tôt possible,
au vice-Premier ministre à la Présidence de la
République, en charge de ce secteur, Paul Mba
Abessole, des propositions devant être prises en
compte dans la loi de finances rectificative
2007. Il faut dire que, depuis la mise en place
de cette commission, en mai dernier, la CNDH a
enregistré huit cas de violation des droits
humains qui devraient être soumis aux autorités
compétentes.
Lorsque Bignoumba-Bi -Moussavou
déclare qu' « une autorité qui condamne un
innocent creuse sa propre tombe », il montre
tout l'engagement de ce magistrat à dénoncer de
nombreux cas de violations.
Reste que pour bien mener cet
ambitieux programme, la Commission nationale des
Droits de l'Homme devrait bénéficier d'un cadre
de travail digne.