ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR /
UNIVERSITÉ OMAR BONGO
Les
parents des étudiants exclus sollicitent
l'arbitrage du chef de l'État
Tout en remettant en cause la
manière dont se sont déroulés les Conseils de
discipline à l'UOB , les parents menacent
d'intenter une action en justice contre
l'enseignant "supposé agressé" et les autres,
pour faux témoignages.
APRÈS
l'interpellation, dans la nuit de mercredi à
jeudi dernier, des treize étudiants exclus de
l'Université Omar Bongo par la gendarmerie
nationale, au moment où ceux-ci entamaient leur
quatrième jour de grève de la faim à côté du
portail principal de cette institution, les
parents de dés étudiants ont tenu jeudi
après-midi, un point de presse dans l'un des
locaux' du centre préscolaire des "'Soeurs
bleues", sis à l'ancienne Gare routière.
Dans leur déclaration, ils
ont dénoncé le mauvais déroulement des Conseils
de discipline depuis le mois de mai 2006 et dont
le dernier a conduit à l'exclusion de leurs
enfants' au début du mois en cours. Pour eux,
les étudiants exclus sont tout simplement
victimes d'une injustice, d'une machination et
d'un règlement de coin tes de la part des
responsables et de certains enseignants de l'UOB,
vis-à-vis de leurs enfants.
Les parents se demandent
pourquoi l'enseignant, sachant l'entrée
principale de l'UOB bloquée, s'est-il rendu
là-bas, alors que tout le monde passait
librement par la bibliothèque universitaire.
Pour les orateurs, il s'agit "d'une
provocation préméditée et avérée', qui
mérite d'être sanctionnée par les autorités de
la République, et partant celles du rectorat.
"Cela nous conduit à nous interroger sur les
intentions réelles de cet enseignant, alors
qu'on sait qu'il ne revient pas aux enseignants
de régler les problèmes posés par les étudiants
à l'administration universitaire", a déclaré
Marcellin Allogo Edou, porte-parole des parents
des exclus.
Ainsi réfutent-ils en bloc la
version donnée par l'enseignant auprès de ses
supérieurs hiérarchiques et collègues. Laquelle
fait allusion à un secours qu'il aurait porté à
ses collègues. De ce fait, ces propos jugés
déplacés par le collectif des parents, ont
"induit en erreur" les syndicats Snec et
Frapes-UOB, qui l'ont soutenu sans aucune
réserve.
Et de constater qu'après
cette supposée agression, aucune déclaration
devant les médias n'a été faite par l'intéressé,
aucune enquête menée, aucun certificat médical
présenté, encore moins de témoin fiable
interrogé pour confirmer la thèse d'une
agression avérée. Pis, "le présumé agressé
lors des Conseils de discipline n'a pas reconnu
les étudiants traduits en Conseil comme l'ayant
roué de coups. Il ressort également de son
compte rendu qu'aucun lien n'a été établi entre
les étudiants aujourd'hui exclus et leur
participation à ce mouvement et hypothétique
agression"; a poursuivi le porte-parole.
Par conséquent, estimant que
leurs enfants ne doivent pas faire l'objet
"d'une vengeance en vue délaver un honneur'',
que " les décisions prises font l'objet
de plusieurs irrégularités" et que "les
membres des syndicats SNEC et FRAPES, étaient
juges et parties", les parents ont
interpellé le chef de l'Etat et son Premier
ministre, afin qu'une solution durable soit
trouvée à ce problème d'exclusion.
Par ailleurs, ils ont
manifesté leur inquiétude quant à l'état de
santé des enfants qui avaient déjà fait trois
jours et demi de grève de la faim. De ce fait,
ils se réservent le droit, dans le cas où leur
appel ne serait pas entendu, "d'engager des
poursuites judiciaires contre les enseignants,
afin que la lumière soit faite". En
attendant, ils ont invité les familles des
étudiants des universités et grandes écoles du
pays, à se mobiliser avec eux, afin de mener
ensemble le combat pour la justice, l'équité,
l'égalité et demander la relaxe des détenus.