SANTÉ/GRATUITÉ DES SOINS AU
SEIN DES FORMATIONS SANITAIRES PUBLIQUES
Le
centre hospitalier de Libreville donne le ton
La plus grande structure
sanitaire du pays applique depuis le 12 février
courant, cette mesure gouvernementale décidée
parle chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba.
Trois services: les urgences (oxyologie), les
consultations externes et les maternités
pratiquent déjà la gratuite.
CE
qui s'apparentait à une chimère est désormais
une réalité au Centre hospitalier de Libreville
(CHL), la doyenne et la plus importante des
formations sanitaires du Gabon. L'on peut d'ores
et déjà se soigner gratuitement au CHL, cette
mesure gouvernementale, décidée par le président
de la République, Omar Bongo Ondimba, est
effective au sein de cette structure sanitaire
depuis le lundi 12 février courant, en
application du décret n° 000104/PR/MSP du 15
janvier 2007, fixant les modalités de prise en
charge des patients dans les formations
sanitaires publiques.
Trois services, sur les
trente-trois que compte le CHL, ont été retenus
pour le lancement de cette gratuité des soins
qui devra par la suite s'étendre sur l'ensemble
des services médico-techniques et des autres
formations sanitaires publiques de notre pays.
Pour plus 'informations sur les modalités ainsi
que les contours de cette mesure
particulièrement salutaire pour les plus démunis
de la population, gabonaise, la direction du
OEIL a organisé un petit déjeuner de presse
vendredi dernier. Les docteurs Crépin Atendé et
Max Limoukou, respectivement, président du
Conseil d'administration (PCA) et directeur
général du CHL ainsi que les principaux
responsables des services concernés par ce
lancement des soins gratuits, Dr Okouni
(Consultations externes), Dr Mayi (Maternité-gynécologie),
Dr Essola (Oxiologie) ont édifié les
journalistes sur le déroulement des opérations
depuis le 12 février dernier.
Quels sont donc les usagers
intéressés par cette gratuité ? Selon le
directeur général du CHL, elle s'applique à tous
les agents publics, civils et militaires, lés
retraités de l'Etat, aux élèves et étudiants,
aux personnes économiquement faibles, aux
indigents, aux ministres des cultes et
assimilés, aux membres des institutions
constitutionnelles et leurs ayants droit ainsi
qu'aux usagers assurés sociaux, notamment ceux
assujettis à la Caisse nationale de garantie
sociale (CNGS) à la Caisse nationale de sécurité
sociale (CNSS).
Selon la catégorie à laquelle
appartient le patient, la prise en charge se
fait totalement ou partiellement, a précisé le
Dr Limoukou. Sont concernés par la prise en
charge gratuite, les personnes économiquement
faibles, les élèves, les étudiants, les
ministres de culte ainsi que l'ensemble usagers
assujettis à la CNGS. Les autres devront
s'acquitter d'un ticket modérateur calculé à
partir du bulletin de salaire. Si le patient qui
gagne moins de 100 000 F bénéficie de la
gratuité des soins, celui qui touche de 100 à
200 000 F devra quant à lui, payer 10%0 de la
facture. Ce montant est de 15%pour celui qui est
payé entre 200 et 300 OOOF. Et tous ceux qui ont
un salaire mensuel en dessus de 300 000 F
devront payer 20% du montant de la facture.
Douze jours après et en'
dehors de toute campagne de médiatisation, le
succès de la mesure est sans précédent: la
fréquentation de ces différents services a
ostensiblement augmenté. Elle a doublé au niveau
de la maternité où les responsables notent une
réelle "désertion des autres maternités
périphériques" au profit de celles du CHL. Elle
a presque triplé au niveau des consultations
externes qui englobent, les consultations, les
examens de laboratoire, les examens
radiologiques, les soins dentaires, les soins
infirmiers et ceux de la petite chirurgie.
Cette phase expérimentale ne
se fait pas sans quelques difficultés fiées au
surplus du travail, à la capacité d'accueil, à
la pression de la demande, aux ressources
humaines insuffisantes, etc.
Au CHL des mesures plus ou
moins originales sont en train d'être prises par
les responsables pour pallier un tant soit peu
ces difficultés de parcours. Ces
responsables souhaitent voir la réouverture
urgente des structures sanitaires de la CNSS
pour une meilleure redistribution des patients.
Un souhait a également été émis pour que soit
revus à la hausse les 600 millions annuellement
alloués par l'Etat au CHL pour que ces prises en
charge gratuites puissent se faire normalement
au sein de cet hôpital de 3ème niveau mais qui,
par la force des choses, est contraint d'assumer
le rôle des structures sanitaires de 1er et de
2e niveaux censés accueillir le patient en
amont.