ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR/ UOB
Réunion entre les autorités
rectorales et les enseignants
Enfin la
sécurité sur le campus !
Les autorités rectorales et
l'ensemble des enseignants ont salué le respect
par le gouvernement d'un des préalables à
la reprise des cours : le déploiement à
l'Université Omar Bongo des éléments de la
Gendarmerie nationale en vue de sécuriser
l'Institution.
ON
ne peut pas encore parler de normalisation à
l'Université Omar Bongo (UOB). C'est en tout
cas, ce qu'on a retenu de la rencontre entre les
autorités rectorales et les enseignants,
mercredi à l'amphithéâtre "Tremblay" de l'École
normale supérieure (ENS) de Libreville.
Au cours de cet échange, le
Pr Fidèle-Pierre Nzé-Nguéma a fait connaître aux
enseignants les derniers développements de la
crise dans la plus ancienne des Universités
gabonaises, la réponse pédagogique faite par les
autorités rectorales en vue de la résorption de
ladite crise et la posture adoptée par elles
suite à l'interpellation fondée des enseignants,
à cause de ce que l'année leur échappait et que
l'avenir dans cette institution s'écrit en
pointillé.
Au cours de cet échange, le
Pr Fidèle-Pierre Nzé-Nguéma a fait connaître aux
enseignants les derniers développements de la
crise dans la plus ancienne des Universités
gabonaises, la réponse pédagogique faite par les
autorités rectorales en vue de la résorption de
ladite crise et la posture adoptée par elles
suite à l'interpellation fondée des enseignants,
à cause de ce que l'année leur échappait et que
l'avenir dans cette institution s'écrit en
pointillé.
Claire comme l'eau de roche,
le recteur a dit qu'il aurait aimé être
optimiste et moins sombre, mais les événements
que vit l'Institution qu'il administre, ces
temps derniers, et les épisodes de ces derniers
jours, sont tristes.
Et malgré le déploiement des
forces de sécurité - lesquelles resteront à l'UOB
jusqu'à ce que les enseignants reprennent le
contrôle de l'institution -, la page n'est pas
encore tournée. Pour la simple raison, selon
lui, que le comportement, l'escalade irrésolue
et désespérée de la poignée d'étudiants n'est
que la face visible d'enjeux qui sont loin de se
limiter aux problèmes récurrents du monde
universitaire reconnus par l'opinion nationale,
Et que les événements, dans leur déroulement et
dans l'obstination destructrice qui les porte,
sont de nature à laisser des traces et, à en
rajouter sur les meurtrissures d'un corps
professoral que l'on tendrait à sacrifier sur
l'autel de querelles de clans et de luttes
d'influences. Toutes choses éloignées de la
raison scientifique.
DESHONNEUR• Le
recteur a dit sa gratitude aux
enseignants-chercheurs pour la hauteur avec
laquelle ils ont su stoïquement accepter
d'emprunter, contraints et forcés par les
étudiants, les pistes et les voies détournées,
pour gagner leur lieu de travail. Cela vaut
d'être dit, quand au nom de desseins inavoués,
on tente de limiter l'humiliation et le
déshonneur infligés aux enseignants au seul
incident du 1er février dont la principale
victime a été Médard Obiang Ebanéga. Même après
un tel forfait qui ne souffre d'aucun doute,
alors que les semaines précédentes, des
enseignants ont été vidés des sales de cours
sans aucun scrupule, on feint de croire que rien
ne s'est passé. Il se trouve des enseignants
pour se répandre en un doute loin de l'esprit de
méthode digne du corps professoral. Et de
confondre les enseignants dans la provocation
des étudiants au seul motif d'exercer un droit
de base et fondamental : la liberté d'aller et
venir.
Sa gratitude est également
allée à tous ceux du monde universitaire qui se
sont joint aux enseignants-chercheurs de l'UOB
dans une interpellation digne et sans
débordement, légale et responsable, de la
société. Il a salué le professionnalisme de ses
collègues et leur sens du devoir, symbolisés par
la décision de mettre un terme à la suspension
automatique des enseignements observée à la
suite de l'agression de l'enseignant sus-cité.
La volonté de reprendre les cours le 19 février
a été balayée par la rancoeur rampante de ceux
qui arment des mains innocentes, jusqu'à les
contraindre à l'acte suicidaire de la grève de
la faim.
ECARTS DE LANGAGE.
S'agissant de la réponse pédagogique des
autorités rectorales a cette escalade, le Pr
Fidèle-Pierre Nzé-Nguéma a affirmé qu'il a agi
sur un registre allant du refus de revivre le
souvenir du recteur Ona Ondo à la conciliation,
en passant par la stricte et banale application
de la réglementation qui régit le monde
universitaire. Il a rappelé la scène de parents
présentant des excuses aux enseignants pour
faire oublier les écarts de langage, la morve et
l'inconscience de leurs propres enfants, sans
égard même pour la présence parentale. "Comment
avoir du respect pour la noble mission de
l'enseignement quand les figures du père et de
la mère cessent d'être sacrées aux yeux de ces
enfants que sont les étudiants ?", s'est-il
demandé, avant de revenir sur l'ensemble des
initiatives des autorités rectorales dans
l'intervalle. Ayant pris l'engagement devant les
enseignants, au lendemain de leur marche, de
donner suite au communiqué du Conseil des
ministres de début février, le Premier ministre
a ordonné au recteur de requérir la force
publique, au terme d'ultimes instructions, le
chef du gouvernement a clairement demandé de
reprendre le contrôle de la situation et de
rétablir l'ordre sur le campus. Pour mettre un
terme à la surenchère qui semblait chaque jour
ne plus avoir de limite et pour que force reste
à la loi. Ce qui n'a pas empêché une nouvelle
épreuve, avant-hier, à l'UOB qui a vécu une
tentative d'incendie criminelle de certains
bâtiments.
Avec l'entrée en vigueur des
mesures disciplinaires prises à l'encontre des
étudiants incriminés et les poursuites
judiciaires qu'ils encourent, avec la mise en
place d'un dispositif de sécurité, dans le cadre
d'une stratégie dissuasive et durable, le
recteur a osé croire que les conditions d'une
reprise sans délais sont réunies. Sans oublier
les travaux de viabilisation visant à
transformer le cadre de travail sur le campus.
Signalons que les autorités rectorales ont reçu
un groupe d'étudiants dit de la majorité
silencieuse qui ont émis le souhait de voir les
cours reprendre immédiatement.
Hier, sur le campus, les
enseignements ont été dispensés. Sous l'oeil
vigilant de a maréchaussée.