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Le quotidien l'Union du 24 et 25 Février 2007

 

MAUX ET DÉBAT

La dictature du monopole

JOUR J-8. Ainsi, le compte à rebours a commencé pour la Société d'énergie et d'eau du compte (SEEG), sommé jeudi dernier par le Conseil des ministres de mettre un terme, dans un délai de dix jours, aux "disfonctionnements à l'origine des perturbations observées "dans la fourniture d'électricité à Libreville et ses environs, et "à tout mettre en oeuvre pour qu'un service de qualité soit à nouveau disponible".

Pour de nombreux Librevillois soumis au calvaire des délestages du courant depuis deux semaines, il était temps. Si tant est que la menace brandie par le gouvernement puisse servir de moyen de pression à l'endroit de la toute-puissante et unique société de distribution d'eau et d'électricité sur l'ensemble du pays

Toutefois, de nombreux Librevillois se demande si cet ultimatum n'a pas été dicté par le fait qu'un quartier huppé du premier arrondissement de la capitale, qui héberge de nombreux barons, est resté privé du précieux "jus" pendant deux nuits et deux jours d'affilée. Et aussi pour faire croire aux consommateurs que les gouvernants se préoccupent de leur calvaire, alors que ce délai de dix jours est suffisant pour permettre à la SEEG d'installer ses générateurs.

Au-delà des conséquences économiques, sociales et sanitaires de ces interruptions intempestives d'électricité dans la capitale politique et administrative du pays, il faut espérer que cette sommation ne soit pas un coup d'épée dans l'eau pour le distributeur, solidement juché sur son monopole et pour qui l'adage commercial selon lequel " le client est roi" ne semble que de la pure littérature.

Et pour cause: le client est roi lorsqu'il y a concurrence. Or, en matière de distribution d'électricité et d'eau au Gabon, le consommateur n'a d'autre choix que de souscrire un abonnement à la SEEG. Cette absence d'alternative soumet les usagers à la dictature et aux caprices du prestataire, non soumis à l'obligation de résultats. Consciente de cette situation de monopole, il laisse parfois pourrir certaines situations dans le secret espoir d'avoir les consommateurs à l'usure. Les explications non convaincantes et des assurances fournies quant au retour à la normale n'étant que pure diversion.

On en veut pour preuve le problème de la distribution d'eau qui se pose toujours avec acuité dans certains quartiers de Libreville. Lorsque la pénurie d'eau avait commencé dans les ménages, la hiérarchie de la SEEG avait tenté de la justifier maladroitement par le fait que Libreville abritait à ce moment-là une conférence internationale qui avait occasionné une demande en eau.

Deux années environ ont passé, l'alimentation n'est toujours pas revenue à la normale dans certains quartiers. Beaucoup de foyers passent parfois des journées entiers sans une goutte d'eau, quand ce n'est pas un mince filet qui coule du robinet et ne permet d'ailleurs pas de prendre correctement une douche avant d'aller à l'école ou au travail. A moins de veiller tard, dans la nuit, pour stocker le précieux liquide dans les récipients. Quelle différence alors entre un abonné qui devrait normalement être un privilégié, et celui qui se ravitaille chez un tiers ?

Chose curieuse, ces privations ne se répercutent pas sur le montant des factures toujours plus élevées les unes que les autres. Sans explications plausibles au consommateur, cette vache à lait soumis à de multiples taxes. A l'instar de celle qui "sanctionne" le consommateur qui, pour des raisons pratiques ou indépendantes de sa volonté, va acheter "ses unités" dans un point d'accueil autre que celui où il a l'habitude de le faire.

Autant le dire. Le monopole est à rebours de l'économie libérale dont se réclame le Gabon. La concurrence favorise la compétitivité, une amélioration du service à la clientèle et une baisse des prix. La libéralisation du secteur des télécommunications au Gabon nous en a administré la preuve.

En effet, bien que le coût de la communication soit encore élevé chez nous, l'ouverture du marché national à trois opérateurs privés dans le domaine de la téléphonie mobile a sonné le glas du monopole du téléphone filaire et l'ex-Office des postes et télécommunications (OPTI où, par le passé, c'était la croix et la bannière pour le commun des particuliers pour obtenir une ligne téléphonique fixe ou le précieux "75" , qui n'étaient accessibles qu'à de rares privilégiés.

Aujourd'hui, le téléphone s'est démocratisé au point qu'il a raccourci les distances entre les villes et les campagnes. Dans certains de nos villages en effet, des parents peuvent désormais s'offrir le luxe d'appeler ou de recevoir une communication même étant dans leurs champs.

A quand la démocratisation de la distribution d'eau et de l'électricité au Gabon ?

Source : Journal L'Union Plus du 24 & 25 Février 2007

 



   

CONTENTIEUX ISSU DES LEGISLATIVES DE DÉCEMBRE
L'heure des audiences publiques

COMMUNIQUÉ FINAL DU CONSEIL DES MINISTRES (SUITE ET FIN)
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SUITE AUX PERTURBATIONS DANS LA FOURNITURE DE L'ÉLECTRITÉ Â LIBREVILLE
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Enfin la sécurité sur le campus !

Pour moi quoi...Makaya
ELLE me laisse franchement perplexe, l'indiscipline des chauffeurs de taxis.