SUITE AUX PERTURBATIONS DANS
LA FOURNITURE DE L'ÉLECTRITÉ Â LIBREVILLE
La SEEG
multiplie les actions... mais aussi I'arnaque
Tout en faisant venir des
machines par avion-cargo, la SEEG n'hésite pas à
arnaquer les abonnés Edan en leur imposant des
taxes créées de toutes pièces et donc illégales.
AU lendemain de l'ultimatum
de dix jours lancé à la Société d'énergie et
d'eau du Gabon (SEEG) par le Conseil des
ministres en sa séance du jeudi 22 février
dernier, l'engageant à ramener la situation à la
normale, faute de quoi, les accords liant l'Etat
gabonais à cette entreprise seront revus en
profondeur, la SEEG continue de chercher les
voies pour mettre rapidement un terme à cette
situation préoccupante, avec notamment des
délestages de plus de 24 heures dans certaines
zones de Libreville et ses environs, trouve un
issue favorable dans les plus brefs délais.
C'est ainsi qu'elle a fait
venir, hier encore, par cargo spécial, pas moins
de cinq générateurs de secours, deux réservoirs
et un transformateur. C'est le cinquième vol
d'Antonov transportant dans ses soutes des
générateurs diesel de puissance 1250KVA de
fréquence 50 HZ destinés au poste-source de la
SEEG à Belle-Vue. Ils pèsent 103 tonnes chacun,
sont accompagnés de deux réservoirs de 36 000
kilogrammes et de capacité de 21000 litres.
En principe, ces groupes
devraient permettre, dès leur montage qui
d'ailleurs tarde à s'achever, d'apporter la
puissance dont la SEEG a besoin pour faire face
à la situation actuelle. Ça, c'était pour la
campagne de publicité que l'entreprise mene
actuellement.
Pour la réalité sur le
terrain, la SEEG est en train de s'installer
confortablement dans le fauteuil de la meilleure
entreprise d'exploitation des clients. Depuis
quelques jours en effet, les abonnés de cette
entreprise, qui, comme d'habitude, se rendent à
l'un des points de vente d'unités doivent
désormais répondre à cette uestion : "Où
achetez-vous 'habitude vos unités ?" Si le
client commet l'erreur de citer un point de
vente différent, l'agent SEEG majore la facture
de taxes nouvelles. Conséquence : l'abonné paie
lus pour moins d'unités. A exemple de ce client
qui, avec 10 000 francs, n'a pu avoir que 69
unités, alors que le même montant lui donne
droit, depuis toujours et quel que soit le lieu,
à 112 unités. Il y a donc une majoration de lus
de 40% du tarif habituel. A un autre
client qui voulait acheter ses unités pour 2 000
francs à l'Agence centrale de la SEEG, une
caissière a voulu prélever des taxes de 2 000
francs. Raison : "Cela fait longtemps que - vous
avez payé vos unités ici. On vous taxe. Un point
c'est tout".
MENTALITE D'ENCAISSEMENT•
Cette nouvelle mentalité d'encaissement 'impose
quelques questions. 1) Quelle différence y
a-t-il entre un point de vente et un autre,
toutes les agences appartenant à la même société
? L'argent versé dans les différentes caisses ne
converge-t-il pas vers une caisse unique . 2)
Pourquoi la SEEG, avec ses moyens informatiques,
ne prend-elle pas le soin de dresser, elle-même,
un listing ou un plan d'achat d'unités de
Libreville, si tant est que les renseignements
exigés sont nécessaires ? 3) Cette démarche
est-elle prévue dans le contrat de concession ou
dans les contrats individuels ? 4) Enfin,
pourquoi entreprend-on de nouvelles opérations
de perception d'argent sans au préalable prendre
le soin d'avertir la clientèle par voie de
presse ou par affichage danses agences ?
Et comme si tout cela ne
suffisait pas, cette même entreprise s'illustre
négativement sur un tout autre plan. Nul ne
comprend pas que les barrages de KinguéIé et
Tchimbélé restent désespérément au sec, en dépit
des pluies qui, depuis quelques jours, tombent
presque abondamment sur Libreville et dans le
nord du pays, au point de causer des inondations
dans les quartiers. Comment expliquer la
présence de ces micro-climats prolongés qui
épargnent curieusement les zones qui ont le plus
besoin de pluie ? Pourquoi la SEEG ne veut-elle
pas admettre qu'elle ne donne pas la bonne
explication sur la baisse de l'énergie. Que
répond-elle à cet ingénieur qui était intervenu
dans nos colonnes, démontrant que la SEEG
affabulait ?
Autre chose encore: si les
délestages sont de plus en plus insupportables à
certains endroits, ils deviennent carrément
intenables dans d'autres. Aux Bas de Gué Gué, à
Kalikak et plus généralement dans la zone nord
de Libreville, où des familles n'ont pas reçu le
plus petit soupçon d'électricité depuis mardi 20
février. Là aussi, la SEEG affirme que le
transformateur alimentant ces zones a subi un
incendie.. avant de se noyer. Pendant ce temps,
la SEEG respecte les consignes du gouvernement
qui interdit de procéder aux délestages dans les
quartiers dits sensibles tels Kinguélé, Rio,
PK5, etc.
Dans les quartiers pénalisés,
les conséquences au plan de la conservation des
aliments sont évidentes. Au plan de la sécurité
aussi. Le plus gros contingent des personnes à
dédommager viendra sans doute de cette zone-là.