Pour moi quoi…
LA loi c'est la loi. Les
étudiants qui ont cru pouvoir imposer la leur à
l'université en érigeant pour la énième fois une
barricade à l'entrée et en empêchant, comme ils
l'ont proclamé eux-mêmes, la reprise des cours,
viennent de l'apprendre à leurs dépens. Une nuit
a suffi à la maréchaussée pour faire place
nette, quoi
Moi, Makaya, j'ai toujours
été contre une certaine façon de se faire
entendre. C'est généralement le cas de celle
utilisée par nos étudiants. On a beau me dire
qu'une grève ou une manif, quelle qu'elle soit,
n'a de chance d'aboutir que si elle gêne, moi,
je pense que dés lors qu'elle empiète sur les
libertés d'autrui; elle devient condamnable.
Je passe sur le sort souvent
réservé aux usagers du boulevard qui porte le
nom du père du "dipenda" chaque fois qu'il est
barré. Mais qui peut dire que les près de 10 000
étudiants de notre grande université-là sont
d'accord avec ce que fait cette "minorité';
comme l'a nommée le "gouvrement" ? Est-ce que
cette "minorité" ne serait justement pas en
train de prendre en otage la majorité ?
Maintenant – rien n'étant
simple à l'université comme je l'ai déjà dit ici
- c'est pas parce qu'on a fait place nette qu'on
va croire que tout est réglé. A couteau tirés
ces derniers temps, enseignants et étudiants
sont d'accord au moins sur un point: les
problèmes posés par ces derniers existent bel et
bien et ce depuis des années : salubrité,
absence de waters, manque d'eau à la cité
universitaire, tables et bancs en nombre
insuffisant, problèmes de bouffe et que sais-je
encore...
Dans le même temps et
régulièrement, on nous annonce que du "miang"
est débloqué pour régler ces problèmes. Pourquoi
est-ce qu'on ne demande pas des comptes à ceux
qui gèrent ce "rotang" ? Ou alors c'est juste
pour que les étudiants qui font du bruit à
l'université nous collent la paix ? Ce qui
donnerait du poids à cette analyse d'un
sociologue : Même si les revendications sont
pertinentes, ceux qui les agitent finissent par
le faire comme un filon qui peut ramener de
l'argent, et n'ont même plus tellement intérêt à
ce qu'elles soient satisfaites".
Voilà qui nous fait une belle
jambe. Quel pays !
... Makaya