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Le quotidien l'Union du 23 Février 2007

 

Pour moi quoi…

LA loi c'est la loi. Les étudiants qui ont cru pouvoir imposer la leur à l'université en érigeant pour la énième fois une barricade à l'entrée et en empêchant, comme ils l'ont proclamé eux-mêmes, la reprise des cours, viennent de l'apprendre à leurs dépens. Une nuit a suffi à la maréchaussée pour faire place nette, quoi

Moi, Makaya, j'ai toujours été contre une certaine façon de se faire entendre. C'est généralement le cas de celle utilisée par nos étudiants. On a beau me dire qu'une grève ou une manif, quelle qu'elle soit, n'a de chance d'aboutir que si elle gêne, moi, je pense que dés lors qu'elle empiète sur les libertés d'autrui; elle devient condamnable.

Je passe sur le sort souvent réservé aux usagers du boulevard qui porte le nom du père du "dipenda" chaque fois qu'il est barré. Mais qui peut dire que les près de 10 000 étudiants de notre grande université-là sont d'accord avec ce que fait cette "minorité'; comme l'a nommée le "gouvrement" ? Est-ce que cette "minorité" ne serait justement pas en train de prendre en otage la majorité ?

Maintenant – rien n'étant simple à l'université comme je l'ai déjà dit ici - c'est pas parce qu'on a fait place nette qu'on va croire que tout est réglé. A couteau tirés ces derniers temps, enseignants et étudiants sont d'accord au moins sur un point: les problèmes posés par ces derniers existent bel et bien et ce depuis des années : salubrité, absence de waters, manque d'eau à la cité universitaire, tables et bancs en nombre insuffisant, problèmes de bouffe et que sais-je encore...

Dans le même temps et régulièrement, on nous annonce que du "miang" est débloqué pour régler ces problèmes. Pourquoi est-ce qu'on ne demande pas des comptes à ceux qui gèrent ce "rotang" ? Ou alors c'est juste pour que les étudiants qui font du bruit à l'université nous collent la paix ? Ce qui donnerait du poids à cette analyse d'un sociologue : Même si les revendications sont pertinentes, ceux qui les agitent finissent par le faire comme un filon qui peut ramener de l'argent, et n'ont même plus tellement intérêt à ce qu'elles soient satisfaites".

Voilà qui nous fait une belle jambe. Quel pays !

... Makaya

Source : Journal L'Union Plus du 23 Février 2007

 



   

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