ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR/UNIVERSITÉ OMAR BONGO
La
tension monte chez les étudiants
Outre la présence des
gendarmes à l'intérieur et à l'extérieur du
campus universitaire qui les exaspère, les deux
tendances des étudiants formées au lendemain des
événements malheureux du 1er février dernier,
ont tenu hier chacune son assemblée générale.
APRÈS
la mise en garde du gouvernement faite par le
Premier ministre, Jean Eyéghé Ndong, sur la
libération sans condition de l'entrée principale
de l'Université Omar Bongo, par le groupe
d'étudiants qui l'avait ris en otage depuis le
début de la semaine en cours, en soutien aux
treize étudiants exclus lors du dernier conseil
de discipline, un climat de tension était
perceptible hier à l'intérieur et à l'extérieur
du campus universitaire. Celui-ci est exacerbé,
d'une part, par les deux groupes d'étudiants qui
s'opposent au sein de l'UOB, à savoir "la
majorité silencieuse" et 'les étudiants
conscients", et d'autre part, le harcèlement des
gendarmes par ce deuxième groupe d'étudiants.
En effet, la présence des
forces de l'ordre dans cette institution dès les
premières lueurs de la matinée d'hier serait à
l'origine de la tenue d'une assemblée générale
express, devant la maison des étudiants, par le
groupe des "étudiants conscients". Ceux-ci ont
dénoncé l'enlèvement par les gendarmes aux
environs de 3h du matin, de leurs douze
condisciples exclus et qui observaient depuis
lundi, une grève de la faim à côté du portail de
l'UOB. Mais aussi la disparition depuis cette
même nuit, de cinq autres étudiants, membres de
leur coordination et dont ils n'ont pas de
nouvelles.
"Étant entendu que nous
sommes des étudiants conscients et responsables,
nous dénonçons une fois encore ces enlèvements
et disparitions des étudiants qui ne font que
revendiquer leurs droits. Nous sollicitons,
par ailleurs, l'implication totale du
chef de l'État dans cette affaire avant qu 'il
ne soit trop tard..."; a déclaré Martin Ondo,
étudiant conscient.
Afin de manifester une fois
encore leur soutien à leurs collègues arrêtés,
ces "étudiants conscients" ont tenté de
déclencher une énième marche pacifique, cette
fois en direction du siège du l'Unesco et de
l'archidiocèse de Libreville, afin de rencontrer
l'archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé
Engone. Mais ils ont été inter dits de sortie
par les gendarmes postés à l'entrée principale
de l'UOB, afin d'éviter tout dérapage.
TROUBLE. De son côté, le
groupe opposé s'est réjoui, lors de son
assemblée générale, de la tournure des
événements. "Cette assemblée générale
Consistait à exprimer aux étudiants notre
satisfaction par rapport à l'aboutissement
heureux de notre doléance faite au gouvernement
Loin de jeter la pierre à nos frères exclus,
notre démarche visait à leur faire comprendre
qu'ils pouvaient mener leur grève de la faim
tout nous libérant le passage de l'institution.
Afin que les enseignements reprennent pour
éviter une années blanche", a expliqué
Martial Biyogho de la majorité silencieuse. Une
majorité silencieuse réduite à sa simple
expression hier, au regard de la poignée
d'étudiants qui a pris part à son assemblée
générale à la place de l'interrogation de l'UOB.
Qu'à cela ne tienne, elle a
réaffirmé son refus de la manière dont les
exclus et leurs alliés ont revendiqué la
décision des autorités universitaires. Cette
manière visait tout simplement à "semer le
trouble au sein de la communauté estudiantine
comme par le passé".
Quoi qu'il en soit, l'heure
n'était pas à la reprise des cours hier,
au regard du climat trouble qui prévalait au
sein de l'institution. Une tentative d'incendie
de l'un des bâtiments de l'UOB, dans la nuit de
mercredi à jeudi par des personnes non
identifiées, a même été signalée. N'eût été la
présence et la vigilance de certains étudiants,
on aurait assisté à l'irréparable. Par ailleurs
le député de Gamba, Sylvestre Ndong Assoumou,
est venu, à titre personnel, s'enquérir de la
situation auprès des forces de l'ordre et des
étudiants. Il en a profité pour récupérer le
cahier de charges des étudiants exclus, et
relever les noms de ceux qui sont portés
disparus. Cette démarche, a-t-il assuré, vise à
porter cette affaire auprès des hautes autorités
du pays.
A noter que hier après-midi,
les autorités rectorales et le corps enseignant
étaient en, réunion au cours de laquelle il â
été décidé de la reprise des cours aujourd'hui à
l'UOB. Nous y reviendrons.