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Le quotidien l'Union du 23 Février 2007

 

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR/UNIVERSITÉ OMAR BONGO

La tension monte chez les étudiants

Outre la présence des gendarmes à l'intérieur et à l'extérieur du campus universitaire qui les exaspère, les deux tendances des étudiants formées au lendemain des événements malheureux du 1er février dernier, ont tenu hier chacune son assemblée générale.

APRÈS la mise en garde du gouvernement faite par le Premier ministre, Jean Eyéghé Ndong, sur la libération sans condition de l'entrée principale de l'Université Omar Bongo, par le groupe d'étudiants qui l'avait ris en otage depuis le début de la semaine en cours, en soutien aux treize étudiants exclus lors du dernier conseil de discipline, un climat de tension était perceptible hier à l'intérieur et à l'extérieur du campus universitaire. Celui-ci est exacerbé, d'une part, par les deux groupes d'étudiants qui s'opposent au sein de l'UOB, à savoir "la majorité silencieuse" et 'les étudiants conscients", et d'autre part, le harcèlement des gendarmes par ce deuxième groupe d'étudiants.

En effet, la présence des forces de l'ordre dans cette institution dès les premières lueurs de la matinée d'hier serait à l'origine de la tenue d'une assemblée générale express, devant la maison des étudiants, par le groupe des "étudiants conscients". Ceux-ci ont dénoncé l'enlèvement par les gendarmes aux environs de 3h du matin, de leurs douze condisciples exclus et qui observaient depuis lundi, une grève de la faim à côté du portail de l'UOB. Mais aussi la disparition depuis cette même nuit, de cinq autres étudiants, membres de leur coordination et dont ils n'ont pas de nouvelles.

"Étant entendu que nous sommes des étudiants conscients et responsables, nous dénonçons une fois encore ces enlèvements et disparitions des étudiants qui ne font que revendiquer leurs droits. Nous sollicitons, par ailleurs, l'implication totale du chef de l'État dans cette affaire avant qu 'il ne soit trop tard..."; a déclaré Martin Ondo, étudiant conscient.

Afin de manifester une fois encore leur soutien à leurs collègues arrêtés, ces "étudiants conscients" ont tenté de déclencher une énième marche pacifique, cette fois en direction du siège du l'Unesco et de l'archidiocèse de Libreville, afin de rencontrer l'archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone. Mais ils ont été inter dits de sortie par les gendarmes postés à l'entrée principale de l'UOB, afin d'éviter tout dérapage.

TROUBLE. De son côté, le groupe opposé s'est réjoui, lors de son assemblée générale, de la tournure des événements. "Cette assemblée générale Consistait à exprimer aux étudiants notre satisfaction par rapport à l'aboutissement heureux de notre doléance faite au gouvernement Loin de jeter la pierre à nos frères exclus, notre démarche visait à leur faire comprendre qu'ils pouvaient mener leur grève de la faim tout nous libérant le passage de l'institution. Afin que les enseignements reprennent pour éviter une années blanche", a expliqué Martial Biyogho de la majorité silencieuse. Une majorité silencieuse réduite à sa simple expression hier, au regard de la poignée d'étudiants qui a pris part à son assemblée générale à la place de l'interrogation de l'UOB.

Qu'à cela ne tienne, elle a réaffirmé son refus de la manière dont les exclus et leurs alliés ont revendiqué la décision des autorités universitaires. Cette manière visait tout simplement à "semer le trouble au sein de la communauté estudiantine comme par le passé".

Quoi qu'il en soit, l'heure n'était pas à la reprise des cours hier, au regard du climat trouble qui prévalait au sein de l'institution. Une tentative d'incendie de l'un des bâtiments de l'UOB, dans la nuit de mercredi à jeudi par des personnes non identifiées, a même été signalée. N'eût été la présence et la vigilance de certains étudiants, on aurait assisté à l'irréparable. Par ailleurs le député de Gamba, Sylvestre Ndong Assoumou, est venu, à titre personnel, s'enquérir de la situation auprès des forces de l'ordre et des étudiants. Il en a profité pour récupérer le cahier de charges des étudiants exclus, et relever les noms de ceux qui sont portés disparus. Cette démarche, a-t-il assuré, vise à porter cette affaire auprès des hautes autorités du pays.

A noter que hier après-midi, les autorités rectorales et le corps enseignant étaient en, réunion au cours de laquelle il â été décidé de la reprise des cours aujourd'hui à l'UOB. Nous y reviendrons.

Source : Journal L'Union Plus du 23 Février 2007

 



   

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