CYCLISME / APRÈS LA DÉCISION
DE RETIRER L'AGRÉMENT TECHNIQUE AU PRÉSIDENT DE
LA FÉDÉRATION
Le
bureau fédéral n'est pas dissous, mais il lui
est interdit les prérogatives qui
étaient les
siennes
C'est ce que nous retenons des
explications du conseiller juridique au
département de tutelle, Sylvestre Ondo Ebiaghé.
C'était hier au cours d'un point presse tenu au
ministère.
LES
collaborateurs du ministre de la jeunesse et des
Sports, Egide Boundono Simangoye, parmi lesquels
Michel Kiki Mvou, secrétaire général de ce
département, Emmanuel Missoni Idembi, directeur
des Sports et
du Plein-air, Sylvestre Ondo
Ebiaghé, El Mut Moutchinga Boulingui,
respectivement conseillers juridique et en
Communication, ont organisé un point presse-hier
après-midi. Dans la salle des réunions de ce
ministère sis à Batterie IV.
L'objectif de cette rencontre
avec les Journalistes était de leur expliquer et
donner les détails juridico-techniques ayant
conduit à la décision de retirer au président de
la Fégacy, l'agrément technique.
C'est ainsi que, E1 Mut
Moutchinga Boulingui, a d'abord rappelé les
grandes lignes du communiqué de presse publié
dans nos colonnes mardi dernier, expliquant
ainsi la décision du ministre de tutelle de
prendre un arrêté le 16 février dernier (arrêté
que nous avons d'ailleurs publié dans notre
livraison de lundi 19 février).
Parmi les griefs reprochés à
la Fédération gabonaise de cyclisme (Fégacy),
après une enquête concoctée par l'Inspection
générale des services et la direction des Sports
et du Plein air, 'il y a : la non tenue d'une
assemblée générale depuis des années,
I'irrégularité au niveau de la constitution des
ligues et des clubs, l'absence des textes
réglementaires, la non organisation des
compétitions au niveau national, la non
justification des subventions de l'Etat par le
président fédéral, des stages de formation non
organisés en faveur des cyclistes et des
encadreurs techniques, absence de licence de
membre ou d'athlète délivrée par la Fégacy
depuis des années, la concentration des
activités de la fédération entre les mains du
seul président, la non-reconnaissance par la
quasi-totalité des membres de l'autorité du
président, l'existence d'une crise aiguë de
confiance au sein de la fédération depuis des
années.
Mais la goutte d'eau qui aura
fait déborder le vase est cette défection des
équipes gabonaises au prologue de la dernière
"Tropicale Amissa Bongo". Un acte qui a
discrédité et souillé l'honneur de toute une
nation.
Voilà, entre autres motifs,
ce qui a poussé le ministre de tutelle, en date
du 16 février dernier, à prendre l'arrêté n°0001
/MJS/CAB.MIN/CJ/S OE, en vue de retirer
l'agrément technique au président de la Fégacy.
Avec comme conséquences pour
ledit président, de ne plus être autorisé à
participer a l'exécution de la mission du
service public consistant à l'organisation, au
plan national, des coin pétitions à l'issue
desquelles des titres départementaux,
provinciaux, nationaux ou internationaux et de
procéder aux sélections correspondantes.
ACTEURS • Pour Sylvestre
Ondo Ebiaghé, il y a deux questions
fondamentales qu'il faut d'abord poser :
l'arrêté du ministre est-il légal ou illégal ?
Est-il régulier ou irrégulier ? Pour répondre à
ces interrogations, argumente le conseiller
juridique, il est nécessaire de savoir de quoi
nous allons parler: quels sont les acteurs qui
son en jeu ? Et ce n'est qu'a partir de-là que
nous pourrons comprendre tout le processus qui a
conduit le ministre à prendre cet arrêté.
Opportunité pour le
conseiller juridique de rappeler que le sport
aujourd'hui est devenu un fait social,
économique, culturel d'importance. C'est ainsi
qu'il ne laisse plus les Etats insensibles. Et
le Gabon, à l'instar des autres, s'y est
intéressé.
Ondo Ebiaghé explique
également que l'étatisation du sport au Gabon
tire son fonctionnement de la Constitution de la
République gabonaise qui, en son article 51
dispose : "Tous les secteurs ou toute activité
qui ne fait pas partie de la Constitution,
relève du domaine réglementaire". Et l'activité
sportive est aujourd'hui tellement importante,
que l'Etat a pris en compte son importance en
réglementant cette activité.
Les acteurs qui participent à
la gestion ou à la mise en oeuvre de cette
activité au quotidien, précise l'orateur. ont l'Etat,
à travers le ministère des Sports, et le
Mouvement sportif national (COG, fédérations,
ligues, associations et les athlètes).
Pour le Conseiller juridique,
le ministère tient ses compétences du décret
1774 qui fixe les attributions et l'organisation
du ministère de la jeunesse et des Sports. En
matière purement sportive, du décret 602 qui
organise le sport civil au Gabon. A cet effet,
ce département est donc une entité publique.
C'est la puissance publique.
Quant à la fédération, elle
est régie par la loi 35/62. Ce qui signifie
qu'elle est une association privée, une
personnalité publique de droit privé. Elle ne
jouit donc pas de prérogatives de droit public
comme l'Etat.
Et si les fédérations gèrent
les Sports, c'est parce que la tutelle ne
pouvant tout faire, leur a délégué ses
compétences, avec les ligues et autres
associations, pour ce qui est de l'organisation
des manifestations, voire confectionnent les
équipes nationales. A partir de là, explique
l'orateur, cela leur confère des prérogatives de
puissance publique.
Mais la tutelle a le droit de
regard sur la gestion d'une fédération. Pour le
conseiller juridique, le ministère est habilité
à interdire à une fédération de fonctionner. Le
décret 602 le lui autorise. Le décret 1774, par
son pouvoir de contrôle, le lui autorise
également.
Selon le conseiller
juridique, cela est prévu depuis 1969. Et en
2003, Alfred Mabika a pris un arrêté
d'application dudit décret. Il fixe les
modalités d'octroi et de retrait d'agrément
technique.
Il précise en outre que le
ministre n'a point dissous la Fégacy. Il n'a
point sanctionné son bureau directeur.
La Fégacy, rappelle Ondo
Ebiaghé, est créée en 1980. Elle commence à
exercer comme les autres. Elle est subventionnée
par la tutelle. On lui accorde l'autorisation
d'organiser des compétitions et de mettre en
place des sélections. C'est cette autorisation
tacite pour toutes les fédérations et
associations qui est appliquée avant 2003. Cette
autorisation (ou agrément), peut donc être
retirée.
Quoique ce fût un point
presse, les organisateurs ont invité la presse à
poser des questions. C'est ainsi que des
réactions ont fusé dans la salle.
Les journalistes n'ont pas
compris que la Fégacy ne soit pas dissoute,
alors que l'arrêté lui enlève pratiquement
toutes les prérogatives. Comment va-t-elle
exister ? Les agents du ministère ont, en tout
cas, précisé qu'ils ne reconnaissent plus 7e
président de la Fégacy en tant que tel.