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Le quotidien l'Union du 22 Février 2007

 

FAIT DIVERS

Patrick Christopher, un vrai-faux à Grand-Village

De nationalité nigériane en situation irrégulière dans notre pays, la quarantaine révolue, sous des fausses apparences, se passant pour un pasteur, un de plus, logé dans un hôtel de la place aux frais de ses fidèles, il abusa à tour de rôle de nos compatriotes un peu trop crédules et naïves, à l'aide de certains pouvoirs mystiques, selon deux de ses dernières victimes.

BEAUCOUP de nos compatriotes en général, les femmes en particulier, en dépit des expériences vécues, ou entendues ici et là demeurent naïfs au point de se faire prendre par le premier malin sorti de nulle part. La preuve ? En voici une...

Un jour de l'année 2000. Un sujet nigérian, la quarantaine entamée, répondant au nom de Patrie Christopher débarque au Gabon et choisit Port-Gentil pour y exercer ses activités. Il n'a aucun document lui permettant de séjourner dans notre pays et est sans emploi. Comme il faut bien survivre, il ne cherche pas la solution très loin. Le voilà à la tête d'une église qu'il nomme "La Muraille de feu" située dans la zone de Grand-Village.

Il est pris en charge par les fidèles qui lui louent une chambre dans un hôtel de la place. Malgré la présence des techniciennes de surface de l'établissement, lui, Christopher confie son linge à certaines jeunes filles pour le laver, voire faire son lit. En réalité, ce n'était qu'une habile manière de les prendre dans une sorte de traquenard. C'est en somme un vrai loup sous des apparences d'un agneau.

En octobre 2006, M.G, 19 ans et F.O, 27 ans, deux jeunes dames gabonaises, sont tombées poings et pieds liés dans son piège. Sa stratégie était simple, mais efficace au bout, car elle fonctionnait presque à tous les coups. En effet, le "prophète» déconseillait à la victime désignée d'éviter la compagnie des hommes, ni bavarder avec eux. Puis, s'en suivaient des persécutions qu'on entend invariablement dans ce genre de manèges, du style "Vous possédez des démons" ou encore "Vous avez de mauvais esprits" que lui seul est en mesure de chasser par des prières.

M.G raconte sa mésaventure: "Dès que je suis entrée dans la chambre, le prophète a vu les scarifications que j'avais sur la poitrine. Pour lui, c'était les démons. Ensuite, il m'a demandé si j'en avais ailleurs. Ayant répondu par l'affirmative, il a exigé que j'ôte mon haut et le reste de mes habits afin qu'il puisse m'imposer les mains. A peine j'ai tout enlevé qu'il m'a tapée sur une épaule et je me suis sentie comme anesthésiée j'étais quasiment inconsciente durant ce reste du temps. C'est alors qu'il a abusé de moi. Après l'acte, il m'a à nouveau tapée à l'épaule avant de me chasser comme un malpropre. C'est une fois à la maison que j'ai réalisé ce qui venait de se passer

Le mois suivant, M.G n'a plus vu ses règles : un des signes évidents d'un début de grossesse. L'oeuvre du même pasteur. Lequel lui aurait remis 30 000 francs par la suite pour une tentative d'interruption volontaire de grossesse. Ce qui fut fait...

Le récit de Mlle F.O ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de sa compagne d'infortune ci-haut citée. Le comble est que le sujet nigérian ne faisait nullement usage des préservatifs durant tous ses rapports intimes avec ses victimes dans une ville où le taux de prévalence du VIH est au dessus des 9%. On raconte qu'une fille de 14 ans attend aussi de lui un bébé. La liste est loin d'être exhaustive!

Ce qu'on assimile à un scandale a éclaté à l'église tout récemment, en l'absence de Christopher qui s'est rendu entre-temps dans son pays en décembre de l'année dernière. Le "prophète", depuis sa cellule à la section recherches de la gendarmerie où il a été conduit, après son interpellation a reconnu les accusations portées sur lui par les deux filles susmentionnées, avec selon lui, leur consentement. "Je suis certes un homme de Dieu, mais je reste avant tout un homme susceptible de faiblesse. Je suis tombé une fois mais maintenant je me suis relevé", a-t-il confie, avec une pointe de désinvolture.

Source : Journal L'Union Plus du 22 Février 2007

 



   

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