FAIT DIVERS
Patrick
Christopher, un vrai-faux à Grand-Village
De nationalité nigériane en
situation irrégulière dans notre pays, la
quarantaine révolue, sous des fausses
apparences, se passant pour un pasteur, un de
plus, logé dans un hôtel de la place aux frais
de ses fidèles, il abusa à tour de rôle
de nos compatriotes un peu trop crédules et
naïves, à l'aide de certains pouvoirs mystiques,
selon deux de ses dernières victimes.
BEAUCOUP
de nos compatriotes en général, les femmes en
particulier, en dépit des expériences vécues, ou
entendues ici et là demeurent naïfs au point de
se faire prendre par le premier malin sorti de
nulle part. La preuve ? En voici une...
Un jour de l'année 2000. Un
sujet nigérian, la quarantaine entamée,
répondant au nom de Patrie Christopher débarque
au Gabon et choisit Port-Gentil pour y exercer
ses activités. Il n'a aucun
document lui permettant de séjourner dans notre
pays et est sans emploi. Comme il faut bien
survivre, il ne cherche pas la solution très
loin. Le voilà à la tête d'une église qu'il
nomme "La Muraille de feu" située dans la zone
de Grand-Village.
Il est pris en charge par les
fidèles qui lui louent une chambre dans un hôtel
de la place. Malgré la présence des
techniciennes de surface de l'établissement,
lui, Christopher confie son linge à certaines
jeunes filles pour le laver, voire faire son
lit. En réalité, ce n'était qu'une habile
manière de les prendre dans une sorte de
traquenard. C'est en somme un vrai loup sous des
apparences d'un agneau.
En octobre 2006, M.G, 19 ans
et F.O, 27 ans, deux jeunes dames gabonaises,
sont tombées poings et pieds liés dans son
piège. Sa stratégie était simple, mais efficace
au bout, car elle fonctionnait presque à tous
les coups. En effet, le "prophète» déconseillait
à la victime désignée d'éviter la compagnie des
hommes, ni bavarder avec eux. Puis, s'en
suivaient des persécutions qu'on entend
invariablement dans ce genre de manèges, du
style "Vous possédez des démons" ou
encore "Vous avez de mauvais esprits" que lui
seul est en mesure de chasser par des prières.
M.G raconte sa mésaventure:
"Dès que je suis entrée dans la chambre,
le prophète a vu les scarifications
que j'avais sur la poitrine. Pour lui,
c'était les démons. Ensuite, il m'a
demandé si j'en avais ailleurs. Ayant
répondu par l'affirmative, il a exigé que
j'ôte mon haut et le reste de mes habits
afin qu'il puisse m'imposer les mains. A peine
j'ai tout enlevé qu'il m'a tapée sur une épaule
et je me suis sentie comme anesthésiée j'étais
quasiment inconsciente durant ce reste du temps.
C'est alors qu'il a abusé de moi. Après l'acte,
il m'a à nouveau tapée à l'épaule avant de me
chasser comme un malpropre. C'est une fois à la
maison que j'ai réalisé ce qui venait de se
passer
Le mois suivant, M.G n'a plus
vu ses règles : un des signes évidents d'un
début de grossesse. L'oeuvre du même pasteur.
Lequel lui aurait remis 30 000 francs par la
suite pour une tentative d'interruption
volontaire de grossesse. Ce qui fut fait...
Le récit de Mlle F.O
ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de sa
compagne d'infortune ci-haut citée. Le comble
est que le sujet nigérian ne faisait nullement
usage des préservatifs durant tous ses rapports
intimes avec ses victimes dans une ville où le
taux de prévalence du VIH est au dessus des 9%.
On raconte qu'une fille de 14 ans attend aussi
de lui un bébé. La liste est loin d'être
exhaustive!
Ce qu'on assimile à un
scandale a éclaté à l'église tout récemment, en
l'absence de Christopher qui s'est rendu
entre-temps dans son pays en décembre de l'année
dernière. Le "prophète", depuis sa cellule à la
section recherches de la gendarmerie où il a été
conduit, après son interpellation a reconnu les
accusations portées sur lui par les deux filles
susmentionnées, avec selon lui, leur
consentement. "Je suis certes un homme
de Dieu, mais je reste avant tout un
homme susceptible de faiblesse. Je suis tombé
une fois mais maintenant je me suis relevé",
a-t-il confie, avec une pointe de désinvolture.