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Le quotidien l'Union du 20 Février 2007

 

PERTUBATIONS DANS LA FOURNITURE DE L'ÉLECTRICITÉ A LIBREVILLE

Les conséquences possibles des délestages

Les abonnés de la SEEG commencent à exprimer des signes d'impatience, conscients qu'ils sont que les interruptions récurrentes dans la fourniture du courant peuvent occasionner des dégâts insoupçonnés.

DANS la Convention de concession de service public de production, de transport et de distribution d'eau potable et d'énergie électrique, convention qui, depuis 1997, lie l'Etat et la SEEG, dans la partie dénommée Cahier des charges-Partie commune, au Titre I des principes généraux d'exploitation, au chapitre Ides principes, à l'article 1 de la Permanence et continuité, il est clairement dit que "Le concessionnaire (la SEEG) a l'obligation de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires et prendre toutes les dispositions utiles permettant d'assurer en permanence un fonctionnement continu et régulier des Services concédés (ceux liés à la distribution de l'eau et de l'électricité). A cet effet, le concessionnaire s'engage à fournir en quantité suffisante toute l'eau potable et toute l'énergie électrique nécessaire aux besoins des abonnes". Il y a dans cette disposition des mots qui pèsent d'un poids réel et dont la SEEG ne semble pas apprécier l'importance. Ce sont 'obligation", "assurer en permanence", "fonctionnement continu et régulier des services concédés (eau potable et énergie électrique)"... Mais il y a surtout le groupe de mots "le concessionnaire s'engage à".

Personne ne peut contester aujourd'hui, au constat des perturbations qui se produisent à Libreville, que la SEEG est loin d'avoir tenu ses engagements, notamment dans l'obligation principale ,qui lui était faite de fournir l'eau et 1 électricité à ses abonnés, l'obligation des clients étant de payer leur facture.

Or à heure actuelle, le client ne jouit plus en permanence de son droit au service public, notamment à celui d'électricité, à cause des interruptions de courant qui tendent à devenir permanentes.

En principe et selon le droit commun, et précisément selon le droit de la consommation, dans un contrat, la partie qui est la cause de la rupture abusive du contrat est tenue de réparer les torts qu'elle fait subir à l'autre partie.

Dans cette optique, le temps est peut-être venu pour les organisations de défense des intérêts des consommateurs, d'organiser la collecte des revendications et des plaintes des Gabonais et des Gabonaises, et même de toutes autres les personnes qui sont victimes, au même titre que les nationaux, des caprices de la SEEG.

MARCHE DE PROTESTATION• Il y a quelques jours, les populations de Libreville se proposaient d'organiser une marche de protestation, ou simplement de se rassembler aux abords d'une agence de la SEEG on pensait à celle de la Peyrie - pour exprimer haut et fort leur mécontentement face à ces délestages qui commencent à les inquiéter sérieusement. Une manière comme une autre d'exercer des pressions sur cette entreprise et l'amener à rétablir une situation qui devient chaque jour plus insupportable. Une manière surtout pour la population d'annoncer qu'elle irait jusqu'au bout pour exiger d'être dédommagée en temps opportun; des pertes d'appareils électriques, de la détérioration des denrées alimentaires irrattrapable pour les familles qui font leur marché une fois par mois, du supplice de devoir affronter la chaleur et les moustiques, et de tous les autres désagréments causés aux familles. Tout cela mérite d'être réparé.

Mais à côté de ces dégâts, la rupture de fourniture d'électricité va occasionner des pertes insoupçonnées aujourd'hui. La situation est par exemple intenable pour les magasins qui vendent les produits alimentaires et qui vont peut-être fermer boutique pour cause de détérioration de ces denrées. Ce qui, à son tour, va entraîner la fermeture (ou tout au moins la baisse de leur activité) qui, au final, pourrait amener les opérateurs économiques à se débarrasser d'une partie de leur personnel. La situation actuelle, la SEEG pourrait donc contribuer à aggraver le chômage à Libreville pour la lutte duquel les autorités fournissent des efforts surhumains et incessants.

Autre conséquence possible : les Gabonais ne sont plus sûrs de consommer des denrées saines du fait de l'interruption souvent prolongée de la chaîne de froid. Nul ne sait si cette situation peut déboucher, sur une augmentation des risques épidémiques dus aux bactéries qui se multiplient. L'insécurité alimentaire, voilà à quoi nous exposent encore ces perturbations à cause d'une entreprise qui, ainsi que le recommandait le contrat de concession, n'a pas pu mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires et prendre toutes les dispositions utiles pour assurer en permanence un fonctionnement continue et régulier des services concédés de la distribution de l'eau et de l'électricité.

Une autre conséquence, certes indirecte, est l'augmentation du nombre des incendies ces derniers temps, à cause de l'usage inhabituel de nouveaux supports tels les bougies et les Mosquitos et de leur manipulation par des enfants.

ENCORE ET ENCORE• Aussi grave est le retour galopant de l'insécurité des personnes et des biens, du banditisme et des agressions dans la rue et même à domicile, notamment la nuit. Ce regain d'insécurité n'est rendu possible que par la fourniture aléatoire du courant qui maintient des zones entières de Libreville dans l'obscurité. Cela, pendant parfois 24 heures. Ou même plus.

Enfin, l'expérience que nous fait vivre la SEEG laissera des traces dans notre vie diplomatique. En effet, il n'y a pas que les administrations gabonaises qui sont victimes des coupures électriques. Il y a aussi les missions diplomatiques accréditées au Gabon. Nombre d'entre elles se plaignent, non seulement des interruptions trop prolongées de l'énergie électrique, mais aussi des informations erronées contenues dans les programmes de délestages publiées dans la presse. Une situation qui met à mal toutes les précautions que les uns et les autres peuvent prendre pour minimiser les dégâts causés par ces délestages. On regrette que la SEEG ne respecte que très peu ses propres programmes, se cachant derrière le fait qu'elle donne des programmes indicatifs susceptibles de subir les variations de la réalité sur le terrain Accessoirement, le droit à l'information juste du client n'est pas respecté - Dans tous les cas, quelle image la SEEG veut-elle donner de notre pays à l'extérieur ?

La chose que la population demande aujourd'hui à cette entreprise est d'assumer ses responsabilités, l'eau et l'électricité n'étant pas privatisées. Si elle ne se sent plus capable d'assurer le service public de distribution de ces produits, le Gabonais est en droit de solliciter du gouvernement l'ouverture de ces secteurs à d'autres opérateurs. La fin du monopole aboutirait peut-être à la fin des ruptures dans la distribution de l'électricité.

Source : Journal L'Union Plus du 20 Février 2007

 



   

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