ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR /
SITUATION A L'UNIVERSITÉ OMAR BONGO
Marche
de protestation des étudiants
Ils réclament, entre autres,
la réintégration de leurs camarades exclus la
semaine dernière et dont certains ont entamé
hier, jour annoncé de la reprise des cours, une
grève de la faim.
IL
n'y pas eu reprise de, cours hier, à
l'Université Omar Bongo (UOB). Les étudiants ont
finalement tenu la promesse faite samedi dernier
lors d'un point de presse de ne reprendre le
chemin des amphis que si, entre autres, leurs
camarades - une dizaine - exclus la semaine
dernière à la suite d'un Conseil de discipline,
sont réintégrés. Et pour le faire savoir, ils
ont entrepris une marche pacifique en direction
des bureaux du Premier ministre, jean Eyéghé
Ndong, pour, disent-ils, donner leurs versions
des faits s'agissant des malheureux incidents
ayant conduit à l'exclusion de certains d'entre
eux, le 14 février courant.
Selon ces étudiants, il y
aurait dans la décision des autorités rectorales
et universitaires une volonté manifeste de
"vouloir museler des étudiants qui, pourtant,
posent des problèmes d'ordre académique et
social connus de tous les acteurs de
l'Université". Samedi déjà, lors de leur
rencontre avec la presse, le porte-parole des
étudiants, Mathurin Baudelaire Engori, avait
dénoncé le caractère inique de cette décision
qui cacherait "supercherie, machination et
conspiration".
Sur
les événements ayant conduit à l'exclusion de
leurs condisciples, les étudiants grévistes
soutiennent qu'alors que tout le monde se
contentait d'accéder au campus par l'entrée de
la bibliothèque universitaire, non barricadée,
l'enseignant qu'on les accuse d'avoir agressé,
aurait choisi, lui, "de forcer l'entrée
principale barricadée " et aurait même
"donné un coup de poing à un étudiant ",
qui tentait de s'opposer à la levée des
barricades.
La suite est connue:
l'exclusion d'une dizaine d'étudiants dont
certains sont en fin de cycle. Parmi ceux-ci,
huit ont entamé hier une grève de la faim
illimitée" à l'entrée de l'Université.
"Grève de la faim. La justice ou la mort";
pouvait-on lire sur une banderole accrochée au
mur au-dessus des grévistes, deux filles et six
arçons, assis ou couchés sur es pagnes ou des
nattes. Tout autour, leurs camarades
compatissants essaient de leur apporter soutien
et réconfort.
"Les autres attendent les
recours engagés auprès des autorités rectorales
et du Conseil d'Etat, pour également entamer une
grève de la fin si rien n'est fait pour les
réhabiliter"; a fait savoir un des
portes-parole des étudiants grévistes, Pie
Makanga, hier en milieu de matinée.
Si la réintégration des
étudiants exclus reste un préalable à la reprise
des cours, les étudiants revendiquent également
la résolution des autres problèmes: l'ouverture
du restaurant universitaire, le paiement
régulier des bourses, la lutte contre
l'insécurité et l'insalubrité sur le campus,
etc.
Concernant l'insalubrité,
nous avons trouvé hier une société commise au
nettoyage de la cité universitaire en plein
boulot. Certaines parties du campus présentent
déjà un visage plus avenant au visiteur. Le
souhait des étudiants est que ce nettoyage et
ces embellissements puissent s'étendre dans
toute l'enceinte de la doyenne des universités
du pays.
Hier, nos étudiants ont
surpris plus d'un par la maturité de leur
démarche. Leur marche vers la Primature encadrée
il est vrai par des forces de l'ordre - n'a
connu aucun débordement. Ils laissaient même le
passage aux automobilistes qui avaient le
courage d'affronter leur procession.
De retour sur le campus sur
le coup de midi, ils n'ont érigé aucune
barricade sur la voie publique. Est-ce le
commencement de la sagesse ?