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Le quotidien l'Union du 20 Février 2007

 

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR / SITUATION A L'UNIVERSITÉ OMAR BONGO

Marche de protestation des étudiants

Ils réclament, entre autres, la réintégration de leurs camarades exclus la semaine dernière et dont certains ont entamé hier, jour annoncé de la reprise des cours, une grève de la faim.

IL n'y pas eu reprise de, cours hier, à l'Université Omar Bongo (UOB). Les étudiants ont finalement tenu la promesse faite samedi dernier lors d'un point de presse de ne reprendre le chemin des amphis que si, entre autres, leurs camarades - une dizaine - exclus la semaine dernière à la suite d'un Conseil de discipline, sont réintégrés. Et pour le faire savoir, ils ont entrepris une marche pacifique en direction des bureaux du Premier ministre, jean Eyéghé Ndong, pour, disent-ils, donner leurs versions des faits s'agissant des malheureux incidents ayant conduit à l'exclusion de certains d'entre eux, le 14 février courant.

Selon ces étudiants, il y aurait dans la décision des autorités rectorales et universitaires une volonté manifeste de "vouloir museler des étudiants qui, pourtant, posent des problèmes d'ordre académique et social connus de tous les acteurs de l'Université". Samedi déjà, lors de leur rencontre avec la presse, le porte-parole des étudiants, Mathurin Baudelaire Engori, avait dénoncé le caractère inique de cette décision qui cacherait "supercherie, machination et conspiration".

Sur les événements ayant conduit à l'exclusion de leurs condisciples, les étudiants grévistes soutiennent qu'alors que tout le monde se contentait d'accéder au campus par l'entrée de la bibliothèque universitaire, non barricadée, l'enseignant qu'on les accuse d'avoir agressé, aurait choisi, lui, "de forcer l'entrée principale barricadée " et aurait même "donné un coup de poing à un étudiant ", qui tentait de s'opposer à la levée des barricades.

La suite est connue: l'exclusion d'une dizaine d'étudiants dont certains sont en fin de cycle. Parmi ceux-ci, huit ont entamé hier une grève de la faim illimitée" à l'entrée de l'Université. "Grève de la faim. La justice ou la mort"; pouvait-on lire sur une banderole accrochée au mur au-dessus des grévistes, deux filles et six arçons, assis ou couchés sur es pagnes ou des nattes. Tout autour, leurs camarades compatissants essaient de leur apporter soutien et réconfort.

"Les autres attendent les recours engagés auprès des autorités rectorales et du Conseil d'Etat, pour également entamer une grève de la fin si rien n'est fait pour les réhabiliter"; a fait savoir un des portes-parole des étudiants grévistes, Pie Makanga, hier en milieu de matinée.

Si la réintégration des étudiants exclus reste un préalable à la reprise des cours, les étudiants revendiquent également la résolution des autres problèmes: l'ouverture du restaurant universitaire, le paiement régulier des bourses, la lutte contre l'insécurité et l'insalubrité sur le campus, etc.

Concernant l'insalubrité, nous avons trouvé hier une société commise au nettoyage de la cité universitaire en plein boulot. Certaines parties du campus présentent déjà un visage plus avenant au visiteur. Le souhait des étudiants est que ce nettoyage et ces embellissements puissent s'étendre dans toute l'enceinte de la doyenne des universités du pays.

Hier, nos étudiants ont surpris plus d'un par la maturité de leur démarche. Leur marche vers la Primature encadrée il est vrai par des forces de l'ordre - n'a connu aucun débordement. Ils laissaient même le passage aux automobilistes qui avaient le courage d'affronter leur procession.

De retour sur le campus sur le coup de midi, ils n'ont érigé aucune barricade sur la voie publique. Est-ce le commencement de la sagesse ?

Source : Journal L'Union Plus du 20 Février 2007

 



   

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