ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR / POINT
DE PRESSE DES ÉTUDIANTS DE L'UOB SAMEDI
"Pas de
solutions aux problèmes, pas de reprise des
cours ce lundi
"
Les étudiants dénoncent des
violations de leurs droits inaliénables à
travers des "déclarations mensongères" et des
"exclusions arbitraires" de certains de leurs
camarades. Ils en appellent à l'arbitrage des
plus hautes autorités du pays.
ALORS
que la situation semblait s'éclaircir à
l'Université Omar Bongo (UOB) avec l'annonce de
la reprise des cours ce lundi matin, à la suite
de la levée du mot d'ordre de grève des
enseignants et chercheurs du supérieur du Gabon
annoncée mercredi dernier, l'institution
pourrait à nouveau connaître un blocage.
Lors d'un point de presse
tenu samedi dernier sur le campus à la Maison
des étudiants, ces derniers ont annoncé aux
représentants de la presse nationale et
internationale leur intention de ne pas
reprendre les cours ce matin. Les étudiants
entendent ainsi manifester leur solidarité à
l'endroit de leurs condisciples qui seraient "victimes
de sanctions jugées arbitraires et sévères"
à la suite du communiqué rendu public le
mercredi 14 février 2007 par le secrétaire
général de l'UOB, Michel Mboumi.
D'entrée, le porte-parole des
étudiants, Mathurin Baudelaire Engori, a fait la
chronologie des événements ayant conduit à
l'exclusion d'une dizaine d'étudiants la semaine
dernière. D'ailleurs, ces étudiants exclus
menacent d'entamer une grève de la faim dès ce
matin au portail de l'UOB.
L'histoire remonte au 16 mai
2006. Suite aux problèmes récurrents que connaît
l'UOB chaque année, notamment la fermeture de la
bibliothèque centrale et du restaurant
universitaire, le manque de matériels
didactiques et de reprographie, l'absence de
toilettes publiques, d'eau et d'électricité,
d~insalubrité, d'insécurité, le retard de
payement des bourses, etc, une assemblée
générale convoquée par le conseil de la vie
étudiante (CVE ), avait décidé de la fermeture
de l'université. Une mesure qui visait à alerter
les plus hautes autorités.
"Dans ce contexte, l'arrivée
du nouveau ministre de l'Enseignement supérieur
sur les lieux avait été très ovationnée,
d'autant plus qu'il incarnait l'espoir et le
renouveau pour une université du 3e
millénaire", a déclaré Mathurin Baudelaire
Engori.
Mais curieusement, les
étudiants estiment avoir été surpris par
l'attitude de "non négociation "que ce
dernier a amenée. Ce qui a entraîné l'exclusion
de sept étudiants. Une mesure aussitôt annulée
par le Premier ministre, jean Eyéghé Ndong. Par
la même occasion, le chef du gouvernement
ordonna -le début d'un certain nombre de
travaux, après (allocation par le chef de l'Etat
de la somme de deux cent cinquante millions de
francs.
Contre toute attente, alors
qu'ils pensaient que certains problèmes avaient
trouvé des solutions, les étudiants constatent
que cette année académique 2006-2007, qui
coïncide avec l'arrivée des nouvelles autorités
administratives, s'ouvre avec les mêmes
problèmes. Notamment ceux d'évaluation,
attribution des notes arbitraires, de
falsification par certains enseignants de notes
d'examens, etc. Ces contentieux portés devant
les autorités décanales par le CVE, se soldent
par des conseils de discipline et l'exclusion de
trois étudiants.
Aussi les étudiants estiment
-ils que le mouvement du jeudi 1er février
dernier, est tout simplement dû à "l'inconsidération
par les autorités universitaires du recours en
annulation des exclusions" et de l'éternel
problème de bourse, d'insalubrité, du
restaurant, etc. que connaît cette cité.
Par rapport aux derniers
incidents survenus sur le campus, les étudiants
soutiennent que ce serait l'enseignant du
département de Géographie qui aurait "forcé
la barricade" et aurait même " donné un
coup de poing à un étudiant". La sorte, on
la connaît.
Sur le "procès" fait à leurs
condisciples, les étudiants dénoncent le fait
qu'aucun témoin n'est interrogé, aucune photo ni
certificat du présumé agressé n'est fourni. Et
la victime refusant même, fait curieux, de
témoigner devant les médias.
"Face à ces agissements
dignes d'un Etat policier, l'étudiant condamne
vigoureusement le mépris et les multiples
violations de ses droits inaliénables garanties
par la Constitution, les Franchises
universitaires, et le Livret de l'étudiant et il
ne saurait en revanche tolérer une présence
militaire au sein du campus universitaire, les
multiples déclarations mensongères tendant à
tenir davantage son image déjà écornée", a
conclu le porte-parole des étudiants.
Face à cette situation, les
étudiants ont interpellé leurs familles et la
société civile dans son entièreté, pour tout
mettre en oeuvre afin de trouver des solutions
aux crises de l'UOB. Ils en ont également appelé
aux autorités pour mettre un terme à cette
situation fui n'honore pas l'université
gabonaise.
Enfin, les étudiants ont
décidé de ne pas regagner les salles de cours
tant que des solutions durables ne seront pas
trouvées à la crise universitaire.