CLÔTURE DU FORUM SUR LES
ENJEUX DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE DANS UN
CONTEXTE DE LIBÉRALISATION DES MÉDIAS ET DE
MONDIALISATION
Traduire
en actes concrets les recommandations
Le souhait a été émis par tous
les participants à cette importante rencontre,
lassés de voir les décisions prises en pareille
circonstance mises sous le boisseau.
LE Forum sur les enjeux de la
liberté de la presse dans un contexte de
libéralisation des médias et de mondialisation,
destiné aux professionnels des organes de presse
publics et privés au Gabon, a pris fin, le
vendredi 16 février dernier. A l'auditorium du
Delta Postal, dans le nord de Libreville.
Organisé sous le haut
patronage de S.E. El Hadj Omar Bongo Ondimba, le
ministère de la Communication et l'Unesco, en
partenariat avec l'OIF et le CNC, cette
rencontre, qualifiée d'importante par ses
organisateurs, poursuivait un objectif
contribuer à l'édification d'un environnement
médiatique respectueux des règles déontologiques
et éthiques propices a l'exercice de la
profession de Journaliste. Cet objectif a-t-il
été atteint ? Il est actuellement difficile de
donner une réponse.
Les participants, eux,
étaient invités à élaborer des stratégies
nécessaires à la mise en place et à la
consolidation des instruments Juridiques et
administratifs devant régir leur fonction, afin
de réduire les disproportions dans la maîtrise
de la profession. Ont-ils réussi cette
entreprise sans avoir subi des pressions ? Le
bureau du Forum pourra nous le dire.
Toutefois, le Forum
thématique a été une occasion particulière de
réflexion et d'échange avec de nombreux experts
aux cursus riches et différents. Leurs
nombreuses expériences ont été confrontées et
analysées de manière froide et directe. En
témoignent les huit exposés présentés par des
enseignants, chercheurs, journalistes et
régulateur de la communication, à l'instar
d'Anaclet Ndong Ngoua, Guy-Max Moussavou, Paul
Achille Mavoungou, Norbert Ngoua Mezui, Moïse
Modandi wa Komba, Prosper Tonda Mambenda,
Fortunat Obiang Essono et Agathe-Anny Okumba D'Okwatsegue.
TABLE RONDE • Ce Forum, a
en croire le rapporteur, a constitué une
véritable table ronde au cours de laquelle la
majorité des participants fait l'état des lieux
dans le secteur de la communication, avant
d'adopter à l'unanimité de nombreuses
recommandations : dix-neuf au total. A l'endroit
des pouvoirs publics, des institutions
internationales, du grand public et des
professionnels des médias.
A l'endroit des pouvoirs
publics, il leur a été demandé de mettre en
place des critères objectifs et transparents
dans la répartition du fonds de soutien alloué à
la presse écrite privée, avec un accent
particulier sur le contrôle de sa gestion et la
reconversion d'une partie de celui-ci à la
formation, de faciliter les échanges entre les
journalistes, les chercheurs, les universitaires
et le grand public dans tous les domaines et de
sensibiliser le cors judiciaire et les forces de
sécurité aux spécificités du journalisme et du
respect de la dignité humaine et du droit à
l'image. Et aussi de faciliter l'accès équitable
aux sources d'information officielle. Ils ont
également été enjoints de mettre en place un
Comité de suivi des recommandations du Forum et
la publication urgente de ses actes, de créer
une école de journalisme au Gabon avec
différentes filières de formation et ou de
recyclage, la recherche de formation verticales
et/ou diplômantes, de permettre la connexion à
Internet dans les salles de rédaction et les
services des différents médias. Il y a aussi
l'autonomisation de la gestion des médias
publics, la facilitation de l'élaboration d'une
convention collective dans le secteur de la
communication, la réforme du statut particulier
des fonctionnaires du secteur communication afin
de tenir compte de certaines contraintes liées à
l'exercice de la profession. Les pouvoirs
publics doivent aussi permettre la
revalorisation des programmes radiotélévisés par
le biais de la réactivation du Comité supérieur
des programmes, (élargissement de la subvention
de l'Etat aux médias privés de l'audiovisuel et
l'inscription d'une prime attachée à la
spécificité des communicateurs.
A l'endroit des institutions
internationales, les participants ont exigé
qu'ils promeuvent les échanges entre les
professionnels de la communication avec les
autres acteurs du développement national et
favorisent le consensus total dans la mise en
place d'un Observatoire national des médias
reconnu par tous les professionnels de la
communication, afin de lutter contre les
nombreux dérapages encore observés actuellement.
IMAGE DE MARQUE. Le grand
public a été invité à reconquérir l'image de
marque des professionnels de la communication et
à respecter la liberté des journalistes pour un
meilleur exercice de leur métier.
Les professionnels. des
médias doivent rechercher une plus grande
probité intellectuelle et une véritable
objectivité sans lesquelles la presse ne saurait
être crédible aux yeux de l'opinion publique,
faire preuve d'une plus grande responsabilité
dans (exercice quotidien du métier et avoir une
meilleure maîtrise des textes régissant la
profession.
En clôturant les travaux, le
ministre délégué, Rigobert Ikambouayat-Ndeka
s'est réjoui de ce que ce Forum ait permis de
faire des recommandations concrètes, objectives
et pertinentes. Il a promis de les présenter aux
plus hautes autorités de l'Etat, afin qu'elles
soient traduites en actes concrets. "La mise en
oeuvre de ces recommandations et un
engagement sincère et franc des professionnels
des médias pour leu respect permettront
de bâtir un secteur de la communication
d'excellence et à même de jouer le rôle
qui est le sien dans l'ancrage de la démocratie
et le développement durable du pays"; a-t-il
dit, invitant les partenaires à s'approprier les
conclusions du forum.