CONFÉRENCE DE PRESSE DE L'UNION
PEUPLE GABONAIS
L'UPG
dénonce le "déni de justice" de la Cour de
cassation dans l'affaire Mbanié
Un appel a d'ailleurs été
lancé par Pierre Mamboundou, invitant tous les
"patriotes" d'introduire à leur tour des
plaintes pour réactiver "l'affaire Mbanié" qui
connaîtrait aujourd'hui un enlisement.
IL
y a quelques mois, le différend opposant le
Gabon à la Guinée équatoriale, sur la paternité
de l'île Mbanié, avait défrayé la chronique.
Dès lors que trois ministres
gabonais, suite aux révélations de
certains organes de la presse locale, avaient
été mis en cause, soupçonnés d'avoir voulu
"brader à la partie adverse cette partie du
territoire national indivisible".
La suite, on la connaît
puisque plusieurs voix s'étaient élevées :
celles des syndicats et des principaux partis
politiques de l'opposition, notamment l'Union du
peuple gabonais (UPG) et Union gabonaise pour la
démocratie et le développement (UGDD) dont les
présidents respectifs, Pierre Mamboundou et
Zacharie Myboto, avaient tous condamné cette
3haute trahison". Au point que la démission
pure et simple du gouvernement des accusés tait
demandée.
Mieux, l'Union du peuple
gabonais avait saisi, par le canal de Mme le
procureur général près la Cour de cassation,
Pierrette Ndjouassa, les instances habilitées
conformément à la Constitution, c'est-à-dire la
Haute Cour de justice. "Par cet acte, l'UPG
s'attendait à la mise en place d'une Commission
d'enquête" composée de six magistrats et de
six parlementaires (trois sénateurs et autant de
députés) pour faire toute la lumière sur cette
affaire mettant en cause trois compatriotes de
surcroît ministres de la République.
"Or les choses traînent";
estime Pierre Mamboundou. La conférence de
presse qu'il a tenue ce week-end lui a donc
permis de dénoncer ce "déni de justice" de la
Cour de Cassation et partant, l'attitude
"inconcevable" de Mme le Procureur général dans
cette "affaire".
APPARTENANCE CONFIRMËE •
En demandant, elle, à l'Union du peuple
gabonais de fournir les preuves qui
motivent sa plainte auprès de la Haute Cour de
justice, s'agissant de l'affaire dans
laquelle trois membres du gouvernement
sont incriminés, Pierre Mamboundou estime
que "n'étant pas juge
d'instruction, le procureur général cherche à
abuser de ses compétences. Ce droit ne lui
incombe pas' a déclaré Pierre Mamboundou.
Face à tout cela, l'UPG a
simplement exhorté l'ensemble des compatriotes,
notamment ceux habités encore par un "élan de
patriotisme à se manifester en allant instruire
dés plaintes dans le même sens qu'elle l'avait
fait. Pour "barrer la route à l'impunité et
restaurer l'État de droit qui fait tant défaut
dans notre pays".
Les trois ministres "incriminés
et n'étant pas encore blanchis" a soutenu le
leader de l'UPG.
Du différend avec la Guinée
Équatoriale au sujet de l'île Mbanié, l'Union du
peuple gabonais réaffirme ce qu'elle avait déjà
déclaré en son temps: "l'île Mbanié
appartient bel et bien au continent gabonais".
Une assertion qui trouve son
fondement dans la Convention signée en 1900
entre la France et l'Espagne; les deux anciens
colonisateurs respectifs. Âutre fois appelée "'île
aux rats" à cause de la grande quantité de
rongeurs qu'elle abritait, Manié est aujourd'hui
soupçonnée de regorger d'intéressantes réserves
de pétrole, à l'image de la presqu'île de
Bakassi, objet également, il n'y a pas
longtemps, d'un différend entre le Nigeria et le
Cameroun.